Myanmar: Trois manifestants pro-démocratie abattus en Birmanie
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MyanmarTrois manifestants pro-démocratie abattus en Birmanie

Le mouvement social dans le pays, paralysé par une grève générale, ne faiblit pas malgré les violences policières qui ont encore fait des victimes lundi.

Le mouvement de protestation né après le putsch militaire qui a renversé le gouvernement birman début février a suscité une sanglante répression lundi, avec trois manifestants tués par les forces de l’ordre.

Le mouvement de protestation né après le putsch militaire qui a renversé le gouvernement birman début février a suscité une sanglante répression lundi, avec trois manifestants tués par les forces de l’ordre.

AFP

Trois manifestants pro-démocratie ont été tués lundi en Birmanie. Les banques, des commerces et des usines sont restés fermés dans le pays après l’appel des syndicats à intensifier la grève pour étouffer l’économie et faire pression sur la junte.

Des fonctionnaires, des agriculteurs et des salariés du privé ont participé aux côtés de jeunes et d’activistes à des rassemblements à travers tout le pays.

A Myitkyina (centre), la situation a rapidement dégénéré. De multiples détonations ont été entendues. Des manifestants couverts de sang ont été transportés loin de la zone de tirs, l’un d’entre eux gisant face contre terre, une partie de son crâne arrachée, selon des retransmissions diffusées en direct sur les réseaux sociaux.

Bilan: deux morts et plusieurs blessés, dont une femme grièvement touchée au bras, d’après un secouriste.

Une religieuse catholique en habit blanc, s’est mise à genoux dans la rue, suppliant la police de ne pas tirer, d’après une image diffusée par un média local.

A Pyapon, à une centaine de kilomètres au sud de Rangoun, la capitale économique, un homme de 30 ans a été touché par un tir mortel à l’estomac, a-t-on appris auprès d’un témoin qui a assisté à la scène. Deux autres protestataires ont été blessés par des tirs à balles réelles, selon lui.

Raid contre la presse

Les forces de sécurité ont mené un raid contre le média «Myanmar Now», emportant des ordinateurs, des serveurs de données et une imprimante, a rapporté son rédacteur en chef Swe Win. «Nous travaillons dans la peur, mais la descente dans notre bureau confirme que la junte n’aura aucune tolérance pour les reportages sur ses crimes», a-t-il dit.

A Rangoun, des usines de textile, un secteur en plein essor avant le coup d’Etat du 1er février, et les centres commerciaux sont restés fermés, comme les banques à travers tout le pays. Neuf des plus importants syndicats ont appelé à «l’arrêt complet et prolongé de l’économie» à partir de ce lundi pour faire pression sur les militaires.

La junte a pour sa part mis en garde les fonctionnaires: ceux qui n’auront pas repris le travail à partir de lundi seront licenciés.

Les appels à la grève, lancés dès les premières heures qui ont suivi le putsch, ont déjà eu un impact important sur de nombreux secteurs, avec des banques incapables de fonctionner, des hôpitaux fermés et des bureaux ministériels vides.

Des minorités ethniques ont rejoint la contestation. Près de la ville de Dawei (sud), des centaines de Karens ont manifesté, brandissant leur drapeau bleu, blanc rouge et appelant à «en finir avec la dictature». Le cortège était escorté par des rebelles de la faction armée Union nationale karen, en conflit de longue date avec les militaires.

De nombreuses Birmanes ont aussi rejoint les défilés, des manifestants agitant des longyis (vêtements traditionnels féminins) pour célébrer la Journée internationale des femmes.

Plus de 50 morts

Plus de 50 manifestants ont été tués depuis le putsch qui a renversé le gouvernement d’Aung San Suu Kyi, Prix Nobel de la paix 1991, a fait savoir l’ONU la semaine dernière. Les médias d’Etat nient toute implication de la police et de l’armée dans la mort de civils, indiquant qu’elles ont «dû contenir des émeutes en accord avec la loi».

Les généraux font la sourde oreille face au concert de protestations de la communauté internationale, divisée sur la réponse à apporter. Le Conseil de sécurité de l’ONU n’a pas réussi vendredi à se mettre d’accord sur une déclaration commune et des négociations doivent se poursuivre cette semaine.

(AFP)

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