Grèce: Tsipras veut activer le nouveau plan de sauvetage
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GrèceTsipras veut activer le nouveau plan de sauvetage

Lors du premier conseil des ministres de son deuxième mandat, le premier ministre grec a exprimé sa volonté d'appliquer «rapidement» ce qui a été convenu avec les créanciers.

Non sans mal, Alexis Tsipras a signé le 13 juillet un accord avec les créanciers portant sur un nouveau prêt de 86 milliards d'euros sur trois ans.

Non sans mal, Alexis Tsipras a signé le 13 juillet un accord avec les créanciers portant sur un nouveau prêt de 86 milliards d'euros sur trois ans.

AFP

La Grèce doit «rapidement» appliquer ce qui a été convenu avec les créanciers, UE et FMI, dans l'accord sur le troisième plan de sauvetage financier du pays, a déclaré Alexis Tsipras. Le Premier ministre grec s'est exprimé vendredi lors du premier conseil des ministres de son deuxième mandat.

Il faut rapidement appliquer ce que nous avons convenu avec les créanciers afin d'achever la première évaluation du programme (par ces derniers, ndlr) et commencer à discuter de la réduction de la dette», a affirmé M. Tsipras. Il faut «restructurer la dette pour qu'elle devienne soutenable» et pour rétablir «la compétitivité de l'économie».

l'enjeu du plan de sauvetage

L'autre priorité du gouvernement est «la recapitalisation des banques pour assurer les liquidités», a dit Alexis Tsipras. Le Premier ministre a formé un gouvernement de coalition mardi, avec le parti souverainiste des Grecs Indépendants Anel, après avoir remporté les élections législatives dimanche dernier.

Non sans mal, Alexis Tsipras a signé le 13 juillet un accord avec les créanciers portant sur un nouveau prêt de 86 milliards d'euros sur trois ans. Celui-ci s'accompagne de la poursuite de l'austérité en Grèce et de l'augmentation des taxes.

«La condition pour réussir le programme est de garantir la cohésion sociale», a indiqué Alexis Tsipras. Il a souligné qu'il «ne fallait pas retourner à l'impasse des recettes néolibérales extrêmes». Il s'est engagé «à faire face au chômage qui est à des niveaux insupportables pour l'Europe», avec un taux qui s'établissait en juin à 25,2%.

Nouvelles coupes

Pour obtenir le déblocage des prêts européens, le chef du gouvernement grec va devoir d'ici à fin octobre faire adopter un rectificatif au budget 2015 comprenant de nouvelles coupes dans les retraites, une réforme de l'impôt sur le revenu et un durcissement de la fiscalité pesant sur les agriculteurs.

Reconnaissant les «difficultés» qu'entraînera la mise en œuvre du plan, le Premier ministre s'est engagé à essayer de «trouver l'antidote pertinent aux répercussions négatives sur les bas revenus».

Pique contre Varoufakis

La reconduction d'Euclide Tsakalotos au ministère des Finances où il sera épaulé par le ministre adjoint Georges Chouliarakis est le premier signe envoyé par Alexis Tsipras à ses partenaires européens.

«Il est crucial de ne pas perdre un millimètre du terrain que nous avons gagné en signant l'accord», a encore indiqué vendredi Alexis Tsipras, incitant ses ministres à «ne pas perdre du temps» et à éviter la surexposition médiatique. «Je vous appelle à immédiatement arrêter vos apparitions constantes à la TV, je vous ai choisis pour régler des problèmes et pas pour encadrer les émissions télévisées».

Identité européenne en jeu

Autre défi pour le gouvernement Tsipras: «la gestion de la crise des réfugiés» dans un pays ayant enregistré l'arrivée par la mer depuis janvier de plus de 330'000 d'entre eux. La Grèce s'est engagée auprès de ses partenaires de l'UE à mettre en place des centres d'accueil, de sélection et d'enregistrement des migrants, dont trois doivent bientôt ouvrir sur les îles de la mer d'Egée orientale concentrant les arrivées en provenance de la Turquie voisine.

Le Premier ministre a critiqué le comportement de certains pays membres comme la Hongrie. «L'identité de l'Europe est en jeu», a-t-il dit, s'élevant contre «la logique consistant à transformer les frontières européennes en des champs de bataille et nos mers en des tombes marines».

(ats)

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