Libre échangeTTIP: les Etats-Unis et l'UE reprennent leurs discussions
Les deux parties estiment toutefois peu probable la conclusion d'un accord avant la fin de l'année.

L'Allemagne et son opinion publique sont très hostiles aux négociations TTIP qui pourraient créer la plus grande zone de libre-échange du monde.
Les Etats-Unis et l'Union européenne (UE) ont repris lundi leurs pourparlers pour tenter de sceller un accord commercial avant la fin de l'année. Et cela en dépit d'une opposition croissante et du choc lié au vote britannique pour quitter l'UE.
Les négociateurs se sont retrouvés à Bruxelles pour un 14e round de discussions sur la proposition d'accord de commerce et d'investissement Etats-UE, dit TTIP ou Tafta. Cette convention créerait la plus grande zone de libre-échange du monde. Les négociations doivent durer jusqu'à vendredi.
Ces pourparlers se poursuivent malgré l'opposition de poids lourds de l'union, comme l'Allemagne et la France. Sans oublier la mobilisation citoyenne anti-Tafta.
Les représentants des deux parties ont publiquement fait part de leur volonté de clore les négociations avant la fin de l'administration Obama. Mais en coulisses, les diplomates doutent de plus en plus de cette éventualité, convaincus que les négociations devront être suspendues au moins jusqu'après les élections en France et en Allemagne l'année prochaine.
«Je pense qu'un accord en 2016 est impossible. Et tout le monde le sait bien, y compris ceux qui à longueur de communiqués disent le contraire», a affirmé la semaine dernière le secrétaire d'Etat français au commerce extérieur, Matthias Fekl.
Paris est frustré en particulier par le manque de progrès accomplis dans des dossiers-clés comme l'agriculture et l'accès aux marchés publics américains pour les entreprises européennes.
Organisations remontées
Impopulaire, le Tafta est la cible, depuis le début des négociations en 2013, des associations écologistes et antimondialisation. Ces organisations l'accusent de laisser la part belle aux multinationales en leur permettant de contourner les réglementations.
A Bruxelles, entre 50 et 100 militants anti-Tafta, membres d'un collectif de défense de la nature, ont tenté - costumés en animaux - d'accéder à des bâtiments européens où se tiennent les négociations. Ils ont été repoussés par le service de la sécurité, selon l'agence de presse belge, Belga.
La commissaire européenne au commerce, Cecilia Malmström, a répété, la semaine dernière, que ses équipes travaillaient toujours à la conclusion d'un accord d'ici la fin 2016. Lors d'une visite à Washington, Mme Malmström a aussi fait savoir que les pourparlers survivront au vote sur le Brexit, même si le Royaume-Uni est le principal partisan de cet accord de libre-échange.