Européens de Munich: Triathlon: deux Vaudois à la conquête de l’Europe

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Européens de MunichTriathlon: deux Vaudois à la conquête de l’Europe

Cathia Schär (vendredi à 17 h 15) et Sylvain Fridelance (samedi à 16 h 00) s’apprêtent à prendre le départ des Championnats d’Europe de triathlon. Avec ambition, mais les pieds bien ancrés sur la terre munichoise.

par
Chris Geiger
(- Munich)
Comme beaucoup de sportifs de haut niveau, Sylvain Fridelance travaille avec un coach mental.

Comme beaucoup de sportifs de haut niveau, Sylvain Fridelance travaille avec un coach mental.

AFP

Deux approches distinctes, mais une seule et même volonté. Cathia Schär (20 ans) et Sylvain Fridelance (27 ans) ont préparé les Championnats d’Europe de triathlon de manière diamétralement opposée, mais tous deux rêvent de performer ces prochaines heures dans le Parc olympique de Munich.

La jeune sportive de Mézières débarque en Bavière en pleine confiance, elle qui a conservé dimanche dernier à Nyon sa couronne nationale. «Ce titre prouve que la forme est là, répond modestement la sociétaire du Triviera. J’espère réaliser quelque chose de bien, même si je sais qu’il peut se passer beaucoup de choses en triathlon. Ça peut facilement basculer dans un sens comme dans l’autre. Il ne faut donc jamais être trop sûre de soi.»

Un piège dans lequel Sylvain Fridelance ne risque pas de tomber, lui qui possède désormais une jolie expérience sur la scène internationale (95 départs dans l’élite). L’athlète de Saint-Barthélemy, qui axe d’ores et déjà son calendrier en vue de son «objectif final» qu’est Paris 2024, a renoncé au rendez-vous national et profité de l’habituel «trou» du mois de juillet dans le calendrier des World Series pour perfectionner son foncier.

«J’espère vraiment pouvoir prouver ma bonne forme à Munich.»

Sylvain Fridelance, 25e au classement mondial

«Comme à chaque fois, c’est une bonne opportunité pour s’offrir un gros bloc d’entraînement, confirme-t-il. Cette année, j’en ai profité pour effectuer un stage en altitude de quatre semaines du côté de Font Romeu, dans les Pyrénées françaises. Cette préparation m’a fait du bien. Je me suis senti en bonne forme tout au long du stage. J’espère vraiment pouvoir le prouver à Munich.»

Cette étape bavaroise ne sera que la troisième de la saison pour le membre du Tryverdon, lui qui ne s’est aligné qu’à Leeds (Angleterre) et à Montréal (Canada). Compétiteur, le Vaudois a forcément hâte de retrouver la compétition, près d’un mois et demi après sa dernière course officielle, sur un parcours «particulier».

«Lors de la reconnaissance, en ce qui concerne la natation, j’ai constaté qu’il y avait plus de bouées que d’habitude, détaille-t-il. Qui dit plus de bouées, dit plus de bagarre. Le placement sera donc important. Le parcours du vélo n’est ni très technique, ni très dur, hormis peut-être le dernier kilomètre avant de rejoindre la zone de transition. Quant au secteur de la course à pied, la particularité réside dans le fait qu’il y a une montée. Il y aura donc des changements de rythme. Ça peut me convenir car je suis un athlète plus puissant qu’aérien.»

Cathia Schär, qui entre en lice ce vendredi à 17 h 15, regrette le manque de difficulté pour la partie deux roues. «Je la trouve vraiment plate. Je suis un peu déçue car j’ai un peu plus de facilité sur le vélo que d’autres, ce qui me permet généralement de gagner du temps lorsqu’il y a de la difficulté ou lorsqu’il y a des relances à effectuer.»

«La bonne place viendra toute seule si je réalise une bonne performance.»

