Angleterre: Uber à Londres: c'est terminé
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AngleterreUber à Londres: c'est terminé

La compagnie de voitures avec chauffeurs ne pourra plus opérer dans les rues londoniennes. Sa licence ne sera pas renouvelée.

En 2014, les taxis londoniens manifestaient contre Uber près de Westminster.

En 2014, les taxis londoniens manifestaient contre Uber près de Westminster.

Keystone

L'autorité des transports à Londres (Transport for London, TfL) a retiré vendredi sa licence à Uber, qui compte plus de 40'000 chauffeurs dans la capitale britannique. La compagnie américaine a annoncé qu'elle allait faire appel de cette décision.

Le spécialiste américain des véhicules de transport avec chauffeur (VTC) n'aura plus le droit d'exercer à Londres à partir du 30 septembre. Il dispose de 21 jours pour faire appel.

«TfL considère que l'approche et l'attitude d'Uber démontrent un manque de responsabilité de l'entreprise en ce qui concerne un certain nombre d'aspects ayant de possibles implications en termes de sécurité publique», a déclaré l'autorité.

TfL reproche notamment à Uber son manque de réactivité dans la dénonciation de crimes dont ses chauffeurs seraient témoins et ses failles dans le contrôle du casier judiciaire de ses conducteurs. L'autorité reproche aussi à Uber d'utiliser un logiciel permettant aux chauffeurs d'éviter de se faire repérer par les autorités dans les zones où ils n'ont pas le droit d'opérer.

Uber est critiqué à Londres par les syndicats, des parlementaires et les conducteurs de taxis traditionnels pour les conditions de travail de ses chauffeurs.

Réaction cinglante

«Nous allons immédiatement faire appel» de cette décision, a précisé la compagnie. Cet appel lui permet de continuer à opérer jusqu'à ce que la justice statue sur cet appel.

«Les 3,5 millions de Londoniens utilisant notre application et les plus de 40'000 conducteurs agréés qui dépendent d'Uber pour vivre vont être estomaqués par cette décision» a fustigé le chef de la compagnie à Londres, Tom Elvidge, dans un communiqué cinglant.

«En voulant interdire notre application dans la capitale, Transport for London et le maire ont cédé aux appels d'un petit nombre de personnes qui veulent limiter le choix des clients. Si cette décision est maintenue, plus de 40'000 conducteurs seront au chômage et les Londoniens seront privés d'un moyen de transport pratique et abordable», a dénoncé le patron londonien du géant basé à San Francisco en Californie.

Sur la sellette

Le maire de Londres, Sadiq Khan, a pour sa part dit son «soutien total» à la décision de TfL. «Ce serait une erreur de la part de TfL de continuer de fournir une licence à Uber si elle pose une quelconque menace à la sûreté et à la sécurité des Londoniens».

«Tous les exploitants de voitures avec chauffeurs à Londres doivent respecter les règles», a ajouté le maire dans un communiqué distinct.

Cette décision retentissante de TfL constitue un problème de plus pour Uber, confronté déjà à de nombreux défis. Le groupe vient de se doter d'un nouveau PDG, l'ex-patron d'Expedia, Dara Khosrowshahi, après le départ de son ancien patron-fondateur Travis Kalanick.

M. Kalanick était sur la sellette depuis des accusations de harcèlement dans le groupe par une ex-ingénieure cet hiver. Il est accusé d'avoir lui-même entretenu une culture d'entreprise sexiste et brutale.

Plus grosse start-up non cotée du monde

Le groupe, qui a encore perdu plus de 600 millions de dollars (575,7 millions de francs) au deuxième trimestre, doit affronter de surcroît plusieurs enquêtes judiciaires sur des soupçons de corruption de responsables étrangers.

Le groupe s'est en outre mis à dos les taxis qui voient en lui leur mort programmée, les régulateurs de nombreux pays qui cherchent à lui faire barrage et même ses propres chauffeurs, qui réclament de meilleures rémunérations ou un statut plus protecteur.

Etablie sur la base des levées de fonds auprès des investisseurs, la valorisation d'Uber est d'environ 70 milliards de dollars, soit la plus grosse start-up non cotée du monde.

(ats)

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