Actualisé 10.11.2016 à 06:22

PrésidentielleTrump élu: inquiétude dans le monde

Pour beaucoup, l'arrivée au pouvoir du milliardaire, qui sera effective fin janvier, sera un saut dans l'inconnu.

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Un mur anti-immigrés devrait être érigé à la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis, comme l'a affirmé Donald Trump durant sa campagne électorale. C'est le Congrès américain qui avancera l'argent. (Vendredi 6 janvier 2017)

Un mur anti-immigrés devrait être érigé à la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis, comme l'a affirmé Donald Trump durant sa campagne électorale. C'est le Congrès américain qui avancera l'argent. (Vendredi 6 janvier 2017)

AFP
Le milliardaire Wang Jianlin, l'un des hommes les plus riches de Chine, a averti Donald Trump que 20'000 emplois étaient menacés aux Etats-Unis, notamment à Hollywood, si le futur président américain devait bloquer ses investissements dans le pays. (Mardi 13 décembre 2016)

Le milliardaire Wang Jianlin, l'un des hommes les plus riches de Chine, a averti Donald Trump que 20'000 emplois étaient menacés aux Etats-Unis, notamment à Hollywood, si le futur président américain devait bloquer ses investissements dans le pays. (Mardi 13 décembre 2016)

Keystone
Moscou nie avoir cherché à faire élire Trump contrairement aux informations parues dans le Washington Post. (Lundi 12 décembre 2016)

Moscou nie avoir cherché à faire élire Trump contrairement aux informations parues dans le Washington Post. (Lundi 12 décembre 2016)

AFP

L'élection de Donald Trump à la Maison Blanche a été accueillie mercredi avec inquiétude et souvent froideur dans le monde, la Russie de Vladimir Poutine et les populistes européens s'en félicitant de leur côté.

Cette victoire «ne me réjouit pas» mais, «librement élu», Donald Trump a droit «à ce qu'on lui donne une chance», a observé le président du Parlement européen, Martin Schulz.

Le président français François Hollande l'a félicité formellement tout en relevant que cette élection ouvrait «une période d'incertitude». Il a appelé l'Europe à resserrer les rangs, après les réactions enthousiastes du Premier ministre hongrois Viktor Orban, populiste de droite.

Une bonne nouvelle pour Marine Le Pen

La chef de file de l'extrême droite française, Marine Le Pen, qui a toutes les chances d'être au deuxième tour de la présidentielle de 2017, s'est félicitée d'une «bonne nouvelle».

Vladimir Poutine, dont le pays entretient les pires relations avec les Etats-Unis depuis la guerre froide, et sur lequel Donald Trump avait tenu des propos élogieux, l'a félicité - tout comme son homologue chinois Xi Jinping - et s'est dit «certain qu'un dialogue constructif sera établi» désormais avec Washington.

L'ancien président soviétique et père de la Perestroïka Mikhaïl Gorbatchev a abondé dans ce sens, alors que le président ukrainien Petro Porochenko appelait au contraire Donald Trump à continuer de lui apporter un soutien dans «la lutte contre l'agression russe».

La chancelière allemande Angela Merkel a averti Donald Trump qu'une future «coopération étroite» entre leurs deux pays devrait se fonder sur les valeurs communes démocratiques et rappelé au président élu sa «responsabilité» au niveau mondial. Une réunion spéciale des ministres des Affaires étrangères de l'UE a été convoquée dimanche à Bruxelles.

Maduro plaide pour «programme de travail positif»

Sur plusieurs continents, des dirigeants ont ravalé leurs critiques pour des félicitations prudentes, à l'instar du Premier ministre canadien Justin Trudeau qui s'est dit «impatient de travailler de très près» avec Donald Trump.

«Je suis sûr que tout ira bien», a affirmé le président conservateur du Brésil, Michel Temer.

