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voileTransat Jacques Vabre: les fauves sont lâchés, cap sur le Brésil (PAPIER GENERAL-ACTUALISATION)

Par Hervé GUILBAUD

Le Havre, 25 oct 2015 (AFP) - Les 42 voiliers de la Transat Jacques Vabre (TJV) ont quitté Le Havre dimanche pour une course en double de 5.400 milles en direction du Brésil, premier test grandeur nature pour les derniers monocoques Imoca à foils et le nouvel "avion de chasse" de François Gabart.

Le départ a été donné à 13h30 sous le soleil et dans une brise évanescente, une situation qui contraste avec la météo que les concurrents vont affronter lundi en sortie de Manche, avec vents forts et mer croisée.

A 15h20, le maxi-trimaran Macif (30 m) de Gabart est passé en tête à la bouée d'Antifer, première marque de parcours située à une dizaine de milles de la ligne de départ.

Le plateau de la 12e édition de cette course bisannuelle est particulièrement riche, avec quatre grands multicoques de la classe Ultime, quatre trimarans Multi50 (15,24 m), vingt Imoca (18,28 m) et quatorze monocoques Class40 (12 m environ).

Les plus véloces sont attendus dans une douzaine de jours à Itajai, au sud du Brésil.

Mais avant d'arriver de l'autre côté de la "grande mare", les 84 marins vont devoir affronter une dépression qui a beaucoup fait parler d'elle ces dernières 48 heures, plusieurs équipages étant favorables à un report du départ. Une demande rejetée par la directrice de course Sylvie Viant.

"Les modèles météo convergent, a affirmé Gabart. Le plus embêtant n'est pas le vent mais l'état de la mer, avec des vagues de 10 mètres en moyenne, ce qui veut dire que certaines iront jusqu'à 15 mètres".

Macif, son nouveau dragster océanique, est le dernier-né des maxi-trimarans siglés VPLP, conçus pour battre des records et participer à une course autour du monde en solo en 2019.

Mais le bateau n'a pas beaucoup navigué et Gabart, qui a Pascal Bidégorry comme co-skipper, est lucide: "Je suis ambitieux mais (...) nous sommes encore loin d'avoir atteint son potentiel optimal".

Chez les Ultimes, le favori est Sodebo Ultim' (31 m), mené par Thomas Coville/Jean-Luc Nélias. L'ex-Geronimo a montré qu'il était l'un des plus puissants trimarans au monde et ses deux équipiers ont traversé deux fois l'Atlantique cet été pour se mettre en jambes.

Tous les yeux sont cependant braqués sur les Imoca, qui n'ont jamais été aussi nombreux à prendre le départ d'une grande course. Avec un affrontement que chacun attend avec gourmandise entre "foilers" et "archimédiens" (sans foils et avec dérives classiques), plus anciens mais éprouvés.

"Dix bateaux peuvent gagner", a estimé Jean-Pierre Dick, à la barre de l'un des cinq Imoca à "moustaches" (StMichel-Virbac), ces fameux foils qui soulagent la coque à certaines allures mais traînent de l'eau au près.

"Cela peut nous amener à choisir des trajectoires différentes", a confié Armel Le Cléac'h, skipper d'un autre "foiler" (Banque Populaire VIII). "A certains moments, ça vaut peut-être le coup d'allonger la route" pour aller plus vite.

Le bateau le plus polyvalent et le plus léger est sans doute PRB, un "vieux" voilier (2010) mené par Vincent Riou et Sébastien Col, qui ont dominé les courses de l'été.

Mais il leur faudra se méfier de tandems aussi redoutables que Sébastien Josse-Charles Caudrelier (Edmond de Rothschild) ou Armel Le Cléac'h-Erwan Tabarly (Banque Populaire VIII), pour ne citer que deux des plus énervés...

Moins médiatisées, les autres classes (Multi50, Class40) pâtissent forcément de la concurrence des Ultimes et des Imoca.

En Multi50, Yvan Bourgnon fait équipe avec Gilles Lamiré (La French Tech-Rennes Saint-Malo), quatre mois après la disparition de son frère Laurent, avec lequel il avait gagné cette course en 1997.

Chez les Class40, la victoire se jouera sans doute entre Yannick Bestaven-Pierre Brasseur (Le Conservateur) et Nicolas Troussel-Corentin Horeau (Bretagne-Crédit Mutuel Elite).

heg/pel

(AFP)

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