France: Trente ans de prison pour avoir torturé à mort
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FranceTrente ans de prison pour avoir torturé à mort

Une femme a été condamnée à 30 ans de réclusion criminelle pour avoir torturé à mort deux de ses voisins.

(Image d'illustration)

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AFP

Une femme a été condamnée par la cour d'assises d'appel du Gard mercredi à 30 ans de réclusion criminelle assortis d'une période de sûreté de 20 ans pour avoir torturé à mort ses deux voisins pendant de longues heures en octobre 2012 au Pontet (Vaucluse).

Après quatre heures de délibéré, la cour a suivi les réquisitions de l'avocat général, Jean-Louis Persico. Cependant, elle a écarté «une injonction de soin dès l'incarcération» et «la rétention de sûreté» qui implique de réunir un «collège d'experts (pour qu'il) se penche sur sa dangerosité» au moment de sa libération pour éviter tout risque de récidive, que l'avocat général avait requis.

Comme en première instance, à Avignon en 2015, la cour d'assises a considéré que le discernement de l'accusé avait été altéré lors des faits.

Soixante heures de torture

Dans la soirée du 25 octobre 2012, l'accusée avait ligoté Didier Gérard et Bruno Declas, ses voisins, dans le meublé de l'un d'eux au Pontet avant, entre autres, de leur asséner, pendant environ 60 heures, une multitude de coups de couteau et de marteau, leur faire ingurgiter de la soude caustique à l'un et tenter de les étouffer.

L'autopsie a révélé que les deux quinquagénaires, qui avaient été retrouvés attachés à un lit le 28 octobre par les pompiers qui intervenaient sur l'incendie volontaire des lieux, étaient décédés après l'inhalation des fumées.

Toxicomanie et précarité

Dans un contexte de toxicomanie, d'isolement social et de précarité, l'accusée reprochait aux deux hommes, qui avaient tendance à s'alcooliser, de faire du bruit et d'être à l'origine de l'expulsion de son logement prévue le lendemain.

M. Persico avait expliqué que le «tsunami de haine et de violence» qui s'est abattu sur les deux victimes était le résultat de la «farouche volonté de Jin Linotte de sacrifier deux victimes innocentes sur l'autel de sa haine de la communauté des humains».

« J'ai sombré dans la folie»

«Je n'étais plus moi-même, j'ai sombré dans la folie. Je ne voulais pas les faire souffrir, je voulais juste les faire taire et qu'ils arrêtent de se moquer de moi», a affirmé lors des débats Mme Linotte.

«Les faits portent en eux-mêmes la marque de la folie furieuse», a plaidé son avocat, Me Victor Gioia, pour qui sa cliente, souffrant d'une personnalité pathologique paranoïaque, a pu être victime d'une alternance entre une «abolition totale» et «un discernement relatif» lors de ces trois jours de violence.

Il a annoncé un pourvoi en cassation.

(AFP)

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