Son homologue vénézuélien Nicolas Maduro, dont le pays est en froid avec les Etats-Unis, a plaidé pour un «programme de travail positif» avec Donald Trump.

En première ligne alors que Donald Trump a annoncé vouloir créer un mur à sa frontière sud financé par Mexico, le président mexicain Pena Nieto s'est borné à se dire «prêt à travailler» avec le nouveau président élu.

Prières du Vatican

Le Vatican, par la voix de son n°2, Mgr Pietro Parolin, l'a assuré de ses prières «afin que le Seigneur l'illumine et le soutienne au service de sa patrie, naturellement, mais aussi au service du bien-être et de la paix dans le monde».

Dans les médias, le sentiment prédominant est l'inquiétude face à l'accession au pouvoir, dès janvier, d'un milliardaire populiste sans expérience politique.

«J'ai très peur. Va-t-il y avoir d'autres guerres? L'Amérique va-t-elle attaquer les musulmans?», s'interrogeait une militante indonésienne, Alijah Diete, faisant écho à des craintes ressenties dans le monde musulman. L'organisation Amnesty International a exhorté le futur président à abandonner sa réthorique «venimeuse».

La sérénité reprend le dessus

Mals à l'aide avec l'incertitude, les marchés boursiers ont plié sans rompre. Certains se sont affolés (Tokyo, Mexico...) mais la sérénité a ensuite repris le dessus, notamment en Europe.

En Russie, ces marchés ont progressé, à la faveur des espoirs d'un réchauffement des relations et d'une levée des sanctions imposées après l'annexion de la Crimée en 2014.

En Asie, les craintes portent sur l'économie. «Si les Etats-Unis, qui sont le moteur de l'économie mondiale, commencent à ériger des barrières, cela ne pourra que nuire à l'économie mondiale», résume Clarita Carlos, professeure de sciences politiques à l'Université des Philippines.

Le patron du Nasdaq, l'indice boursier américain à dominante technologique, a fait écho à cette inquiétude, soulignant que le monde des affaires devait faire «un meilleur boulot» pour promouvoir les bienfaits de la mondialisation.

Netanyahu ne cache pas sa joie

Pour le Premier ministre japonais Shinzo Abe, l'alliance avec Washington restera intacte car «la région Asie-Pacifique» est «la force vive de l'économie mondiale».

Circonspecte, l'Autorité palestinienne a appelé Donald Trump à ne pas négliger le Proche-Orient. Et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, aux relations détestables avec Barack Obama, n'a pas caché sa joie, qualifiant le président élu de «véritable ami de l'Etat d'Israël».

En estimant que Donald Trump ne pourrait pas revenir sur l'entente nucléaire de 2015 «entériné» par l'ONU, l'Iran l'a cependant appelé «à respecter les accords» internationaux.

Au-delà des réactions convenues, certains cherchent à se rassurer. «Les liens UE-USA sont plus profonds que n'importe quel changement politique», a ainsi dit la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, tandis que le gouvernement français assurait que l'accord de Paris sur le climat ne pouvait plus être remis en cause.

Le leadership de Washington est «plus important que jamais» face «à un nouvel environnement sécuritaire difficile», a aussi réagi le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg.

Le Premier ministre japonais rencontre Trump la semaine prochaine

Shinzo Abe et Donald Trump ont parlé pendant une vingtaine de minutes au téléphone jeudi et fixé provisoirement la date du 17 novembre pour une rencontre.

Pendant sa campagne électorale, Donald Trump avait irrité au Japon en appelant le pays à payer plus encore qu'il ne le fait pour l'entretien de forces américaines sur son territoire. Il avait même suggéré à ce pays de devenir une puissance nucléaire pour se protéger de son voisin imprévisible, la Corée du Nord.

Donald Trump avait également dit son opposition au traité de libre échange trans-pacifique soutenu par le président américain Barack Obama et que Shinzo Abe compte faire adopter au Parlement au plus vite.

(AFP)

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