États-Unis: Trump se garde «l'option» de «couper les ponts» avec Pékin
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États-UnisTrump se garde «l'option» de «couper les ponts» avec Pékin

Le président américain a contredit son représentant au commerce Robert Lighthizer, alors que les tensions sont vives entre les deux pays.

Donald Trump a porté des accusations contre la Chine à maintes reprises ces derniers temps.

Donald Trump a porté des accusations contre la Chine à maintes reprises ces derniers temps.

Keystone

«Couper tous les ponts» avec la Chine est une «option» pour les États-Unis a prévenu jeudi le président américain Donald Trump dans un contexte de tensions entre les deux pays. Il cherchait à tempérer les propos par son représentant au commerce Robert Lighthizer. «Les États-Unis maintiennent bien entendu une option politique, sous plusieurs conditions, de couper tous les ponts avec la Chine», a-t-il fait savoir sur Twitter.

Robert Lighthizer, artisan de l'accord économique signé entre les deux pays en janvier, s'était montré positif et optimiste la veille lors d'une audition devant le Congrès américain, répétant que les autorités chinoises allaient tenir leurs engagements notamment d'achats massifs de biens agricoles américains.

Chiffres à l'appui, il a même donné des exemples d'achats récents notamment de coton pour un milliard de dollars (950 millions de francs). Le fait de couper les relations «était une option politique il y a quelques années, mais je ne pense pas qu'il s'agisse d'une politique ou d'une option politique raisonnable à ce stade», avait déclaré Robert Lighthizer. À la mi-mai, Donald Trump avait déjà menacé de rompre toute relation avec le géant asiatique et assuré qu'il ne souhaitait plus parler à son président Xi Jinping.

Réunion à Hawaï sans résultat

Le président républicain a maintes fois dit que le lourd bilan de la pandémie de Covid-19 - plus de 450'800 morts à travers le monde - aurait pu être évité, si la Chine avait agi de manière responsable dès l'apparition du virus dans la ville de Wuhan fin 2019.

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, qui accuse lui aussi Pékin d'avoir initialement dissimulé l'ampleur et la gravité du nouveau coronavirus, avait rencontré mercredi à Hawaï le haut responsable chinois Yang Jiechi lors d'une réunion de crise qui n'a pas suffi à apaiser les tensions entre Washington et Pékin. «La relation doit être plus réciproque et nous avons soulevé un bon nombre de problèmes», a déclaré jeudi David Stilwell, secrétaire d'État américain adjoint pour l'Asie de l'Est, à des journalistes. «Je vous laisse le soin de déterminer s'ils vont se conformer ou non» aux requêtes américaines, a-t-il ajouté.

Avant la propagation de la pandémie, les deux premières puissances économiques au monde étaient parvenues à faire une trêve dans leur guerre commerciale à coups de tarifs douaniers punitifs réciproques. Les frictions avaient mis à mal l'économie chinoise et avaient porté un coup sévère aux agriculteurs américains. La signature d'un accord devait dynamiser au contraire les économies des deux géants. Mais la pandémie de Covid-19 a ensuite ravagé l'économie américaine, la faisant tomber en récession. Près de 46 millions de personnes se sont retrouvées au chômage depuis mi-mars.

Pompeo s’en prend à Bolton

Le durcissement de ton de Donald Trump envers la Chine intervient alors que son ex-conseiller à la sécurité nationale, John Bolton, l’accuse d’avoir cherché l’aide de Pékin pour gagner sa réélection en novembre, selon des extraits explosifs d’un livre à paraître mardi prochain. Mike Pompeo a dénoncé jeudi les «mensonges» de John Bolton.

«Il est à la fois triste et dangereux que le dernier rôle public de John Bolton soit celui d’un traître qui abîme l’Amérique en violant la confiance sacrée qui l’unit à son peuple», a-t-il affirmé dans un communiqué. Il ne dément toutefois pas spécifiquement un passage du livre selon lequel il aurait lui-même dit une fois en 2018, à celui qui était alors conseiller à la sécurité nationale du président, que Donald Trump ne racontait «que des conneries».

«Je n’ai pas lu le livre, mais selon les extraits publiés, John Bolton répand de nombreux mensonges, qu’il s’agisse de demi-vérités bien enrobées ou carrément de contre-vérités», a estimé le secrétaire d’État. «À nos amis à travers le monde: vous savez que l’Amérique du président Trump est une force positive pour le monde», a-t-il conclu dans ce bref communiqué intitulé «J’étais aussi dans la pièce», en référence au titre du livre de John Bolton à paraître mardi, «The Room Where It Happened» (La pièce où cela s’est passé).

Une haute responsable gouvernementale noire démissionne

Mary Elizabeth Taylor, secrétaire adjointe aux affaires législatives au Département d'État, a démissionné jeudi, en geste de protestation contre la réponse présidentielle au mouvement antiraciste sans précédent qui a secoué le pays depuis la mort de George Floyd, selon des médias américains. Sa démission semble être la première d'une haute responsable administrative liée aux tensions raciales et aux manifestations qui agitent les États-Unis depuis la mort de George Floyd, un Afro-américain de 46 ans, asphyxié par un policier blanc lors de son arrestation fin mai à Minneapolis. Depuis cette interpellation mortelle, Donald Trump a été très critiqué.

(ats)

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