Actualisé 27.10.2019 à 10:09

Trump a une annonce «très importante» à faire

États-Unis

Les médias américains estiment que Donald Trump va annoncer la mort du chef du groupe État Islamique, Abou Bakr al-Baghdadi.

Les regards seront braqués dimanche sur la Maison Blanche et Donald Trump.

Les regards seront braqués dimanche sur la Maison Blanche et Donald Trump.

Keystone

Le chef du groupe État islamique (EI), Abou Bakr al-Baghdadi, a été visé par une opération militaire en Syrie et aurait été tué, ont affirmé samedi plusieurs médias américains à quelques heures d'une annonce «très importante» de Donald Trump dimanche matin.

Selon CNN et ABC, qui citent des hauts responsables, al-Baghdadi a trouvé la mort lors d'une opération de l'armée américaine dans le nord-est de la Syrie. D'après CNN, des tests sont en cours afin de pouvoir confirmer formellement la mort du chef du groupe djihadiste, responsable de multiples attentats sanglants à travers le monde.

Selon un responsable cité par ABC, il aurait fait exploser sa veste chargée d'explosifs pour se suicider.

«Le président des États-Unis fera une annonce très importante demain matin à 9H00 (14H00 en Suisse) depuis la Maison Blanche», a déclaré samedi soir son porte-parole Hogan Gidley, sans autres précisions. Peu avant cette annonce, Donald Trump avait publié un message sybillin sur Twitter. «Quelque chose d'énorme vient de se passer!», avait-il écrit.

Si l'opération militaire américaine a effectivement été couronnée de succès, elle serait la plus importante visant un haut responsable djihadiste, depuis la mort, le 2 mai 2011, d'Oussama Ben Laden, le chef d'Al-Qaïda tué par les forces spéciales américaines à Abbottabad au Pakistan.

Ce développement intervient dans une période d'intense activité militaire dans le nord de la Syrie. Le régime syrien et son allié russe ont accéléré le déploiement de leurs troupes à la frontière syro-turque, tandis que les Américains annonçaient l'envoi de renforts militaires dans une zone pétrolière plus à l'est sous contrôle kurde.

Apparition publique en 2014

Abou Bakr al-Baghdadi n'a plus donné signe de vie depuis un enregistrement audio diffusé en novembre 2016, après le début de l'offensive irakienne pour reprendre Mossoul dans lequel il exhortait ses hommes à lutter jusqu'au martyre. C'est à Mossoul que le chef du groupe État islamique a fait sa seule apparition publique connue, en juillet 2014, à la mosquée al-Nouri.

En turban et habit noirs, barbe grisonnante, il avait alors appelé tous les musulmans à lui prêter allégeance après avoir été désigné à la tête du califat proclamé par son groupe sur les vastes territoires conquis en Irak et en Syrie voisine.

De son vrai nom Ibrahim Awad al-Badri, le chef du groupe État islamique serait né en 1971 dans une famille pauvre de la région de Bagdad. Passionné de football, il a échoué à devenir avocat puis militaire avant d'étudier la théologie. C'est lors de l'invasion américaine de l'Irak en 2003 qu'il créé un groupuscule djihadiste, sans grand rayonnement avant d'être arrêté et emprisonné dans la gigantesque prison de Bucca.

Libéré faute de preuves, il rejoint un groupe de guérilla sunnite sous tutelle d'Al-Qaïda et en prend la tête quelques années plus tard. Profitant du chaos de la guerre civile, ses combattants s'installent en Syrie en 2013 avant une offensive fulgurante en Irak. Le groupe, rebaptisé État islamique, supplante Al-Qaïda, tandis que ses succès militaires initiaux et sa propagande soigneusement réalisée attirent des milliers de partisans du monde entier.

Commandos US héliportés durant l'opération

Le chef des forces kurdes en Syrie a salué dimanche une «opération historique» menée grâce à un «travail conjoint des renseignements» avec les Etats-Unis.

Des hélicoptères américains ont débarqué à Idleb dans le nord-ouest de la Syrie des commandos pour mener des combats contre des djihadistes, a rapporté dimanche une ONG.

«L'opération ciblait de hauts dirigeants de l'EI», a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) évoquant un raid près du village de Baricha, dans la province d'Idleb. Plusieurs médias américains ont annoncé la mort d'Abou Bakr al-Baghdadi après un raid américain dans le nord-ouest syrien.

Mazloum Abdi, chef des Forces démocratiques syriennes (FDS), partenaires de Washington dans la lutte contre l'EI, a salué sur son compte Twitter une «opération historique réussie». C'est «le résultat d'un travail conjoint des renseignements avec les Etats-Unis», sans toutefois confirmer nommément la mort du chef de l'EI.

Ankara dit avoir été en coordination avec Washington

La Turquie a affirmé dimanche avoir été en «coordination» avec les Etats-Unis avant le déroulement de l'opération américaine en Syrie qui aurait permis, selon des médias américains, de tuer le chef du groupe Etat islamique (EI) Abou Bakr al-Baghdadi.

«En préalable à l'opération américaine dans la province d'Idleb en Syrie la nuit dernière, des échanges d'informations et une coordination ont eu lieu entre les autorités militaires des deux pays», a affirmé dans un tweet le ministère turc de la Défense.

La proximité entre Trump et Kim ne fera pas tout (Pyongyang)

La Corée du Nord a mis en garde dimanche les États-Unis contre la tentation de surexploiter les «relations personnelles de proximité» entre Kim Jong Un et Donald Trump, au moment où les négociations nucléaires entre Washington et Pyongyang sont dans l'impasse, depuis l'échec du second sommet entre les deux hommes, en février à Hanoï. Les deux parties se sont mutuellement imputé la responsabilité de cet incapacité à relancer la diplomatie. Kim Yong Chol, ancien homologue nord-coréen du secrétaire d'État américain Mike Pompeo dans les discussions sur le nucléaire et qui préside désormais un Comité coréen pour la paix Asie-Pacifique, a estimé que la proximité entre Kim Jong-Un et Donald Trump était ce qui avait permis de sauver le processus diplomatique. Mais il a ajouté que cette relation ne ferait pas tout. «Tout a une limite», a-t-il déclaré dans un communiqué relayé par l'agence officielle KCNA. «Les relations personnelles de proximité ne peuvent jamais remplacer l'intérêt du peuple et elles ne sont pas une garantie contre une aggravation des relations entre la RPDC et les États-Unis», a-t-il ajouté en citant les initiales officielles du régime nord-coréen.

(AFP)

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