Belgique: Trois planques des auteurs des attentats retrouvées

Actualisé

BelgiqueTrois planques des auteurs des attentats retrouvées

La police a mis la main sur des appartements ayant servi de planques aux terroristes de Paris.

1 / 150
Quatre ans après les attentats du 13 novembre 2015, les victimes se reconstruisent pas à pas, en attendant le procès. (Mercredi 13 novembre 2019)

Quatre ans après les attentats du 13 novembre 2015, les victimes se reconstruisent pas à pas, en attendant le procès. (Mercredi 13 novembre 2019)

Keystone
L'avocat d'Abdeslam demande à ce que le procès où doit comparaître le seul survivant du commando des attentats de Paris, prévu lundi prochain à Bruxelles, soit reporté. D'autre part, «le transfèrement de Salah Abdeslam et sa remise aux autorités judiciaires belges est annulée», a affirmé de son côté sur son site internet la chaîne publique RTBF. Le prévenu ne sera pas extrait de sa cellule en France pour l'audience en Belgique. (13 décembre 2017)

L'avocat d'Abdeslam demande à ce que le procès où doit comparaître le seul survivant du commando des attentats de Paris, prévu lundi prochain à Bruxelles, soit reporté. D'autre part, «le transfèrement de Salah Abdeslam et sa remise aux autorités judiciaires belges est annulée», a affirmé de son côté sur son site internet la chaîne publique RTBF. Le prévenu ne sera pas extrait de sa cellule en France pour l'audience en Belgique. (13 décembre 2017)

archive/photo d'illustration, AFP
Salah Abdeslam, seul survivant des commandos djihadistes des attentats du 13 novembre 2015 à Paris, sera remis à la Belgique le temps de son procès pour une fusillade pendant sa cavale, mais des discussions continuent sur les conditions de ce transfert sous haute sécurité. (27 novembre 2017)

Salah Abdeslam, seul survivant des commandos djihadistes des attentats du 13 novembre 2015 à Paris, sera remis à la Belgique le temps de son procès pour une fusillade pendant sa cavale, mais des discussions continuent sur les conditions de ce transfert sous haute sécurité. (27 novembre 2017)

AFP

La justice belge a retrouvé trois logements qui ont été loués en Belgique pour préparer les attentats de Paris, confirmant par ailleurs que leur organisateur présumé, Abdelhamid Abaaoud, avait séjourné à Charleroi (sud) avant les attaques.

La Belgique avait été désignée très rapidement comme base arrière des djihadistes qui ont tué 130 personnes dans la capitale française le 13 novembre, mais c'est la première fois que la justice donne autant de détails sur les planques utilisées.

«Trois logements conspiratifs utilisés par les auteurs des attentats du 13 novembre 2015 ont été retrouvés», a indiqué le parquet fédéral, en charge de l'enquête sur les attentats en Belgique, dans un communiqué.

Il s'agit d'un appartement à Schaerbeek, commune populaire du nord de Bruxelles, d'un autre appartement à Charleroi et d'une maison à Auvelais, dans la région de Namur (sud).

Le matelas parle

Le parquet a également précisé que l'un des kamikazes du Stade de France, Bilal Hadfi, et Abdelhamid Abaaoud, djihadiste, de l'Etat islamique (EI) et chef opérationnel présumé des attentats, avaient séjourné dans l'appartement de Charleroi avant les attaques. C'est la première fois qu'il est avéré qu'Abaaoud se trouvait en Belgique avant le 13 novembre.

«Une perquisition (...) a permis la découverte de matelas ainsi que d'empreintes digitales» des deux hommes dans cet appartement, selon le communiqué. «Nous n'avions rien remarqué d'anormal. Il y a pas mal de va-et-vient. Les maisons se transforment en appartements et studios. Certaines personnes viennent habiter dans la rue pendant 3 mois à 6 mois. Il y a beaucoup de nouvelles têtes et ensuite elles disparaissent», a confié un voisin à la TV publique belge RTBF.

Fausses identités

Les trois logements ont été loués sous de fausses identités, plus d'un mois, voire deux mois avant les attentats (début septembre pour les deux appartements, le 5 octobre pour la maison d'Auvelais). «Le loyer des trois logements et la garantie ont tous été payés en liquide à leur propriétaire respectif», a expliqué le parquet.

Il était déjà apparu vendredi que l'appartement de Schaerbeek avait probablement servi à fabriquer des ceintures d'explosifs.

Matériel compromettant

Une perquisition, le 10 décembre, a permis aux enquêteurs «la découverte de matériel destiné à la préparation d'explosifs, d'une balance de précision, de traces de TATP (l'explosif utilisé par les kamikazes, NDLR), de ceintures ventrales ainsi que d'un schéma dessiné à la main décrivant un personnage portant une large ceinture à la taille», décrit le parquet.

La police y a également trouvé «l'empreinte ADN» de Bilal Hadfi et une empreinte digitale de Salah Abdeslam, l'un des suspects clés, soupçonné d'avoir joué au moins un rôle de logisticien dans les attentats, et qui est toujours en fuite.

Hommes recherchés

La police traque également Mohamed Abrini, un autre Belgo-Marocain vu en compagnie de Salah Abdeslam deux jours avant et sans doute la veille des tueries, sur l'autoroute entre Bruxelles et Paris.

Elle recherche aussi deux hommes contrôlés en septembre avec de fausses cartes d'identité belges aux noms de Soufiane Kayal et Samir Bouzid, alors qu'ils se trouvaient en voiture avec Salah Abdeslam, entre Budapest et Bruxelles.

Avec sa fausse carte d'identité, l'homme se présentant comme Samir Bouzid a notamment transféré 750 euros à la cousine d'Abaaoud depuis une agence Western Union en région bruxelloise, la veille de l'assaut de Saint-Denis du 18 novembre. Abaaoud et sa cousine ont trouvé la mort dans l'assaut.

Images de vidéosurveillance

L'itinéraire des commandos entre la Belgique et Paris, la veille des attentats, a notamment été repéré grâce à des images de vidéosurveillance. «L'enquête a permis (...) de déterminer que le véhicule SEAT Leon qui a servi ultérieurement à commettre les attentats de Paris est passé à proximité immédiate des logements à Charleroi et à Auvelais», selon le parquet.

«Par ailleurs, un véhicule de marque BMW loué par» l'un des hommes inculpés et incarcérés en Belgique, Mohamed Bakkali, «est également passé à proximité immédiate des trois logements», a précisé le parquet.

La justice belge a au total inculpé dix individus, dont neuf sont toujours incarcérés, dans le volet belge de l'enquête sur les attentats.

(AFP)

Ton opinion