Actualisé 20.04.2017 à 05:21

PologneTusk dénonce une convocation politique

Le président du Conseil européen était convoqué mercredi devant le parquet de Varsovie.

Donald Tusk, à la gare centrale de Varsovie, le mercredi 19 avril 2017.

Le président du Conseil européen Donald Tusk a dénoncé mercredi le «caractère éminemment politique» de sa convocation par le parquet de Varsovie. L'instance l'a entendu pendant huit heures comme témoin dans une enquête visant deux anciens chefs du contre-espionnage militaire.

Son interrogatoire s'est fait à huis clos. Tout en refusant de dévoiler les détails de sa déposition, l'ancien premier ministre polonais a souligné, en quittant le siège du parquet, avoir comparu «surtout par respect pour l'Etat polonais».

Le président du Conseil européen a également indiqué avoir informé le procureur qu'en vertu de la loi européenne, il bénéficiait d'une immunité complète. Il a averti qu'il utiliserait cette immunité s'il considérait que l'enquête est utilisée pour «l'empêcher ou lui interdire» d'exercer ses fonctions.

«J'espère que l'on n'en arrivera pas là, mais si cela se produit, je n'hésiterai pas» à utiliser l'immunité, a souligné l'ancien premier ministre libéral.

Rival de Kaczynski

Donald Tusk, rival de toujours du président du parti nationaliste Droit et Justice (PiS) au pouvoir, Jaroslaw Kaczynski, avait déjà été convoqué dans cette affaire à la mi-mars, mais n'a pu se rendre à Varsovie en raison d'obligations au Parlement européen. La convocation est arrivée quelques jours après sa réélection au poste du président du conseil européen, obtenue par 27 voix pour et une contre, celle du gouvernement conservateur de son pays.

Dans la matinée, plusieurs centaines de ses partisans et adversaires lui ont offert un accueil mouvementé lors de son arrivée par le train à la gare centrale de Varsovie. L'enquête qui a justifié sa convocation vise deux ex-patrons du contre-espionnage militaire. Ils sont accusés d'avoir «outrepassé leurs compétences en engageant une collaboration avec un service d'un Etat étranger sans avoir l'accord du président du conseil des ministres comme l'exige la loi» sur les services de renseignements. Donald Tusk était à l'époque premier ministre.

Selon des médias conservateurs, il s'agit d'un accord conclu avec le FSB russe, héritier du KGB, et allant à l'encontre des intérêts de la Pologne. Des médias proches de l'opposition ont offert une autre explication: l'accord devait assurer le retour dans de bonnes conditions des forces polonaises d'Afghanistan, qui devaient traverser la Russie.

(ats)

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