Cathia Schär, 46e au classement mondial

Pour boucher la trentaine de secondes qu’elle prévoit de concéder aux meilleures nageuses, la double championne de Suisse en titre a peut-être trouvé la parade. «On a déjà discuté et convenu avec certaines athlètes, qui sont aussi de bonnes rouleuses, qu’on allait collaborer afin de rattraper le premier groupe.» Plutôt inhabituelle, cette tactique pourrait permettre à la Vaudoise de signer un joli Top 15. «Ce serait bien, même si je n’ai pas vraiment d’objectif de place. La bonne place viendra toute seule si je réalise une bonne performance et que je reste concentrée sur ce que je dois faire.»

Pour Sylvain Fridelance, l’approche de l’événement (samedi à 16 h 00) est la même. «Quand je suis au départ, mon objectif est de jouer devant, reconnaît-il. Mais je ne me focalise pas sur une place précise. Je vise avant tout une bonne dynamique C’est-à-dire de bien nager afin de sortir avec le groupe de tête. Car ça pourrait être intéressant dans la perspective d’éliminer des bons coureurs en cas de bonne collaboration sur le vélo. Ce serait le scénario idéal, d’autant plus que je pense avoir passé un step en course à pied.»

Forte concurrence

Le Suisse, médaillé d’argent en relais mixte il y a quatre ans à Glasgow, sait toutefois qu’il aura fort à faire pour décrocher une nouvelle breloque continentale. «Le côté multisports amène plus d’importance à ces Championnats d’Europe. Du coup, ils sont plus relevés. Hormis deux ou trois absents, tous les meilleurs triathlètes européens du moment sont présents.»

Pour ces premiers grands Championnats sur la distance olympique, Cathia Schär aura aussi le droit à une féroce concurrence. De quoi faire monter la pression? «La start-list est quand même pas mal, il y a un sacré niveau, se marre-t-elle. Je suis certes un peu stressée, mais encore plus motivée après avoir goûté à la super ambiance lors de reconnaissance et vu tout le monde déjà présent.»

Et si ces conditions exceptionnelles portaient les deux Vaudois vers les sommets?

En triathlon, les formats se multiplient

«World Triathlon et les organisateurs des diverses compétitions essaient toujours de rendre les courses les plus dynamiques et spectaculaires possible vu que, deux heures de triathlon à la télévision, ce n’est pas forcément ce qu’il y a de plus attractif.» Conscient que son sport se situe à un moment charnière de son existence, Sylvain Fridelance ne semble pas réfractaire au changement, ni à l’évolution.

S’il qualifie certains parcours de «particuliers», le Vaudois apprécie tout particulièrement le relais mixte. «Ce que j’aime dans cette discipline, c’est cette pression de devoir performer pour les autres personnes de l’équipe, s’enthousiasme-t-il. C’est passionnant car le scénario de la course peut changer à chaque relais. Cette petite tension, qu’on ressent nous-même pendant la course, doit également être perceptible à la télévision. C’est un format vraiment excitant, peut-être encore plus depuis la modification intervenue après les Jeux olympiques de Tokyo. Désormais, ce sont les hommes qui partent en premiers et les femmes qui terminent, ce qui rend l’épreuve encore plus dense.»

Cette course par équipe, intégrée en 2009 aux Championnats du monde, n’est pas la seule que la Fédération internationale de triathlon a lancée au cours de ces dernières années. «Cette dernière planche désormais sur le format super-sprint, glisse l’athlète de 27 ans. Cette épreuve propose des qualifications puis une phase finale en trois étapes à enchaîner.» Le but? «Je suppose que c’est pour amener un côté plus visuel, plus dynamique, tout en gardant le même temps d’antenne car c’est ça qui ramène de l’argent. La distance sprint n’aurait pas duré assez long, d’où ce nouveau format.»

Cette multiplication des formats veut-elle dire nouvelles figures de proue pour le sport? «Non, on se rend compte que les meilleurs restent devant. À titre d’exemple, j’ai décroché mon meilleur résultat en World Series sur une distance olympique. À Montréal, en juin dernier, j’ai obtenu la même place (6e) en super-sprint.» D’où l’importance d’être un triathlète complet. CGE

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