Actualisé 23.05.2019 à 01:11

Trump: «Je ne pratique pas la dissimulation»

Enquête russe

Le président américain a répondu aux accusations des démocrates concernant les conclusions du rapport Mueller.

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Le ministère américain de la Justice a retiré jeudi le dossier d'accusation contre un ancien conseiller de Donald Trump, Michael Flynn, poursuivi pour avoir menti sur ses contacts avec un diplomate russe. (Vendredi 8 mai 2020)

Le ministère américain de la Justice a retiré jeudi le dossier d'accusation contre un ancien conseiller de Donald Trump, Michael Flynn, poursuivi pour avoir menti sur ses contacts avec un diplomate russe. (Vendredi 8 mai 2020)

AFP
L'ex-directeur du FBI James Comey a admis dimanche que de «véritables négligences» avaient été commises par la police fédérale au début de l'enquête sur l'ingérence de la Russie dans l'élection présidentielle de 2016. (Dimanche 15 décembre 2019)

L'ex-directeur du FBI James Comey a admis dimanche que de «véritables négligences» avaient été commises par la police fédérale au début de l'enquête sur l'ingérence de la Russie dans l'élection présidentielle de 2016. (Dimanche 15 décembre 2019)

AFP
Roger Stone, ancien conseiller de longue date de Donald Trump, a été reconnu coupable vendredi de mensonge au Congrès et de subornation de témoin dans le cadre de l'enquête sur l'ingérence russe dans l'élection américaine de 2016. (Samedi 16 novembre 2019)

Roger Stone, ancien conseiller de longue date de Donald Trump, a été reconnu coupable vendredi de mensonge au Congrès et de subornation de témoin dans le cadre de l'enquête sur l'ingérence russe dans l'élection américaine de 2016. (Samedi 16 novembre 2019)

Keystone

Donald Trump et les démocrates américains sont entrés mercredi dans une véritable guerre ouverte, donnant au débat sur une procédure de destitution contre le président américain une intensité nouvelle.

Visiblement irrité, le milliardaire a exhorté les démocrates du Congrès à arrêter leurs «investigations bidon», en niant s'être livré à toute tentative d'étouffer les conclusions de la vaste enquête russe. «Je ne pratique pas la dissimulation», a martelé M. Trump lors d'une conférence de presse convoquée à la hâte.

Il venait de couper court à une réunion organisée à la Maison Blanche avec les dirigeants démocrates des deux assemblées du Congrès, Nancy Pelosi et Chuck Schumer. Peu avant l'entretien, censé porter sur un vaste programme d'infrastructures, Mme Pelosi l'avait publiquement accusé d'être «engagé dans une opération de dissimulation». Les faits reprochés au président pourraient «justifier une procédure de destitution», a plus tard ajouté l'élue de 79 ans.

Une déclaration très remarquée puisque la puissante chef démocrate s'applique au contraire depuis des mois à décourager les élus de son parti favorables à une telle option, trop risquée et impopulaire selon elle. Mais le débat a pris une nouvelle ampleur après de nouveaux refus de l'administration Trump cette semaine de coopérer avec leurs enquêtes parlementaires.

Au point que Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des représentants, a organisé une réunion pour discuter de la question avec certains élus, peu avant sa visite à la Maison Blanche. «Hier soir j'ai entendu qu'ils allaient se réunir juste avant cette réunion pour parler du mot i . Vous vous rendez compte?», s'est indigné Donald Trump, 72 ans, en référence au mot anglais pour «destitution»: «impeachment».

En colère, le président américain est arrivé en retard à la réunion. Sans serrer les mains des démocrates et sans s'asseoir, il a accusé Nancy Pelosi d'avoir dit quelque chose de «terrible», selon une source démocrate. Puis il est reparti.

«Se remettre au travail»

Infrastructures, mais aussi budgets ou réformes: la guerre entre démocrates et le républicain menace désormais de bloquer toute initiative dans un Congrès divisé. Une perspective potentiellement néfaste à l'orée des élections de novembre 2020. Les démocrates ont le choix, a martelé le président sur Twitter:

Soit «continuer la chasse au sorcières», en référence à l'enquête du procureur spécial Robert Mueller qui a conclu que l'équipe de campagne de Donald Trump n'avait pas coopéré avec Moscou, mais s'est gardé de blanchir le président des soupçons d'entrave à la justice. «Soit se remettre au travail...»

Briguant un second mandat, le président républicain a choisi son argument de campagne: en gaspillant leur énergie à le «harceler» avec leurs enquêtes parlementaires, les démocrates négligent leur travail, et donc les électeurs. Les chefs démocrates craignent cet angle d'attaque.

Comment en effet rendre audible leur message sur les questions qui préoccupent vraiment les Américains si le débat sur une procédure de destitution brouille toutes les ondes ? D'autant qu'avec un Sénat contrôlé par les républicains, une telle tentative irait droit dans le mur.

Stratégie de Trump?

Mais même chez les réticents, comme le candidat à la présidentielle Bernie Sanders, l'idée semble faire son chemin. «Je ne suis pas sûr que ce président ne veuille pas en fait être visé par une procédure de destitution. Il estime peut-être que cela le sert politiquement», a analysé sur CNN le sénateur indépendant.

Mais si Donald Trump continue de ne pas respecter la Constitution américaine et le droit du Congrès de mener des enquêtes, a-t-il poursuivi «il sera peut-être temps qu'une enquête en vue d'une destitution soit ouverte». Les démocrates ont renvoyé en bloc sur Donald Trump la responsabilité de l'échec de la réunion sur les infrastructures, l'accusant de faire un «caprice» qui prive les Américains «de bons emplois».

«Malheureusement, le président ne semble s'inquiéter que de son propre emploi», a taclé Nancy Pelosi dans une lettre aux élus démocrates. Comptant sur le solide soutien de son équipe dirigeante, cette habile stratège avait tenté jusqu'ici de faire patienter les voix, encore minoritaires, favorables à une destitution, en affirmant que leur batterie d'enquêtes parlementaires permettraient de révéler aux Américains les fautes supposées du milliardaire.

Sa position est justement sortie renforcée mercredi, lorsqu'un juge a tranché en faveur des démocrates contre l'administration Trump, qui refusait de livrer des documents financiers. Leur deuxième victoire juridique en trois jours contre la Maison Blanche.

Arrestation d'un sympathisant du Hamas qui menaçait de faire sauter la Trump Tower

Un jeune homme qui menaçait de faire sauter la Trump Tower et le consulat d'Israël à New York a été arrêté mercredi dans le New Jersey, a indiqué le procureur fédéral de cet Etat voisin de New York. Les enquêteurs affirment avoir retrouvé toute une série de messages menaçants sur les réseaux sociaux mis en ligne par Jonathan Xie, 20 ans, sympathisant des brigades al-Qassam, branche armée du mouvement islamiste Hamas au pouvoir à Gaza.

(AFP)

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