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Fausses coupuresTrois personnes arrêtées après le vol de billets de 1000

Environ 1800 billets de 1000 francs ont été dérobés depuis l’automne 2012 chez Orell Füssli pendant le processus de production. Trois personnes ont été arrêtées, deux à Londres et une à Zurich.

Les fausses coupures sont difficiles à reconnaître par rapport aux vrais billets comme ceux-ci.

Les fausses coupures sont difficiles à reconnaître par rapport aux vrais billets comme ceux-ci.

Keystone

Environ 1800 billets de banque d’une valeur nominale de 1,8 million de francs ont été dérobés depuis l’automne 2012 chez Orell Füssli pendant le processus de production. Les détenteurs des coupures de 1000 francs non valables seront indemnisés. Trois personnes ont été arrêtées dans cette affaire, deux à Londres et une à Zurich.

La société zurichoise d’impression prendra ce dommage en charge et versera les indemnités aux personnes lésées via la Banque nationale suisse (BNS), a indiqué mardi l’institut d’émission. Dans un autre communiqué, Orell Füssli a reconnu le problème et a précisé que les enquêtes n’étaient pas terminées.

Le 5 octobre 2012, la SOCA (Serious Organised Crime Agency), soit l’Agence britannique de lutte contre la grande criminalité organisée, a signalé à la Police judiciaire fédérale qu’un bureau de change londonien échangeait des billets de 1000 francs suisses douteux. Deux hommes ont été arrêtés à Londres en possession de 37 billets de 1000 francs suisses, qui n’avaient ni numéros de série, ni micro-perforations.

Le Ministère public de la Confédération (MPC) a ouvert une procédure pénale le 11 octobre 2012 pour mise en circulation de fausse monnaie, vol et escroquerie. Il a également informé la BNS et Orell Füssli de cette découverte.

Une des deux personnes arrêtées à Londres était domiciliée en Suisse. Elle a été condamnée définitivement à une peine privative de liberté à Londres et a passé en tout plus de sept mois en prison, a indiqué le MPC dans une prise de position. Une de ses connaissances a été arrêtée le 2 avril 2013 à Zurich et libérée de la détention provisoire par le MPC le 14 juin 2013.

Les investigations contre les prévenus et d’éventuels complices se poursuivent, a précisé le MPC. Aucune autre information ne peut être communiquée pour l’instant.

Vol chez l’imprimeur

L’enquête a démontré que les coupures ont été volées chez l’imprimeur zurichois et qu’elles n’avaient pas encore passé par tous les stades de fabrication. Les billets incriminés sont ainsi reconnaissables à l’absence de numéro de série ou au fait que celui-ci a été imprimé ultérieurement.

En outre, il se peut aussi que le nombre perforé fasse défaut ou qu’il ait été manipulé, note la BNS en précisant que ces fausses coupures sont toutefois difficilement identifiables à première vue.

Les détenteurs de coupures suspectes peuvent demander à leur banque de vérifier l’authenticité de celles-ci, ou encore directement les envoyer à cette fin au Commissariat Fausse monnaie à l’Office fédéral de la police (Fedpol), à la BNS à Zurich ou à Berne, ou les remettre pour authentification à un poste de police.

Dans une position délicate

Orell Füssli est dans une position délicate. Début septembre, la société a annoncé qu’elle prévoyait une perte de l’ordre de 8 millions de francs dans sa division impression de sécurité. Interrogée par l’ATS, Daniela Diethelm, porte-parole de l’entreprise, a expliqué que les dommages liés à cette affaire ont été pris en compte dans l’avertissement sur résultat.

Même si la division impression de sécurité rencontre des problèmes, Orell Füssli ne compte pas pour autant s’en séparer. Les différentes mesures organisationnelles et personnelles introduites vont permettre de dépasser cette phase momentanément difficile et de retrouver les forces du passé, a ajouté la porte-parole.

Daniela Diethelm n’a toutefois pas voulu dire si la démission en juillet d’Anton Gasteiger, chef de la division impression de sécurité, était liée à cette affaire. Michel Kunz, patron de l’entreprise, a repris les rênes de cette division.

Lors de l’annonce de l’avertissement sur résultat en septembre, l’entreprise avait précisé que les travaux en vue de la nouvelle série de billets de la BNS n’étaient pas remis en question. Pour rappel, la réalisation de cette commande a été repoussée à maintes reprises depuis 2010.

Au premier semestre, Orell Füssli a réduit sa perte nette, en la divisant par deux à 2,1 millions de francs. En 2012, le groupe avait plongé dans le rouge à hauteur d’un million de francs, contre un résultat net tout juste positif de 0,2 million un an auparavant. Le chiffre d’affaires avait diminué de 9,9% à 287,8 millions de francs.

(ats)

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