29.12.2013 à 10:13

CatastropheTyphon «Haiyan»: l'aide entravée par les rivalités politiques

Un mois et demi après le passage du typhon «Haiyan» aux Philippines, les rivalités partisanes entre le clan du président Benigno Aquino et celui de la veuve de l'ex-dictateur Ferdinand Marcos entravent la distribution de l'aide.

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Un an après le passage du typhon, les survivants se recueillent sur les tombes des défunts. (8 novembre 2014)

Un an après le passage du typhon, les survivants se recueillent sur les tombes des défunts. (8 novembre 2014)

Reuters
La situation humanitaire reste catastrophique aux Philippines a affirmé vendredi l'ONU. (29 novembre 2013)

La situation humanitaire reste catastrophique aux Philippines a affirmé vendredi l'ONU. (29 novembre 2013)

Keystone
Un survivant du typhon déplace les débris (27 novembre).

Un survivant du typhon déplace les débris (27 novembre).

Keystone

La reconstruction et l'aide sont plombées aux Philippines par les rivalités politiques. Le cyclone «Haiyan» a fait plus de 6100 morts et dévasté des milliers d'habitations.

Ces derniers jours, le président Benigno Aquino a dû se défendre contre les accusations du maire de Tacloban, la ville la plus touchée par la catastrophe, selon lequel des considérations politiques auraient retardé la réaction initiale des autorités.

Le ministre de l'Intérieur, Mar Roxas, a jugé sans fondement les déclarations du maire, Alfred Romualdez, qui est un neveu de l'ex-première dame Imelda Marcos. La présidence des Philippines assure que l'aide a été acheminée en fonction des besoins.

Plan de reconstruction

Mais avant même le passage du typhon, Benigno Aquino avait déjà dû faire face à un scandale impliquant des parlementaires, dont certains de ses alliés, accusés d'avoir détourné des fonds destinés à des projets locaux du gouvernement. Le chef de l'Etat s'est déclaré lui-même indigné par ces malversations, mais l'affaire a fait douter de son engagement à lutter contre la corruption.

Selon des spécialistes, le lancement par l'administration d'un portail en ligne pour fournir des informations sur l'utilisation des dons n'a pas levé toutes les interrogations.

«Le plus grand défi politique (d'Aquino) sera la manière dont son gouvernement mettra en oeuvre le plan de reconstruction et emploiera l'aide des pays étrangers et des organisations internationales», estime Richard Jacobson, expert en sécurité au cabinet Pacific Strategies and Assessments.

Divisions politiques profondes

Les habitants des régions sinistrées reçoivent l'aide par deux canaux principaux: la municipalité, qui redistribue l'aide contrôlée par le gouvernement central, et les associations caritatives.

Certaines ONG disent avoir collaboré avec les représentants du pouvoir politique, mais comme lors de précédentes catastrophes, la plupart ont passé outre l'échelon de la municipalité ou du barangay, la plus petite unité administrative du pays, pour être sûres que l'aide parvienne bien à ceux qui en ont le plus besoin.

«Les divisions politiques sont profondes dans le pays», déclare un cadre d'une grande organisation humanitaire, qui préfère rester anonyme pour ne pas compliquer la tâche de son agence. «Si vous donnez à un maire ou un capitaine de barangay, il y aura toujours une répartition partisane. Certaines personnes seront servies avant d'autres.»

Des cas de survie

A Guindapunan, un barangay de la ville de Palo, dans l'est de l'île de Leyte où un millier de personnes ont péri le 8 novembre, Nena Obrero et sa famille ont dû survivre pendant trois semaines sans aide gouvernementale, s'en remettant aux églises et aux ONG.

Selon elle, cette situation est due à la rivalité entre la maire de Palo, Remedios Petilla, mère du gouverneur provincial et d'un ministre du gouvernement, et la «capitaine» de barangay, Annalisa Yu, alliée à deux neveux d'Imelda Marcos. «Elles se querellent depuis toujours», résume cette femme de 49 ans. «Et on est coincé au milieu.»

(ats)

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