Actualisé 31.01.2013 à 09:30

Economie suisseUBS prévoit une croissance proche de 1% pour 2013

Les analystes d'UBS estiment par ailleurs qu'en matière d'évolution des taux de change, la récente revalorisation de l'euro par rapport au franc, l'euro va se stabiliser entre 1,25 et 1,30 franc.

ARCHIVES, Keystone

UBS s'attend à une croissance économique d'environ 1% pour la Suisse en 2013. Le renchérissement devrait rester faible cette année (0,2%) mais le potentiel d'inflation à partir de 2014 reste important, notent les experts de la grande banque.

«L'inquiétude des consommateurs et des entreprises reste élevée - l'économie mondiale devrait donc continuer à avancer avec le frein à main levé, mais tenir du moins le cap», observe Daniel Kalt, économiste en chef pour la Suisse d'UBS dans la dernière édition du Outlook Suisse publiée jeudi.

Comme la crise de la dette et la crise fiscale ne sont toujours pas résolues de part et d'autre de l'Atlantique, les entreprises américaines investissent moins. «Du fait de l'absence d'investissement dans de nouvelles capacités de production, les créations d'emploi sont quasiment inexistantes», ajoute Daniel Kalt.

En plus des risques en Europe (crise de la dette qui s'aggrave) et aux Etats-Unis (querelle fiscale et budgétaire), l'économie mondiale subirait également «un coup fatal» si la Chine ne parvenait pas à stabiliser son économie comme prévu et subissait un atterrissage brutal, note l'expert UBS.

L'Empire du Milieu, actuel moteur de la croissance en Asie, entraînerait sans doute dans sa chute toute la région. «Un autre risque à surveiller en 2013 est celui d'un possible choc pétrolier en cas d'aggravation de la situation au Moyen-Orient, notamment entre Israël et l'Iran», précise Daniel Kalt.

Cercle vertueux

Pour 2014, UBS table sur une croissance de 1,3% du PIB et sur une inflation de 0,8%. Selon les prévisions de l'établissement, le taux de chômage devrait atteindre 3,2% cette année et 3,4% en 2014.

Selon Caesar Lack, économiste d'UBS, le «rythme tranquille» de croissance devrait se poursuivre en 2013. «Il faudra attendre au plus tôt l'année prochaine pour voir une accélération conjoncturelle durable».

L'économie suisse est dans un cercle vertueux. Elle évolue toujours bien mieux que l'économie européenne, grâce à la libre circulation des personnes et à l'immigration qu'elle entraîne. «Celle-ci stimule l'économie, augmente les recettes fiscales, améliore les finances publiques et abaisse la charge fiscale, ce qui rend la Suisse encore plus attrayante», note Caesar Lack.

Beaucoup d'autres pays occidentaux industrialisés se trouvent en revanche dans «un cercle vicieux d'austérité et de contraction économique». Ces cycles divergents devraient perdurer quelques années encore et améliorer la compétitivité relative de l'économie suisse par rapport à l'étranger, ajoute Caesar Lack.

Immobilier surévalué

Concernant l'évolution des taux de change, les analystes d'UBS pensent qu'après la récente revalorisation de l'euro par rapport au franc, l'euro va se stabiliser entre 1,25 et 1,30 franc. L'euro ne s'appréciera davantage que si la conjoncture mondiale connaît une croissance vigoureuse, notent-ils.

La probabilité d'une telle évolution n'est toutefois que de 10%. Le scénario de baisse, avec un accroissement de la dette, présente en revanche une probabilité de 15%.

Les économistes d'UBS estiment par ailleurs que le marché immobilier est surévalué, au moins dans certaines régions. Le cycle de prix devrait s'achever en 2014. En cas de hausse des taux à long terme, les prix pourraient toutefois s'effondrer dès cette année.

(ats)

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