Etats-Unis: «Trump va avoir du mal à gérer ces divisions»

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Etats-Unis«Trump va avoir du mal à gérer ces divisions»

Les tensions entre républicains se sont révélées au grand jour, lors du vote sur le projet de réforme du système de santé.

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Les démocrates américains ont franchi un cap dans leurs enquêtes visant le président Donald Trump, en les faisant rentrer officiellement dans le cadre d'une procédure de destitution. (Jeudi 12 septembre 2019)

Les démocrates américains ont franchi un cap dans leurs enquêtes visant le président Donald Trump, en les faisant rentrer officiellement dans le cadre d'une procédure de destitution. (Jeudi 12 septembre 2019)

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La démocrate Ilhan Omar a déclaré aux journalistes que Donald Trump était «fasciste». (Jeudi 18 juillet 2019)

La démocrate Ilhan Omar a déclaré aux journalistes que Donald Trump était «fasciste». (Jeudi 18 juillet 2019)

Keystone
La Chine a annoncé, en pleine escalade de la guerre commerciale avec Washington, avoir infligé une amende anti-monopole de 23,3 millions francs à une co-entreprise du constructeur automobile américain Ford. (Mercredi 5 juin 2019)

La Chine a annoncé, en pleine escalade de la guerre commerciale avec Washington, avoir infligé une amende anti-monopole de 23,3 millions francs à une co-entreprise du constructeur automobile américain Ford. (Mercredi 5 juin 2019)

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Les divisions idéologiques et stratégiques du parti républicain sont remontées à la surface cette semaine au congrès américain. Non seulement elles ont coulé un projet de réforme du système de santé, mais elles fragilisent aussi le début de la présidence de Donald Trump.

«Le parti républicain a beaucoup de lignes de fracture, qui partent dans de multiples directions. Chacune peut provoquer un séisme», explique à l'AFP John Pitney, professeur de politique américaine à l'université Claremont McKenna College.

Donald «Trump va avoir du mal à gérer ces divisions, car il ne les comprend pas. Il faut qu'il comprenne mieux le congrès et les politiques publiques», prévient le chercheur, qui doute qu'il y parvienne.

Pour la première fois depuis 2006, quand sous la présidence de George W. Bush, ils ont perdu la majorité au congrès, les républicains ont repris en 2017, toutes les rênes du pouvoir américain.

Une guerre entre républicains

Depuis six ans, sous la présidence du démocrate Barack Obama, les républicains contrôlaient le congrès, mais ils se heurtaient au veto présidentiel. L'alternance inespérée de novembre dernier à la Maison-Blanche représentait une occasion historique d'appliquer toutes les réformes conservatrices qu'ils préparent depuis des années.

«Autrefois, nous n'avions aucune chance de voir promulguées les choses que nous soutenions», soulignait cette semaine Mitch McConnell, homme fort du Sénat. «Et maintenant nous sommes dans une véritable situation de gouverner».

Mais l'échec de l'abrogation d'«Obamacare», vendredi, en raison de la défection de républicains modérés et d'ultraconservateurs, a rappelé la guerre civile qui a dévoré le parti ces dernières années - à une époque où M. Trump n'était pas encore pleinement impliqué en politique.

En 2010, un groupe d'élus républicains relativement novices ont gagné des sièges à la chambre des représentants: le Tea Party était lancé. Focalisés sur l'austérité budgétaire et la réduction du rôle de l'Etat fédéral, ils ont rapidement pris en otage la majorité républicaine, refusant le moindre compromis avec Barack Obama.

«Freedom Caucus»

Ont alors suivi plusieurs crises, sur le plafond de la dette et le budget, allant jusqu'à provoquer une fermeture de l'administration fédérale en octobre 2013, et le renversement du «speaker» de la chambre en 2015.

A l'approche des élections de 2016, un semblant d'accalmie a été observé. Mais la victoire de Donald Trump, candidat antisystème, fut un revers pour l'establishment. Le nouveau président a, certes, conclu un pacte avec les dirigeants du parti, dont M. McConnell et Paul Ryan, le président de la chambre, leur confiant de facto le projet législatif de 2017. Mais le milliardaire a parallèlement rasséréné les ultraconservateurs, qui se retrouvent depuis 2015 au sein du «Freedom Caucus».

Ses membres (une grosse trentaine à la chambre, sur 237 républicains) se réclament du milliardaire et ont négocié directement avec lui toute la semaine, au risque de saper l'autorité de Paul Ryan.

Pureté idéologique

«Depuis trois mois, nous essayons d'être un parti de gouvernement, où il nous faut vraiment mettre d'accord 216 personnes», a expliqué le speaker vendredi. «Nous y arriverons, mais nous n'y sommes pas encore», a-t-il dit, admettant que «c'est une crise de croissance».

La leçon de l'épisode santé est que le bloc des ultraconservateurs, le Freedom Caucus, continue à privilégier la pureté idéologique à la discipline de groupe.

Comment ces parlementaires se comporteront-ils quand Donald Trump leur demandera de financer le budget, avant la fin avril, de relever le plafond de la dette à l'automne, ou de voter pour son grand plan d'investissement dans les infrastructures? Approuveront-ils la réforme fiscale préparée par Paul Ryan, ou exigeront-ils des concessions supplémentaires?

«Je ne crois pas que ce soit un prologue à d'autres choses, car nos membres savent que nous avons plus de points d'entente sur d'autres parties de notre projet», a voulu rassurer Paul Ryan. «C'est complètement différent», a abondé l'un des rebelles, Mo Brooks. «Ne jamais dire jamais, la démocratie, c'est compliqué, mais cela finit par marcher», dit un élu texan, Joe Barton.

«Ces trucs-là sont vraiment compliqués»

La prochaine réforme engagée devra donc impérativement réussir, affirme à l'AFP Larry Sabato, directeur du centre politique de l'université de Virginie. «Ce n'est pas la fin de tout, mais c'est le début de la mise à l'épreuve de Donald Trump», estime-t-il.

«Comme il a eu lui-même la révélation, il y a quelques semaines, ces trucs-là sont vraiment compliqués», ironise le politologue.

(ats)

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