01.08.2020 à 06:30

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Tramezzani, le constat d'échec

Battus 1-0 par le champion YB, les Valaisans ne sont plus maître de leur destin. Pour conjurer le sort, ils devront obtenir un meilleur résultat que Thoune lundi. Le peuvent-ils?

par
Nicolas Jacquier
Sion a concédé la 17e défaite sa saison en 35 matches.

Sion a concédé la 17e défaite sa saison en 35 matches.

KEYSTONE

Tout se jouera lundi soir au Stade Genève pour un FC Sion qui n’est plus maître de son destin. Triste constat d’une soirée de titre, de liesse et de champagne pour Young Boys et de désolation mathématique pour son hôte valaisan. Ce que cela signifie au juste? Concrètement, Sion pourrait très bien livrer le match de l’année (à supposer qu’il en soit capable…) contre Servette, l’emporter aisément - ou même chichement - que cela pourrait ne pas suffire pour échapper à son triste sort. Tant Sion est désormais sous la menace d’un «simple» succès du FC Thoune qui, en s’imposant contre un Zurich en roue libre au même moment, condamnerait les Valaisans à disputer un barrage de tous les dangers.

Sion doit encore y croire

Pour résumer, ceux-ci sont dans l’obligation d’obtenir un meilleur résultat que le club oberlandais, en passe de réussir son incroyable sauvetage. Les Bernois sont forcément les mieux placés à 90 minutes du dénouement. Mais que l’on ne s’y méprenne pas : si ses chances se sont certes sensiblement amenuisées, Sion aurait tort de ne pas croire en un renversement de situation encore possible.

Au demeurant, la question n’est plus de savoir aujourd’hui pourquoi et comment il en est arrivé là, à devoir trembler pour son maintien dans l’élite. Ni de se demander à quel point Servette est prêt à «enterrer» son meilleur ennemi, ce qui suppose de le voir à tout le moins retrouver quelques ressources et récupérer une partie de ses blessés, dispensés du rendez-vous du Cornaredo vendredi. Au final, peu importe après tout si Alain Geiger alignera son onze le plus compétitif ou s’il continuera de gérer son effectif à l’approche des vacances.

Voilà bien trop longtemps déjà que Sion flirte avec ses propres limites et qu’il se plait à jouer avec les nerfs de ses supporters. Comme s’il était au fond de lui convaincu, manifestement à tort, que rien ne pouvait lui arriver au moment où lui sera présentée l’addition finale. Sauf qu’il pourrait y avoir erreur sur la marchandise. Au moment où sa marge de manœuvre n’existe plus, se souvient-on que ce FC Sion pointait encore en tête du championnat après sept journées (16 points), à égalité avec Bâle mais devant YB et Saint-Gall?

Tramezzani va-t-il cette fois couler Sion?

La suite de l’exercice n’aura été qu’une succession de malentendus, de ratés, de mauvais choix jusqu’à celui de Paolo Tramezzani. Depuis son retour à Tourbillon, le Mister, accueilli avec le plus grand scepticisme lors de sa nomination surprise le 2 juin (il avait remplacé Ricardo Dionisio), continue de souffler le chaud et le froid dans une indifférence polie. La vérité, c’est que tout le monde lui fout une paix royale, à commencer par un président que l’on a connu nettement plus offensif.

Très vite, alors même que les résultats n’étaient pourtant pas au rendez-vous – avec quatre revers encaissés lors des cinq premiers matches -, Christian Constantin avait du reste affirmé au Matin.ch que «Paolo est mon coach et le restera jusqu’à la fin». Habituellement, s’il fallait décoder, cela signifiait qu’en aucun cas Tramezzani n’avait la moindre chance de terminer la saison. Or surprise, le boss de Tourbillon a tenu parole, s’en tenant à ce qu’il avait dit jusqu’à présent.

Moins de trois ans après avoir quitté le banc valaisan sur une double humiliation, subie en Coupe de Suisse devant les amateurs de SLO et dans les éliminatoires européens face aux modestes Lituaniens du FK Suduva, l’homme est cette fois en position de peut-être couler le FC Sion. Difficile de faire pire, chacun en conviendra.

En haut lieu, personne ne veut du FC Vaduz

Vendredi soir, face au triple champion de Suisse, son coaching perdant a eu de quoi interpeller. Alors même que sa formation semblait «cuite», il aura fallu attendre près de 70 minutes pour le voir se décider à lancer enfin des forces vives. Mais alors que ça pétaradait de partout aux alentours du stade et sur les hauteurs environnantes, Sion n’allait allumer aucune fusée, hormis celle de détresse.

Bien sûr, celui-ci peut encore se sauver, soit directement, soit en disposant sinon du FC Vaduz, son vraisemblable adversaire en barrage. Un FC Vaduz dont personne, en haut lieu, ne souhaite le retour en Super League. C’est dire si la Suisse entière devrait se retrouver derrière Sion, ce qui ne serait nullement le cas si Grasshopper était de la partie… Un constat «politique» qui ne garantit certes en rien l’issue d’une éventuelle double confrontation où le nombre de buts marqués, on le sait, aura son importance en cas d’égalité.

En 2006, Sion, qui évoluait alors en Challenge League, avait signé un exploit unique dans les annales du football helvétique en soulevant la Coupe de Suisse l’année de sa promotion. Quatorze ans plus tard, le voici très proche de pouvoir jeter les bases d’un autre exploit, mais réalisé à l’envers cette fois-ci: remporter une Coupe dénaturée de son principal attrait (la qualification européenne) et se retrouver à l’échelon inférieur. Avant cela, il importera de savoir si Tramezzani sera toujours en poste ou si son employeur aura repris les commandes d’un navire à la dérive.

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11 commentaires
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Cricrilechêne

01.08.2020 à 08:53

Une super ligue a 12 , sinon on va se retrouver par la suite qu’avec 9 clubs suisses dans l’élite ! C’est ça que vous désirer ?

Jmemarre

01.08.2020 à 06:55

Magnifique boulot des "dirigeants" (terme utilisé pour passer la censure...) qui ont réussi à enfin faire jouer l'Europe au "club de légende" !!!! Jouer Vaduz c'était inespéré...Sion va enfin avoir une chance de jouer un match international. Bravo à la famille régnante.;-)

Ballon

01.08.2020 à 06:50

Il faut arrêter de tourne en rond sion et baragiste points barre la salle veulle pas waduz ses l'heure faute