JO DE RIO: Tramèr: «On avait la plus grande rage de vaincre»

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JO DE RIOTramèr: «On avait la plus grande rage de vaincre»

Le rameur genevois Lucas Tramèr, champion olympique en aviron dans le quatre sans barreur poids léger, va prendre le temps de savourer.

par
Olivier Dufour
Rio de Janeiro
Lucas Tramèr: «Après la course, c'est toute la pression qui retombe.» Cela se voit.

Lucas Tramèr: «Après la course, c'est toute la pression qui retombe.» Cela se voit.

AFP

Attendue, espérée par un pays qui a réappris à se passionner pour les régates d'aviron au cours des dernières années, le titre olympique a fini par récompenser jeudi l'équipage composé de Lucas Tramèr, Simon Schürch, Simon Niepmann et Mario Gyr pour tous leurs sacrifices consentis au cours des dernières années. Peu de temps après avoir reçu sa médaille, le Genevois de l'équipe a livré ses premières impressions.

- Lucas Tramèr, quel est votre sentiment après avoir réalisé votre rêve?

«En ce moment c'est surtout toute la pression qui retombe. Je pense qu'on va vraiment réaliser dans les prochains jours à quel point c'est quelque chose d'encore plus gros que la victoire aux championnats d'Europe ou du monde. Là on a juste l'impression d'avoir battu les adversaires qu'on côtoie régulièrement. Mais je dois dire que je suis incroyablement fier.»

- Vous avez le sentiment d'avoir réalisé la course parfaite?

«Je pense. Notre départ était bon et nous avons vraiment joué sur nos qualités, en ramant long et puissant. Nous avons un profité des vents contraires, qui nous avantagent par rapport à nos adversaires car nous sommes un peu plus puissants. C'est surtout au milieu du parcours que nous avons fait la différence et que nous sommes passés en tête. Et à la fin les Danois (ndlr: médaillés d'argent)étaient cuits. Ils n'ont pas pu livrer leur sprint final, comme ils ont l'habitude de le faire. Mais nous ne pouvions pas gérer sur la fin pour autant, car nous ne sommes pas les plus rapides du monde au sprint.»

- Il y avait aussi de la nervosité avant le départ. Était-elle comparable à celle ressentie à Londres, voici quatre ans?

«Je pense que c'était plus fort cette fois-ci, parce qu'on espérait vraiment la médaille d'or. A Londres, je pense que nous aurions été contents avec n'importe quel métal. Ici, je pense qu'en tant que champions du monde et d'Europe, nous aurions sans doute été un peu déçus avec une autre place que la première. Nous nous devions de nous battre pour le titre. C'est parfait de s'imposer.»

- Que s'est-il passé dans vos têtes tout au long du parcours?

«En aviron, le mental est le plus important. Si on n'a pas la capacité de se lever à 6h pour faire deux ou trois entraînements par jour, mieux vaut ne pas venir. Durant la course on doit être prêt à donner tout, quitte à vomir à la fin. Je dirais que nous étions vraiment animés par une rage de vaincre. Nous voulions cette victoire encore plus que tous les autres.»

- Des idées sur la suite de votre carrière?

«C'est comme à Londres. J'ai besoin de faire une pause. Je ne pense pas aussi loin que Tokyo, par exemple. Je vais reprendre mes étude de médecine, car il n'y a pas que le sport dans la vie. Je me réjouis surtout de ne plus faire attention à quand je dors ou quand je mange. De pouvoir consacrer du temps à ma vie sociale, que j'ai dû complètement mettre de côté durant ces deux dernières années. Et je vais pouvoir partir en vacances.»

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