Pakistan – Traquant un homme suspecté de blasphème, ils brûlent un poste de police
Publié

PakistanTraquant un homme suspecté de blasphème, ils brûlent un poste de police

Des milliers de personnes ont attaqué un poste de police dans le nord-ouest du Pakistan, après avoir, en vain, demandé aux policiers de leur remettre un homme accusé d’avoir brûlé le Coran.

Les manifestants ont mis le feu au poste de police, ainsi qu’à quelques dizaines de voitures garées aux alentours.

Les manifestants ont mis le feu au poste de police, ainsi qu’à quelques dizaines de voitures garées aux alentours.

AFP

Au Pakistan, près de 5000 personnes ont encerclé, dimanche soir, le poste de police de Charsadda, dans la province de Khyber Pakhtunkhwa, y mettant le feu ainsi qu’à quelques dizaines de voitures garées aux alentours. Pourquoi? Elles ont exigé des policiers qu’ils leur remettent un homme suspecté de blasphème, en l’occurrence d’avoir brûlé un exemplaire du Coran.

Alors qu’une source proche du dossier explique que le prisonnier a été emmené en lieu sûr, lundi matin, environ 2000 personnes restaient aux abords du bâtiment et brûlaient des uniformes de police. «La foule a pris d’assaut le poste de police, demandant qu’on lui remette l’homme pour qu’il soit brûlé vif comme il a brûlé le Coran», a déclaré le chef de la police du district, Asif Bahadur. L’identité et la religion de l’accusé n’ont pas été révélées par la police. «Le motif pour avoir brûlé le Coran est encore inconnu, mais nous enquêtons.»

Emmanuel Macron et Asia Bibi visés

La question du blasphème est délicate au Pakistan, où elle transcende les frontières entre partis et où même des allégations non prouvées d’offense à l’islam peuvent entraîner assassinats et lynchages. La loi pakistanaise, farouchement défendue par les partis islamistes, prévoit la peine capitale pour quiconque est reconnu coupable d’avoir insulté l’islam ou le prophète Mahomet. Toutefois, aucun condamné pour blasphème n’a jusqu’ici été exécuté. Les opposants à cette loi lui reprochent d’être instrumentalisée, pour régler des conflits personnels ou attenter aux droits des minorités religieuses.

Plusieurs manifestations anti-blasphème ont paralysé, ces dernières années, les grandes villes pakistanaises, à l’appel du parti radical Tehreek-e-Labbaik Pakistan (TLP). Celui-ci a ainsi lancé, en 2020, une campagne contre la France, après que le président Emmanuel Macron a défendu le droit à la caricature au nom de la liberté d’expression, dans la foulée de la republication des caricatures du prophète de l’islam par l’hebdomadaire satirique «Charlie Hebdo».

Il avait aussi été à la manœuvre derrière les manifestations violentes dans tout le Pakistan après l’acquittement, fin octobre 2018, de la chrétienne Asia Bibi, qui avait passé plus de huit ans dans le couloir de la mort pour des accusations de blasphème qu’elle a toujours niées. Menacée, Asia Bibi a quitté le Pakistan et vit désormais au Canada, avec sa famille.

(AFP)

Votre opinion

0 commentaires