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«Fake news»Trump mis en garde par le patron du New York Times

Lors d'une rencontre à la Maison-Blanche, le patron du prestigieux quotidien a vigoureusement mis en garde le président américain sur ses attaques répétées contre la presse.

par
ATS/AFP
Arthur Gregg Sulzberger est directeur de la publication du New York Times depuis le début de l'année 2018.

Arthur Gregg Sulzberger est directeur de la publication du New York Times depuis le début de l'année 2018.

Keystone

Sur Twitter, le président américain lui-même avait révélé un peu plus tôt dans la journée avoir discuté de fausses informations avec Arthur Gregg (A.G.) Sulzberger, directeur de la publication du New York Times.

«Avons passé beaucoup de temps à parler des vastes quantités de Fake News qui sont publiées par les médias et comment ces Fake News se sont métamorphosées en une phrase, 'Ennemi du peuple'. Triste!», a-t-il tweeté.

Le tweet du président américain, Donald Trump

Donald Trump qualifie régulièrement de «fake news» (fausses informations) les médias généralistes américains qui, pour la plupart, se montrent très critiques sur sa présidence. Le New York Times est d'ailleurs fréquemment pris pour cible par les déclarations virulentes du président américain.

Ce tweet a conduit M. Sulzberger, directeur de publication du quotidien new-yorkais, à publier un communiqué sur cette rencontre, qui était pourtant supposée rester confidentielle, comme toutes les réunions que les dirigeants des grands médias américains ont régulièrement avec les responsables du gouvernement.

Discours dangereux

A.G. Sulzberger, 37 ans, a précisé avoir rencontré le président septuagénaire le 20 juillet, à la demande de la Maison-Blanche, accompagné du responsable de la page éditoriale du journal, James Bennet. Il a ajouté avoir décidé de répondre publiquement au tweet de M. Trump, en se basant sur les notes détaillées prises par James Bennet et lui-même, à la façon dont le président américain a évoqué leur conversation.

«Mon objectif principal en acceptant cette rencontre était de soulever mes inquiétudes au sujet de la rhétorique anti-presse extrêmement troublante du président», a expliqué celui qui a succédé début 2018 à son père Arthur Ochs Sulzberger comme directeur de la publication du Times.

«J'ai dit franchement au président que je pensais que son discours n'était pas seulement facteur de division mais qu'il était de plus en plus dangereux», a-t-il ajouté dans ce communiqué transmis à l'AFP.

«Je lui ai dit que bien que l'expression «Fake News» soit fausse et nuisible, j'étais beaucoup plus préoccupé par sa façon de caractériser les journalistes comme des 'ennemis du peuple'».

Journalistes menacés

A.G. Sulzberger a également évoqué l'impact dévastateur que les propos du président avaient sur le quotidien des employés des médias. «Je l'ai prévenu que ce langage incendiaire contribuait à une augmentation des menaces contre les journalistes et allait inciter à la violence», a-t-il poursuivi, précisant avoir insisté sur le fait que «c'est particulièrement vrai à l'étranger». «La rhétorique du président est utilisée par certains régimes pour justifier des répressions d'ampleur contre les journalistes», a-t-il dénoncé.

«Je l'ai imploré de revenir sur ses vastes attaques contre le journalisme, que je pense être dangereuses et nuisibles pour notre pays», a ajouté le patron du Times, tout en précisant que le président américain avait bien sûr le droit comme ses prédécesseurs de critiquer la façon dont la presse relate son action.

Le New York Times fait partie des médias les plus souvent attaqués par Donald Trump, avec notamment la chaîne CNN et le Washington Post, propriété du patron d'Amazon Jeff Bezos. Il occupe cependant une place à part pour Donald Trump: né à New York, ville où il a construit son succès dans les affaires, c'est probablement le journal qu'il connaît le mieux. C'est à lui aussi qu'il avait accordé l'une de ses premières grandes interviews peu après son élection.

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