27.10.2020 à 08:36

Présidentielle américaineTrump ou Biden? Une question existentielle pour le Royaume-Uni

Côté américain, les questions liées au Brexit seront certainement gérées différemment selon le résultat des prochaines élections.

Dans le passé, Donald Trump n’a pas ménagé ses compliments à l’égard de Boris Johnson, avec lequel il partage des similarités. À l’inverse, Joe Biden s’est pour sa part toujours montré beaucoup plus critique.

Dans le passé, Donald Trump n’a pas ménagé ses compliments à l’égard de Boris Johnson, avec lequel il partage des similarités. À l’inverse, Joe Biden s’est pour sa part toujours montré beaucoup plus critique.

AFP

Juste quand le Royaume-Uni s’apprête à s’émanciper pour de bon de l’Union européenne, sa «relation spéciale» avec les États-Unis risque des turbulences en cas de défaite de Donald Trump, vu la bonne entente affichée entre le milliardaire républicain et le Premier ministre Boris Johnson.

Après le Brexit, effectif le 31 janvier dernier, les Britanniques s’affranchiront des règles européennes le 1er janvier prochain. Au nom du concept de «Global Britain», Londres affirme vouloir redynamiser ses partenariats dans le reste du monde, notamment avec son «allié le plus proche et le plus important», proclame Boris Johnson.

Sur CNN dimanche, l’ex ministre britannique des Finances George Osborne a constaté un «repositionnement frénétique à Londres» à l’approche de la présidentielle, pour laquelle le démocrate Joe Biden est en avance dans les sondages. «Je ne pense pas que Joe Biden se montrera très chaleureux envers le gouvernement britannique actuel et il va falloir travailler très dur pour y remédier», a-t-il averti.

«Trump britannique»

Dans le passé, le président américain n’a pas ménagé ses compliments au leader britannique, dont il partage la tignasse blonde et une tendance à prendre des libertés avec les faits, se plaisant à souligner qu’il était surnommé le «Trump britannique». En revanche, il entretenait des rapports exécrables avec sa prédécesseure Theresa May et n’a jamais caché son soutien au Brexit, dont Boris Johnson s’est fait le champion.

À l’inverse, Joe Biden avait affiché son dédain pour le locataire de Downing Street avant les élections britanniques de décembre dernier, le qualifiant de «clone physique et émotionnel» de Trump. Il était vice-président en 2016 quand Boris Johnson, alors maire de Londres, a accusé Barack Obama de vues antibritanniques en raison de ses racines «partiellement kényanes» et de son «hostilité ancestrale envers l’Empire britannique».

«Couleur du contexte politique»

Des remarques qui ne s’oublient pas. Un ancien conseiller de Barack Obama, Ben Rhodes, les a d’ailleurs ressorties récemment, en qualifiant Boris Johnson de Trump «en mieux coiffé» et plus intelligent. Cela ne va pas faciliter les relations en cas de victoire de Joe Biden, sans doute suivie du retour à la Maison Blanche de nombreux vétérans de l’administration Obama.

«Les populistes sont des caméléons: ils prennent la couleur du contexte politique. Si le vice-président Biden gagne, la couleur de M. Johnson va changer de manière spectaculaire», nuance Heather Conley, directrice du programme Europe au Center for Strategic and International Studies à Washington.

«Magnifique» accord

Côté américain cependant, «les questions liées au Brexit seront certainement gérées différemment par une administration Biden, par rapport à l’enthousiasme pour le Brexit de l’administration Trump, et même avec elle, ça n’a pas été facile», constate l’experte, interrogée par l’AFP.

Après sa sortie de l’UE, Londres veut conclure avec Washington un accord de libre-échange mais la promesse de Trump d’un «magnifique» accord, et plus généralement d’un rapprochement post-Brexit plein de promesses, ne s’est pas encore matérialisée.

Le Brexit est venu dans le viseur des démocrates en septembre, lorsque le gouvernement britannique a présenté un projet de loi revenant sur le traité conclu entre Londres et les Européens, notamment sur les dispositions spécifiques à l’Irlande du Nord, censées éviter le retour d’une frontière avec la République d’Irlande. Joe Biden, qui affiche fièrement ses racines irlandaises, a mis en garde sèchement qu’il n’y aurait pas d’accord commercial si Londres mettait en danger l’accord de paix de 1998 dans la province britannique.

«Un allié plus fiable»

Au-delà des questions personnelles et du Brexit, le Royaume-Uni, qui prendra la présidence du G7 l’année prochaine, reste plus proche de pays européens comme la France, ainsi que de Joe Biden, que de l’administration Trump sur un grand nombre de sujets, tels le changement climatique, l’Iran, la Russie ou l’Otan.

En public, le gouvernement britannique se garde bien d’afficher une préférence quelconque entre les deux candidats mais certains élus de son Parti conservateur montrent moins de réserve.

Dans le Daily Telegraph, l’ancien ministre des Finances de Boris Johnson, Sajid Javid a assuré que Joe Biden serait «un allié plus fiable» en termes de «commerce, relations internationales et leadership moral», tranchant: «Le Royaume-Uni se portera mieux avec Biden».

(AFPE)

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38 commentaires
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pgf

27.10.2020 à 10:43

Pour BoJo et le RU, avec Biden au pouvoir aux US, les choses ne vont sûrement plus évoluer dans le même sens qu'avec Trump qui soutenait ouvertement le Brexit, Trump qui connaît bien la stratégie des nationalistes : diviser pour (tenter) de mieux régner. Biden est un anti-Brexit et un pro UE, on comprend dès lors mieux que son élection fasse trembler voir délirer les "Trumpistes" européens et suisses.

nous

27.10.2020 à 10:09

eh oui , en 2021 les usa vont redevenir fréquentable...les extrémistes vont devoir se cacher pendant au moins 4 ans et le monde s'en portera que mieux . les évangéliques vont moins interférer dans la politique américaine et les démocrates vont batailler pour redresser l'Amérique sur le plan international.... et il y a du boulot...

BUCO

27.10.2020 à 09:36

Biden est tout simplement trop âgé; c'est là son handicap. Cessons donc d'élire la gérontocratie à la tête d'un pays