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footTransfert - Ancelotti, as du rebond, tout en rondeurs (PORTRAIT)

PARIS, 25 juin 2013 (AFP) - Tout en rondeurs, le placide Carlo Ancelotti s'est relancé en donnant au Paris SG un titre de champion qui le fuyait depuis 19 ans, s'ouvrant ainsi les portes du Real Madrid, une institution taillée pour lui comme l'a été l'AC Milan jadis.

Difficile en effet de ne pas rapprocher la prestigieuse maison blanche de Florentino Perez du club de Silvio Berlusconi, où l'enfant de Reggiolo, dans le nord de l'Italie, s'est révélé au monde du football. D'abord comme joueur de l'ombre entre 1987 et 1992 puis comme entraîneur entre 2001 et 2009, le technicien de 54 ans a en effet passé 13 ans à l'AC Milan, où il s'est rompu à la diplomatie de couloirs au sein d'un club passé maître dans les intrigues en coulisses. Fils d'Emilie-Romagne, cet ex-milieu chargé des sales besognes s'est auparavant révélé à Parme entre 1976 et 1979, avant de gagner ses premiers titres confirmer entre 1979 et 1987 avec la Roma (champion d'Italie 1983, quatre coupes d'Italie en 1980, 1981, 1984 et 1986). Histoire de muscler son palmarès, il rejoint ensuite l'insatiable AC Milan et sa cohorte de stars, où il finit sa carrière de joueur en remportant deux titres de champion supplémentaires (88 et 92) et surtout deux Ligues des champions (89 et 90). International à 26 reprises, il part ensuite au Mondial-1994 aux Etats-Unis comme adjoint de son mentor, le sélectionneur Arrigo Sacchi. Sûr de lui mais jamais arrogant, Ancelotti est prêt pour s'asseoir sur un banc. Il débute à la Reggiana en 1995, avant de découvrir la Serie A avec Parme en 1996. "Carlo ne s'énerve jamais" En janvier 1999, six mois après son départ de Parme, il atterrit à la Juventus, où il ne trouvera jamais vraiment sa place. Après deux places de 2e, il quitte la Vieille Dame à l'été 2001. A l'automne, Berlusconi offre sa chance à son ancien joueur devenu l'un des principaux tourmenteurs de son Milan sur le banc de Parme. Comme souvent avec le "Cavaliere", l'histoire se finira moins bien en 2009. Mais entre-temps, Ancelotti aura dépoussiéré le palmarès de son club avec une coupe d'Italie en 2003, un titre de champion en 2004 et surtout deux nouvelles Ligues des champions en 2003 et 2007, entrecoupées d'une homérique finale perdue aux tirs au but en 2005 contre Liverpool alors que Milan menait 3-0 à la pause. En Lombardie, Ancelotti applique un "management doux" et responsabilisant, prolongeant la durée de vie de grognards comme Pirlo, Maldini, Seedorf, Kaka ou Inzaghi. "Carlo ne s'énerve jamais", a d'ailleurs dit Maldini, le décrivant affectueusement comme un gentil gros ours . "Ca ne peut arriver que quand il mange car une fois qu'il tient une fourchette, il faut une armée pour l'arrêter". Mais le vieillissement de sa génération dorée précipite la fin d'un cycle et son départ en 2009. De Lorient à Lorient Courtisé par le Real, déjà, il rejoint Chelsea où, comme à Milan, il va décrocher en 2010 un titre de champion, dès sa première année. Celle-ci a même des allures de triomphe puisque Carletto réalise un doublé inédit en remportant aussi la Cup. Mais même si les cadres des Blues Lampard ou Terry apprécient son empathie, Ancelotti peine en C1 et il est évincé en 2011. Sorti de sa retraite forcée en décembre par le PSG alors qu'il attend toujours un poste à Londres, Ancelotti, divorcé et père de deux enfants, échoue la première année à remporter le titre avant d'y parvenir en 2013. Mais l'Italien, limité par sa culture défensive et une équipe souvent dilettante, ne parvient pas vraiment à remplir son autre mission, améliorer la qualité du jeu parisien. Souple avec les stars comme Ibrahimovic, paternaliste avec les Espoirs comme Verratti, cet homme affable convainc autant par son calme rarement pris en défaut que par ses traits d'humour ravageurs. Clin d'oeil ultime, son aventure française s'est achevé à Lorient (1re division française), là où tout avait commencé en janvier 2012 par un 32e de Coupe de France contre les amateurs de Locminé. cd/pgr/gf/dhe

(AFP)

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