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NégociationsTravail.Suisse souhaite des hausses salariales

Selon l'organisation, la conjoncture permet une augmentation des salaires, malgré les conséquences de la fin du taux plancher.

Les organisations demandent une levée des mesures particulières prises dans le cadre de la réévaluation du franc.

Les organisations demandent une levée des mesures particulières prises dans le cadre de la réévaluation du franc.

Archives, Keystone

Des augmentations de salaire sont «possibles et nécessaires» pour 2017, selon Travail.Suisse. L'organisation faîtière indépendante des travailleurs revendique une hausse salariale d'un ordre de grandeur de 1% pour la plupart des employés. Syna articule la somme de 100 francs supplémentaires par mois.

Les travailleuses et travailleurs en Suisse ont permis de maintenir la compétitivité des entreprises et d'éviter une récession en faisant preuve d'engagement et de flexibilité, a estimé mardi devant la presse à Berne Gabriel Fischer, responsable de la politique économique de Travail.Suisse.

Efforts

Il s'attend ainsi à ce que les employés soient récompensés de leurs efforts. Car si le marché du travail et certains secteurs, tels l'exportation, le tourisme ou le commerce de détail, ressentent encore les conséquences du franc fort, la situation économique demeure stable et une croissance de 1,4% est attendue pour 2016 par le Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO).

Gabriel Fischer a estimé que les risques pesant sur la situation économique étaient avant tout politiques: les incertitudes liées à la mise en oeuvre de l'initiative populaire «contre l'immigration de masse» et au Brexit (sortie du Royaume-Uni de l'UE), ou encore la réduction attendue des dépenses publiques liées à la troisième réforme de l'imposition des entreprises ont été mentionnées.

Effet sur les bas salaires

Gabriel Fischer a rappelé que la consommation privée reste un pilier important de la conjoncture suisse. Or, en chiffres relatifs, «les salaires ont clairement moins augmenté» que le produit intérieur brut (PIB) au cours des trois dernières années «de vaches maigres», a calculé Arno Kerst, président du syndicat Syna.

Il revendique entre autres la fin du gel des salaires dans la construction, et des augmentations de 50 à 100 francs dans le secteur de l'artisanat. Une hausse de 100 francs est aussi visée pour tous les employés du commerce de détail gagnant moins de 5000 francs mensuels.

Industrie et santé

Une évolution positive de même ampleur est voulue pour le secteur de la santé et l'industrie, après deux années de gel de salaires dans ce dernier secteur. Quant à la chimie, ses bénéfices devraient permettre une augmentation de 150 francs.

«Cette année, nous exprimons nos revendications en francs parce que nous voulons souligner que nous voulons vraiment une augmentation générale», a précisé Arno Kerst. Avec un effet particulier poursuivi pour les bas salaires: «Un même montant pour tout le monde soutient les salariés qui ne gagnent pas beaucoup d'argent», a-t-il poursuivi.

Hôtellerie-restauration bien armée

Dans le service public, Anja Schuler, collaboratrice scientifique de transfair, a précisé que le syndicat de la branche allait veiller à ce que les collaborateurs du secteur soient aussi soutenus par des mesures salariales, après le «non» à l'initiative «en faveur du service public», qui a «montré que le peuple reconnaît les performances» de ces derniers.

Une négociation séparée sur la prévoyance vieillesse est également prévue.

Esther Lüscher, présidente d'Hotel & Gastro Union, l'organisation professionnelle de l'hôtellerie-restauration et de la boulangerie-pâtisserie-confiserie, a quant à elle rappelé que deux conventions collectives (CCT) pour ces deux secteurs avaient pu être négociées en 2015 pour plusieurs années.

Augmentations collectives

Globalement, des augmentations de salaire équitables et régulières sont revendiquées, plutôt que des bonifications individuelles. Alors que deux tiers des ajustements salariaux ont été collectifs et un tiers individuel depuis 2001, le rapport s'est inversé depuis trois ans, pointe Gabriel Fischer.

Les «salaires à la performance» et un faible renchérissement, qui amène une faible hausse générale, peuvent selon le responsable de la politique économique chez Travail.Suisse expliquer cette évolution.

Concernant l'égalité salariale entre hommes et femmes, Travail.Suisse attend à ce qu'elle soit «effectivement instaurée» par les employeurs et appelle le Parlement à appliquer des mesures efficaces de lutte contre les différences sur ce point.

L'équilibre entre travail, temps libre et vie familiale doit également faire l'objet de plus d'attention.

(ats)

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