Actualisé 05.12.2019 à 12:54

États-UnisTrump serait «orange» à cause d’un produit suisse

Dans une enquête sur l’emploi de travailleurs illégaux de la Trump Organization, des aspects plus personnels du président sont dévoilés.

par
lematin.ch
Le «Washington Post» croit savoir pourquoi le président Trump a le teint orangé.

Le «Washington Post» croit savoir pourquoi le président Trump a le teint orangé.

Keystone

Il y a un an, deux anciennes employées de la Trump Organization décidaient de témoigner dans le «New York Times». Leur but? Dénoncer une hypocrisie. Alors que le président américain a fait de la lutte contre l’immigration illégale une de ses priorités, son entreprise utilisait des immigrés qu’elle savait dans l’illégalité.

La Trump Organization employant plus de 20 000 personnes, Donald Trump lui-même était-il au courant? Le quotidien n’avait pas pu le prouver. Mais ces deux femmes affirmaient que leurs superviseurs savaient. Et le quotidien suggérait que le président ne pouvait pas ne pas le savoir.

48 témoignages

Que s’est-il passé depuis un an? C’est cette fois le «Washington Post» qui publie une longue enquête sur le même thème. Elle est basée, souligne le journal, sur le témoignage de 48 personnes qui ont travaillé en toute illégalité dans onze des propriétés de la Trump Organization, en Floride, à New York, en Virginie ou dans le New Jersey.

L’enquête du «Washington Post» tend à démontrer que l’entreprise du président – qu’il ne dirige désormais plus – a longtemps et massivement employé en toute connaissance de cause des personnes venues illégalement sur le sol américain: femmes de ménage, cuisiniers, paysagistes, serveurs, caddies. Dont beaucoup venant de pays hispaniques, ceux-là mêmes que Trump a taxés de «criminels» ou de «voleurs d’emplois».

Petits secrets ou obsessions

L’article montre aussi que depuis les témoignages parus l’an dernier, la Trump Organization a effectué un certain «ménage» dans ses rangs, avec des licenciements ou des non-renouvellement de contrats d’employés illégaux.

Pour son enquête, le «Washington Post» a parlé à des dizaines de personnes qui ont connu Donald Trump en tant que patron et l’ont parfois côtoyé de près. Le quotidien a donc décidé de révéler aussi les petits secrets ou obsessions du locataire de la Maison-Blanche.

Généreux et maniaque

On y apprend ainsi que Trump adore les Tic-Tac. Qu’il pouvait se montrer généreux avec ses employés, leur glissant à l’occasion un pourboire de 50 ou 100 dollars. Ou qu’il serait maniaque et intransigeant sur la propreté de ses clubs, «faisant glisser un doigt le long d’un cadre photo pour détecter la poussière; observant l’éclat d’un lustre en cristal.»

Dans le lot, le grand quotidien américain se penche sur une singularité qui intrigue la planète depuis qu’il est président: son teint décrit comme orange ou orangé. Il cite Sandra Diaz, qui a longtemps travaillé comme femme de ménage dans la villa familiale de Trump située dans son terrain de golf de Bedminster, dans le New Jersey. C’est une des deux femmes qui avait déjà témoigné l’an dernier dans le «New York Times».

Un produit suisse

Selon elle, parmi les «fastidieuses instructions» laissées par Donald Trump, elle devait, avant son arrivée, vérifier son fond de teint. «Elle maculait une noisette de maquillage destiné au visage de Trump sur le dos de sa main pour s’assurer qu’il n’avait pas séché», écrit le «Washington Post».

Puis, est-il détaillé: «Il voulait, en tout temps, dans le bureau de sa chambre à coucher, deux boîtes pleines de Tic-Tac blancs et une à moitié pleine. La même règle s’appliquait à son fond de teint pour le visage de la marque suisse Bronx Colors – deux flacons pleins, un à moitié plein – même si cela signifiait que les femmes de ménage devaient apporter régulièrement des chemises neuves en raison de taches couleur rouille sur les cols.»

Trump devrait donc son teint orangé à un produit suisse? Basée à Huenenberg, dans le canton de Zoug, la marque Bronx Colors est en tout cas bel et bien suisse. Mais il ne faudra pas espérer une confirmation de la Maison-Blanche.

«Foutaise de tabloïds»

Le «Washington Post» explique avoir envoyé une série de questions aux équipes du président américain. Des questions sur le fond: l’emploi de résidents illégaux. Comme sur les anecdotes plus personnelles, dont son fond de teint.

Les premières questions sont restées sans réponses. Et sur les secondes, le retour, envoyé par écrit par la responsable presse Stephanie Grisham, a été cinglant: «Les affirmations montées pour cette histoire ne sont pas seulement fausses, elles constituent une tentative dégoûtante d’envahir la vie privée de la famille Trump. Ce n’est pas du journalisme, c’est de la foutaise de tabloïds.»

Le «Washington Post» ne se démonte pas et glisse que Stephanie Grisham n’a pas spécifié lesquels des détails étaient inexacts…

Le secret du teint de Trump serait dans ces flacons.

Renaud Michiels

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