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Etats-UnisTuerie du cinéma d'Aurora: ouverture du procès

Le procès de James Holmes, auteur présumé de la tuerie du cinéma d'Aurora dans laquelle 12 personnes ont perdu la vie en juillet 2012, va démarrer mardi dans le Colorado, dans l'ouest des Etats-Unis.

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L'ex-étudiant de 27 ans risque la peine de mort. Outre les douze morts, l'homme - atteint de troubles psychologiques - est également poursuivi pour avoir blessé 70 personnes lors du massacre dans le cinéma. (27 avril 2015)

L'ex-étudiant de 27 ans risque la peine de mort. Outre les douze morts, l'homme - atteint de troubles psychologiques - est également poursuivi pour avoir blessé 70 personnes lors du massacre dans le cinéma. (27 avril 2015)

Keystone
James Holme a décidé de plaider la démence lors de son procès. (Mardi 4 juin 2013)

James Holme a décidé de plaider la démence lors de son procès. (Mardi 4 juin 2013)

Reuters
Lundi, le principal suspect de la fusillade s'est présenté au tribunal avec les cheveux orange.

Lundi, le principal suspect de la fusillade s'est présenté au tribunal avec les cheveux orange.

Keystone

L'homme, âgé de 27 ans, encourt la peine de mort.

James Holmes, qui était étudiant en neurosciences à l'école médicale de l'université du Colorado avant la tuerie, fait face à un total de 166 chefs d'accusation notamment meurtre aggravé, tentative de meurtre et possession d'explosifs. En plus des 12 victimes, 70 personnes avaient été blessées au cours du massacre du 20 juillet 2012.

Les témoins affirment que James Holmes, âgé de 27 ans et né en Californie, avait lancé une grenade fumigène avant d'ouvrir le feu au hasard à l'intérieur du cinéma Century, avec des armes comprenant un fusil d'assaut AR-15, un fusil de chasse calibre 12 et un pistolet calibre 40.

Son deux-pièces avait été retrouvé piégé avec tout un éventail d'explosifs artisanaux, que la police a dû désactiver avant de pouvoir y pénétrer.

Cheveux orange

Au cours des audiences préliminaires, les procureurs ont estimé que James Holmes avait eu en sa possession suffisamment de munitions pour tuer tous les spectateurs dans cette salle de cinéma où était projeté «The Dark Knight Rises», l'un des volets de la trilogie sur Batman du réalisateur Christopher Nolan. L'accusé avait stupéfié les observateurs en apparaissant au tribunal avec une tignasse, évoquant le personnage maléfique du Joker dans le film.

Lors d'audiences ultérieures, il avait troqué sa chevelure orange contre des cheveux bruns et une barbe fournie. Les procureurs ont requis la peine capitale à l'encontre de James Holmes qui plaide l'irresponsabilité pénale pour trouble mental.

Il a fait l'objet de deux expertises psychiatriques depuis son arrestation et des experts en psychiatrie devraient témoigner au procès.

Les jurés devront déterminer si James Holmes était en possession de ses facultés mentales au moment du massacre ou si son discernement était altéré par une démence.

Procès scruté

Ce dossier est scruté de près aux Etats-Unis, car c'est l'un des rares meurtres de masse commis par un individu sur des gens qu'il ne connaissait pas à parvenir jusqu'aux tribunaux. La plupart du temps, dans ce type de massacres, les tueurs se suicident ou sont abattus par les forces de l'ordre.

Le cas du psychiatre de l'armée américaine, le major Nidal Malik Hasan, qui a tué 13 personnes et en a blessé 30 autres à Fort Hood, au Texas (sud) le 5 novembre 2009, fait également exception à la règle. Une cour martiale l'a condamné à la peine capitale en août 2013 et il demeure dans le couloir de la mort.

Les parents de James Holmes ont écrit en décembre une lettre ouverte dans le quotidien «Denver Post», affirmant que leur fils n'avait jamais fait de mal à quiconque avant Aurora.

«Ce n'est pas un monstre. C'est un être humain qui souffre d'une grave maladie mentale», ont-ils assuré dans leur première prise de parole depuis le drame.

Mort ou incarcéré

S'il était jugé non coupable pour aliénation mentale, l'accusé échapperait à la peine de mort, mais serait incarcéré dans un hôpital psychiatrique du Colorado.

Pour être libéré, il faudrait qu'il soit déclaré sain d'esprit, ne représentant plus un danger pour autrui ou lui-même, ce que les experts jugent peu probable.

Les déclarations préliminaires de l'accusation et de la défense ne devraient pas démarrer avant au moins trois mois, même si le procès démarre officiellement mardi avec la sélection des 24 jurés. Le procès devrait durer de longs mois.

(ats)

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