FRANCE: Tuerie de Chevaline: la «piste suisse» est le dernier espoir
Actualisé

FRANCETuerie de Chevaline: la «piste suisse» est le dernier espoir

Toujours aussi mystérieux, le quadruple meurtre de Chevaline s'est déroulé il y a six ans. La justice espère toujours mettre la main sur l’arme suisse du tueur.

par
Renaud Michiels
Quelques fleurs en hommage aux victimes, déposées sur la scène de crime de Chevaline en septembre 2012.

Quelques fleurs en hommage aux victimes, déposées sur la scène de crime de Chevaline en septembre 2012.

AP/Laurent Cipriani

Six ans après l’effroyable tuerie de Chevaline, en Haute-Savoie, l’espoir de percer le mystère semble bien maigre. Qui, le 5 septembre 2012, a criblé de balles le couple Saad et Iqbal Al-Hilli, Suhaila al-Hallaf, mère d’Iqbal, ainsi que le cycliste Sylvain Mollier? Et pourquoi? Il n’existe actuellement pas l’ombre d’une réponse à ces questions.

Depuis un an, l’enquête n’a pas progressé d’un pouce, admet la procureure de la République d’Annecy Vé­ro­nique De­ni­zot sur «20minutes.fr». «L’année écoulée a notamment été employée à vérifier, à chaque fois qu’elles se présentaient à nous, des hypothèses nouvelles qui ont toutes malheureusement été clôturées. Donc on n’a pas progressé mais on n’a pas rien fait pendant une année entière», lâche-t-elle. Le seul espoir d’avancement résiderait désormais dans «la piste suisse».

Enfin une avancée significative?

La magistrate espère en effet toujours que l’arme du crime soit un jour retrouvée. Il s’agit d’un pistolet Luger P06 suisse. «Cela ne permettra pas forcément d’élucider le crime, mais on connaîtra enfin une avancée significative dans ce dossier», explique Vé­ro­nique De­ni­zot.

Rappelons que la France avait adressé aux autorités suisses une demande d’entraide internationale. «On sait qu’il s’agit d’une arme suisse, confiée aux citoyens de ce pays lorsqu’ils effectuaient leurs obligations militaires. C’est a priori une arme de collectionneur, elle pourrait être toujours gardée par quelqu’un, être utilisée», détaille la magistrate.

Des services suisses jugés «peu zélés»

«Jus­qu’ici peu zélés, les ser­vices suisses ont ré­ac­tivé les liens avec les en­quê­teurs fran­çais au début de l’été, lais­sant es­pé­rer des avan­cées sur la piste de l’arme», affirme de son côté Le Dauphiné. Avant d’estimer que l’espoir est cependant désormais «faible».

Zai­nab et Zeena, les fillettes du couple al-Hilli, étaient présentes lors de la tragédie. La première avait été retrouvée dans la voiture familiale, cachée sous la jupe de sa mère décédée. La seconde avait été sauvagement frappée par l’agresseur, qui l’avait laissée pour morte. Mais elle s’était rétablie après un coma et plusieurs opérations.

Pas de réponses pour les orphelines

Les deux orphelines, aujourd'hui 10 et 13 ans, vivent désormais chez une tante, en Grande-Bretagne, dans un lieu tenu secret. Connaîtront-elles un jour la vérité? «Au­jour­d’hui, on est en at­tente d’élé­ments nou­veaux, d’un coup de chance ou du des­tin, qui pour­raient faire avan­cer les in­ves­ti­ga­tions», commente Vé­ro­nique De­ni­zot dans Le Dauphiné.

La magistrate a succédé au procureur Eric Maillaud en 2016 et a hérité de ce dossier aussi énigmatique que gigantesque: 75 tomes, plus de 10 000 pièces de procédures. À ce jour, admet-elle encore dans 20minutes.fr, «Chevaline est un crime sans mobile. À qui profite-t-il? À personne. Ça le rend extrêmement difficile à élucider.»

Votre opinion