Publié

InterviewUeli Maurer raconte la procédure d'achat du Gripen

On apprend par le président de la Confédération que la Suisse a tenté de négocier des contre-parties politiques avec la France et l'Allemagne.

Le Gripen oblige les Suisses à se déplacer régulièrement en Suède.

Le Gripen oblige les Suisses à se déplacer régulièrement en Suède.

Keystone

Peu avant le débat au Conseil national sur l'achat des avions de combat suédois Gripen, le ministre de la défense Ueli Maurer a dévoilé quelques informations sur la procédure de sélection. On apprend ainsi que la Suisse a tenté de négocier aussi des contre-parties politiques avec la France et l'Allemagne.

«Mais les deux pays se voyaient incapables de s'impliquer dans des affaires suisses dans d'autres domaines», a dit le conseiller fédéral dans une interview publiée mercredi par la Basler Zeitung. «Au contraire: la France veut une révision de l'impôt sur les successions», et l'Allemagne mettait la Suisse sous pression dans le dossier du secret bancaire.

«Ne nous faisons aucune illusion: ces pays ne se sont montrés en aucun cas prêts à examiner d'éventuelles contre-parties politiques», a dit Ueli Maurer.

Déplacement en Suède

En matière de collaboration militaire, les trois pays - donc aussi la Suède - sont «tout aussi intéressants». Le Gripen oblige certes les Suisses à se déplacer régulièrement en Suède. «Mais à plus long terme, la Suède devrait s'avérer être le partenaire le plus utile en matière d'armement, parce que le plus réaliste», estime Ueli Maurer.

Avec la Suède, la Suisse parle d'égal à égal. Pour le fabricant français Dassault, qui voulait vendre le Rafale à la Suisse, et pour le consortium EADS, qui proposait l'Eurofighter, «nous sommes tout simplement trop insignifiants», selon le président de la Confédération.

(ats)

Ton opinion