Iran: Trump la plonge dans la misère. Puis lui pique une photo

Actualisé

IranTrump la plonge dans la misère. Puis lui pique une photo

Une photographe iranienne accuse le président américain d'avoir utilisé une de ses photos sans autorisation. Et de l'empêcher de voir son papa.

par
R.M.
Cette image de Yalda Moaiery a été utilisée par Donald Trump. Elle n'a pas apprécié.

Cette image de Yalda Moaiery a été utilisée par Donald Trump. Elle n'a pas apprécié.

Instagram/Yalda Moaiery

C'est peu dire que Yalda Moaiery n'a pas apprécié deux tweets de Donald Trump, publiés lundi à l'occasion des quarante ans de la victoire de la révolution islamique en Iran. Le président américain y fustigeait «40 ans de corruption, 40 ans de répression, 40 ans de terreur.» Et ajoutait: «Le régime en Iran n'a produit que 40 ans d'échec. Le peuple iranien qui souffre depuis longtemps mérite un avenir plus radieux.» Un message rédigé en anglais mais aussi publié en persan. Le hic? L'illustration.

Le texte est effectivement accompagné de l'image d'une femme, poing levé, au milieu des fumigènes. Or il s'agit d'un cliché pris l'an dernier par la photoreporter Yalda Moaiery, lors d'une manifestation universitaire à Téhéran. La journaliste de 37 ans dit sur Instagram qu'elle ne s'est pas identifiée comme l'auteure de la photo durant six mois par peur de s'attirer des «ennuis». Mais voulait cependant témoigner de la situation dans son pays «de manière claire et transparente».

Mais ce n'est pas parce que Yalda Moaiery semble se montrer critique envers le régime iranien qu'elle est sur la même longueur d'onde que Trump. Loin de là. «Le fait que le président Trump utilise mon image sans mon autorisation dans un tweet en persan est une grande honte pour moi et me cause une profonde tristesse», écrit-elle.

«Nous sommes tous devenus pauvres»

Puis la photographe s'en prend aux sanctions économiques américaines. «Notre monnaie a perdu 70% de sa valeur. Nous sommes tous devenus pauvres.» Et ajoute qu'elle n'a plus les moyens de rendre visite à son papa, qui vit aux États-Unis. Mais que même si elle les avait elle ne pourrait pas, à cause de Trump: «car il a imposé une interdiction de voyager aux Iraniens dont il dit tellement se soucier», tacle-t-elle. Et de conclure que son image était destinée à son peuple et ne devrait pas être exploitée par les «hommes de Washington.»

Jointe par Euronews, la journaliste souligne que son message n'a pas été téléguidé par les autorités iraniennes. Mais qu'il s'agit bien d'une initiative personnelle.

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