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PrototypeTrès écologique, abordable, Renault relève le défi

Construire un «concept car» presque idéal: trop facile. Reprendre les bases pour une production future, c’est ce que fait Renault avec Eolab.

par
Gil Egger
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Ce qu'il faut savoir à propos du prototype de Renault.

Ce qu'il faut savoir à propos du prototype de Renault.

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Les enjoliveurs ne s'ouvrent que lorsque les freins ont besoin d'air.

Les enjoliveurs ne s'ouvrent que lorsque les freins ont besoin d'air.

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Le prototype a un intérieur proche de la réalité des futures Renault.

Le prototype a un intérieur proche de la réalité des futures Renault.

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Pas question de prendre le volant tout seul, même sur le circuit du Centre d’essais et de recherche automobile de Mortefontaine (CERAM) près de Paris. Le véhicule Eolab n’existe qu’à un exemplaire, il concentre un ensemble de solutions qui vont peu à peu imprégner les compactes de Renault.

Construire une voiture très écologique et très chère, c’est ce qu’il y a de plus facile. Mettre des technologies avancées dans un véhicule compact qui reste abordable, c’est une autre chanson. Renault a revu les bases. D’abord, la chasse aux kilos: 400 kg de moins qu’une Clio, à savoir, en gros, 800 au lieu de 1200, chapeau! Cela se répartit ainsi: 130 kg pour la caisse avec des matériaux différents, 160 kg pour le châssis et la chaîne de traction, 110 pour l’habillage et les équipements.

Ensuite, le travail aérodynamique: le coefficient de traînée et la surface frontale (SCx) gagnent 30%. La voiture a un fond plat et des suspensions qui adaptent la hauteur selon la vitesse. Le spoiler avant est mobile, des volets sur les ailes arrière se déploient pour conserver les meilleures valeurs. La forme générale se rapproche le plus possible du Graal aérodynamique: la goutte d’eau. Ce qui a obligé à abaisser le toit, contraignant à faire de même pour les sièges des passagers, à les avancer, avec pour corollaire la nécessité de réduire le compartiment moteur, donc d’incliner celui-ci. A l’œil, la voiture reste dans ce que le cahier des charges indiquait: désirable. Enfin, le choix du cœur animant Eolab: un petit moteur thermique, un moteur électrique avec des batteries rechargeables sur le secteur. Pas trop grosses les batteries, sinon c’est à nouveau le poids qui augmente.

Un soin particulier apporté aux roues

Les enjoliveurs dessinent une roue fermée, qui ne va s’ouvrir que lorsque les freins auront besoin d’être ventilés. Michelin a développé des pneus spéciaux. Sur une voiture ordinaire, 20% de l’énergie du moteur est consommée par leur déformation. Sur Eolab, ils sont étroits, d’un grand diamètre (17’’) et fabriqués dans une nouvelle matière. Elle dissipe moins d’énergie en roulant, tout en réagissant immédiatement au frottement dès l’amorce d’un freinage. L’inventivité du manufacturier se mesure au CO2: ces pneus économisent 2 g/km.

Le moteur 3 cylindres de 75 ch a été travaillé pour réduire sa consommation. Le fonctionnement de la chaîne hybride est le suivant: on démarre toujours en électrique sur le premier rapport de boîte, vers 60 km/h s’enclenche le deuxième et on reste en électrique jusqu’à 120 km/h, ensuite vient le moteur thermique et le troisième rapport.

Une centaine d’innovations

Eolab ne sera pas une «vraie» voiture. Vingt à 30% de ses solutions innovantes se retrouveront par contre dans les Renault de 2016, 50 à 60% dès 2018 et 80 à 90% dès 2022.

Le petit tour du circuit, sous l’œil d’un ingénieur, nous a révélé un véhicule très souple à conduire, pas du tout étouffé, réactif. Les concepteurs devaient réaliser une consommation de moins de 2 l/100 km, Eolab affiche 1 l/100 km: mission largement accomplie!

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