A La Neuveville (BE), trois électrocutions, et toujours pas de réponse

Actualisé

Drame de La Neuveville (BE)Trois électrocutions et toujours pas de réponse

Pourquoi l’eau du port était-elle électrisée? Cinq ans après la mort de Claire, de son chien Makani et de Miranda, les autorités judiciaires et politiques tardent.

par
Vincent Donzé
1 / 4
Claire Schläfli est morte en portant secours à son malinois Makani.

Claire Schläfli est morte en portant secours à son malinois Makani.

lematin.ch/Vincent Donzé
Entrée à son tour dans l’eau, la touriste néerlandaise Miranda a péri.

Entrée à son tour dans l’eau, la touriste néerlandaise Miranda a péri.

lematin.ch/Vincent Donzé
Les parents de Claire se recueillent quotidiennement sur les lieux du drame.

Les parents de Claire se recueillent quotidiennement sur les lieux du drame.

lematin.ch/Vincent Donzé

«Les gens qui nous entourent doivent savoir pourquoi on se bat», disait l’an dernier le papa de Claire Schläfli, morte dans le port de La Neuveville (BE) en portant secours à chien d’aide en cas de catastrophe tombé dans le lac de Bienne. Une année plus tard, le discours de Robert «Robi» Schläfli n’a pas changé. Pour celui qui, avant le drame, tutoyait la plupart des huit inculpés, il s’est même intensifié.

«Je n’arrive même plus à pleurer la perte de ma fille tellement je suis énervé», a déclaré Robert Schläfli au média «Arcinfo». Seule certitude, c’est une défaillance électrique qui a provoqué la mort de la promeneuse, de son chien et de la passante qui leur a porté secours dans le lac de Bienne. Mais cinq ans après le drame, les responsabilités ne sont toujours pas établies.

Tous les jours

Sans doute Makani a-t-elle basculé dans l’eau après avoir touché la barrière électrifiée en remuant la queue. Claire voulait lui porter secours, suivie de Miranda. Tous les jours depuis ce funeste 15 mai 2017, les parents de Claire Schläfli se rendent ensemble ou à tour de rôle sur le quai où leur fille Claire a péri à 24 ans, dans une eau électrifiée par un câble dénudé.

Claire était conductrice de chiens militaires, membre de Redog Suisse. Pour le papa, elle a perdu la vie en promenant son chien en raison d’une installation électrique défectueuse «posée sans discernement par une entreprise de la place, à la demande de deux membres de l’exécutif communal».

Bateau électrique

Pour quelques milliers de francs, un câble électrique a été tiré dans le tube inférieur de la balustrade, à la demande d’un plaisancier qui venait d’acquérir un bateau électrique. Avec l’usure, ce câble s’est dénudé, mais les responsabilités ne sont pas encore établies.

L’instruction pour homicide par négligence se poursuit. Trois prévenus ont contesté le rapport d’un expert indépendant jusqu’au Tribunal fédéral. Ils lui reprochaient une partialité et réclamaient sa récusation ainsi qu’une contre-expertise.

Points oubliés

Le 23 mai dernier, le TF a rejeté le recours, reconnaissant en cela que l’expert était dans son rôle en enquêtant sur la cause de l’accident. Selon l’expert contesté, cité par «Arcinfo», il s’agissait de relever «tous les points oubliés dans l’installation et dans les contrôles afin de démontrer que les différents intervenants ont failli dans leurs tâches et ont rendu une installation non conforme».

Pour l’avocat d’un prévenu, il est difficile de déterminer jusqu’à quelle extension un contrôleur aurait dû remonter pour vérifier la conformité de l’installation. Le drame étant causé par une succession d’erreurs, il s’agira de déterminer lesquelles se sont révélées fatales. Mais l’impatience s’exprime via l’intervention d’un parlementaire neuvevillois

Selon la défense, un disjoncteur de la station transformatrice a été supprimé.

Selon la défense, un disjoncteur de la station transformatrice a été supprimé.

lematin.ch/Vincent Donzé

«Les familles en deuil ont droit au respect, et à obtenir justice et réparation», plaide Alain Gagnebin, lequel demande que la population soit informée. Son intervention sera traitée lors d’une prochaine séance du Conseil général (Législatif).

Le papa de Miranda est, selon Robert Schläfli, «un homme de 90 ans complètement dévasté» qui vit en Hollande «et ne comprend pas, lui non plus, les lenteurs de la justice suisse», dit-il. C’est aussi pour lui que le papa de Claire demande à la justice bernoise d’accélérer la procédure.

Ton opinion

13 commentaires