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SuisseTrente-deux élus à la rescousse de la presse!

Les parlementaires romands se sont largement mobilisés derrière Ada Marra (PS/VD) pour défendre la diversité de la presse romande et l’édition papier du Matin. Une question de culture.

par
Eric Felley
L'interpellation a été signée sous l’impulsion de la conseillère nationale Ada Marra (PS/VD).

L'interpellation a été signée sous l’impulsion de la conseillère nationale Ada Marra (PS/VD).

Keystone

La perspective la disparition de l’édition papier du Matin semaine, la fusion des rédactions de 24 Heures, La Tribune de Genève et le Matin Dimanche et celle du Matin semaine avec 20 minutes ne laisse pas indifférents les élu(e)s romand(e)s à Berne. Sous l’impulsion de la conseillère nationale Ada Marra (PS/VD), 32 parlementaires de toutes tendances politiques ont signé une interpellation à l’attention du Conseil fédéral. « A terme, il est à craindre qu’il ne reste plus grand chose de la presse écrite romande… » s’inquiète la Vaudoise.

L’ampleur de cette mobilisation démontre leurs craintes de voir la presse romande devenir un «bloc monolithique ». Pour Claude Béglé (PDC/VD): « Il est important d’avoir des titres qui puissent exprimer des sensibilités diverses. On se trouve de plus en plus avec des nouvelles qui ont le même son cloche, la même orientation, le même ton. En partie pour des raisons budgétaires on réduit la diversité. La centralisation des décisions à Zurich pose le problème d’une mise sous tutelle de l’information en Suisse romande. C’est contraire au principe du fédéralisme qui assure la cohésion de ce pays».

Laurent Wehrli, président du comité « Non à No Billag », voit une similitude dans les problématiques: « Les conséquences de No Billag serait que la Suisse romande perdrait encore un pouvoir de décision dans les médias. Il ne faut pas perdre de vue que nous vivons dans un pays avec quatre cultures qu’il faut respecter. La presse romande doit pouvoir conserver une diversité qui permet de forger des opinions, cela fait partie de sa culture. »

Roger Golay (MCG/GE) estime que les hommes politiques ont tout à gagner à cette diversité: «Nous en avons besoin simplement pour notre visibilité, que ce soit dans un cadre « people » ou dans un traitement plus sérieux.» Enfin pour Claude Béglé: « La lecture du journal au café revêt aussi une fonction sociale, au-delà de sa simple lecture. Pour des milliers de personnes c’est un rituel du matin, cela fait partie de la qualité de vie des gens en Suisse romande.»

L’interpellation demande dans quelle mesure la Confédération peut agir ou avoir une stratégie pour maintenir cette diversité de la presse romande. Au Parlement, plusieurs idées ont été lancées pour des aides directes à la presse. « Il faudrait que l’on se mette d’accord » admet Ada Marra. Son collègue Manuel Tornare (PS/GE) est lui convaincu qu’il faut faire le pas: « On pourrait créer un pot commun pour soutenir les titres. On ne peut plus soutenir uniquement la SSR, les médias ont évolués ». Mais cette idée a encore du chemin à faire pour convaincre la droite libérale, peu disposées à introduire des subventions directes. Pour l’instant l’aide à la presse se limite à des aides indirectes comme un taux de TVA et des tarifs postaux abaissés.

La Confédération répondra ultérieurement.

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