19.11.2020 à 10:39

Chronique«Trouver des solutions, s’adapter, encore, toujours»

Retrouvez la chronique que le champion valaisan de ski handi-sport Théo Gmür tient dans «Le Matin Dimanche».

par
Théo Gmür
KEYSTONE

Aujourd’hui on a tous le même handicap, le handicap de demain, de la semaine prochaine, du futur. L’impossibilité de planifier, d’avoir un plan A, B, C pour tous les cas de figure, si ça repart, si nous avons une nouvelle vague. S’organiser au jour le jour et s’adapter est devenu pour nous tous le pain quotidien.

Comme pour tous les calendriers sportifs, nous sommes confrontés à l’inconnu, mais aussi à l’inconnu de planifier au mieux ses programmes d’entraînement physique pour être au pic de sa forme le jour J. Dans ma préparation physique, j’ai des macrocycles plus ou moins forts selon la période de préparation qui est fixée avant la saison. Des séances spécifiques en fonction de mon feeling sur les skis et pour la partie hémiplégique de mon corps.

Avec les Mondiaux de Lillehammer en février en ligne de mire et pour l’instant seulement quelques courses en Suisse en janvier comme échéances, il est complexe d’adapter les plans avec comme seul repère des manches d’entraînement non chronométrées et un ressenti sans un dossard sur le dos. S’entraîner est une chose, concourir en est une autre.

«Pour nous athlètes avec un handicap, les effets de l’entraînement physique sur notre partie touchée se font sentir moins rapidement que pour un sportif valide.»

Passer du mode entraînement au mode compétition est une étape qui peut prendre plus ou moins de temps selon chaque athlète. En plus de cela, cette année c’est un vrai chamboulement au niveau de la réaction du corps. Rien n’est comme d’habitude. Les surprises dans le monde du sport actuellement reflètent bien cette situation inédite que nous vivons.

Pour nous athlètes avec un handicap, les effets de l’entraînement physique sur notre partie touchée se font sentir moins rapidement que pour un sportif valide. Un temps d’adaptation plus long est nécessaire. C’est donc un vrai travail de discussion avec le physio, le préparateur physique, mais aussi avec un spécialiste de la biomécanique afin de trouver la recette optimale pour faire passer le handicap d’une faiblesse à une force.

Les fruits des dures séances de physique, les heures d’entraînements sur les skis que nous effectuons actuellement en attendant de retrouver les joies de la compétition, tout ça fait partie de questions auxquelles nous n’aurons peut-être pas de réponses dans l’immédiat. Comme il y a beaucoup de point d’interrogations, concentrons-nous sur les jolis moments quand ils sont là.

Cette chronique est assurée en alternance par Julien Wanders, Théo Gmür, Alan Roura, Ana-Maria Crnogorcevic, Stefan Küng et Jolanda Neff.

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1 commentaire
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Admirer

19.11.2020 à 11:14

Voilà un gars qui a mon respect absolu 👍 Grande personne sympathique 👍