03.09.2020 à 22:55

FootballTrop brouillonne, la Suisse à nouveau frustrée par l’Ukraine

En possession du ballon mais transpercée dans la verticalité, la Nati a débuté la Nations League par une défaite 2-1.

von
Florian Vaney
Embolo n’a pas eu une soirée facile. 

Embolo n’a pas eu une soirée facile.

KEYSTONE

Une Ukraine impressionnante en contre-attaques, une Suisse désireuse de faire le jeu et de presser haut: la première rencontre de la Nati depuis 290 jours a donné lieu à une intéressante opposition de styles. «Peu importe le système, ce quon veut, cest imposer notre jeu», avait annoncé le sélectionneur Vladimir Petkovic quelques minutes avant la rencontre. Sil y a eu à boire et à manger dans la performance helvétique, le «Mister», qui avait à nouveau opté pour un 3-4-3 offensif, pourra en partie se réjouir des intentions de ses protégés.

Envieuse de priver son adversaire du ballon, la Nati sest rapidement fait prendre à son propre jeu. Après avoir récupéré plusieurs fois le cuir dans le camp ukrainien, la Suisse sest surtout fait transpercer dans la verticalité. La 10e minute de jeu à peine atteinte que, déjà, Ruslan Malinovskiy allumait dun soudain tir lointain le poteau de Yann Sommer. Le montant du portier du Borussia Mönchengladbach tremblait encore que celui-ci ne parvenait pas à capter un envoi dOleksandr Tymchyk, qui venait de larguer tout le monde sur la droite. La balle atterrissait dans les pieds dAndriy Yarmolenko. Le buteur de West Ham terminait le travail dune talonnade astucieuse (1-0, 14e).

Si la Suisse na que partiellement convaincu avant la pause, cest dabord quelle a semblé terriblement fragilisée à chacune des ruptures adverses. Cest, ensuite, que son côté gauche na longtemps pas existé en phase offensive. On savait que la disparité de niveau pourrait sauter aux yeux en cette période particulière, cela a parfois été le cas. Sorti à la pause, Steven Zuber ne gardera pas un souvenir impérissable de ce déplacement à Lviv.

Le geste de Seferovic

Le pire aurait peut-être été de tout remettre en question à cause dune contre-performance. Ou, disons, dune prestation mitigée. Heureusement, le rugissement de deux des leaders de cette équipe est venu faire souffler un vent de sérénité bienvenu. Durant quelques instants du moins. On a dabord vu Granit Xhaka hausser le ton, réaliser une intervention décisive de première importance sur Tymchyk (quel tacle glissé). Sur laction suivante, le meneur de jeu dArsenal trouvait Haris Seferovic. Esseulé à trente mètres de la cage ukrainienne, le meilleur buteur du championnat portugais 2018/2019 se mettait en position de frappe en trois touches de balle, avant de transpercer les filets dAndriy Pyatov (41e). Un geste aussi splendide que salutaire. Il sagissait alors du premier titre cadré de la Nati.

Difficile, à la pause, de se montrer péremptoire concernant la performance suisse. De lenvie et un vrai plan de jeu dun côté, bien trop dimprécisions, offensives et défensives, de lautre. Et finalement, la donne na pas tellement changé après le thé. En fait, la Nati a manqué le coche à la 55e minute. Entré en jeu pour Steven Zuber, Renato Steffen armait le centre quil fallait sur lun de ses premiers ballons. Dans la surface, Ruben Vargas était bien là, mais son coup de tête terminait sa course sur le poteau. Le même qui avait sauvé Yann Sommer en première mi-temps.

Après avoir brillé à loccasion de la première édition de la Nations League, les Suisses ont finalement débuté la deuxième de la pire des manières. Sur une fulgurance, un tir enroulé sur réception à lorée de la surface dOleksandr Zinchenko (68e), lUkraine a fait la différence (2-1). Sans rien voler, validant une philosophie de jeu qui fait ses preuves (la formation dirigée par Andriy Shevchenko a aligné un douzième match sans défaite). Pour sûr, lEspagne et lAllemagne devront semployer pour en venir à bout. Cette dernière – tenue en échec par l’Espagne à Stuttgart (1-1) – sera dailleurs le prochain adversaire de la Suisse, dimanche déjà. Des Helvètes qui devront avant tout gagner en inspiration et en assurance pour tenter de donner le change à la sélection de Joachim Löw.

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11 commentaires
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RetourSurTerre

04.09.2020 à 12:01

Enfin la Nati revient à sa vraie place. Division B et ce n'est plus l'absence de matchs amicaux pour rester en bonne position (usurpée depuis des années) dans le classement FIFA qui pourra la sauver comme par le passé. Je me réjouis de voir la Nati gagner contre Gilbraltar et Andorre : ce sera des matchs serrés sans doute ;-)

goal

04.09.2020 à 09:30

Embolo invisible comme toujours avec la Suisse ! Sommer n'est plus le meilleur gardien ! Burki est de loin le pus fort mais jamais reconnu par Me Petko qui doit vraiment ouvrir les yeux !

Cricrilechêne

04.09.2020 à 08:52

Embolo, Zuber totalement hors de forme! Alors ça devient compliqué. Sinon match très correct, l Ukraine est une bonne équipe pour ceux qui se disent connaisseurs de foot...