Commentaire: Ueli Maurer, une succession dans une UDC à cran

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CommentaireUeli Maurer: une succession dans une UDC à cran

Alors que le parti se montre de plus en plus agressif à Berne, celui ou celle qui succédera au Zurichois devra arrondir les angles.

par
Eric Felley
Le vendredi 30 septembre, les élues et les élus du groupe UDC ont tourné le dos à leurs collègues lors du vote sur le contre-projet à l’initiative des glaciers.

Le vendredi 30 septembre, les élues et les élus du groupe UDC ont tourné le dos à leurs collègues lors du vote sur le contre-projet à l’initiative des glaciers.

UDC/Twitter

La succession d’Ueli Maurer à l’UDC intervient à moment où l’UDC fait une opposition systématique et se montre très peu coopérative à Berne. Durant cette session d’hiver, elle a déposé des quantités d’objets dont elle sait pertinemment qu’ils n’ont aucune chance de passer et font perdre un temps précieux. Lors du débat urgent, qu’elle a elle-même demandé sur le crédit de 4 milliards pour Axpo, la très grande partie du groupe n’était pas dans la salle. Même Ueli Maurer n’a pas apprécié cette attitude.

Tourner le dos, c’est…

Le dernier vendredi de la session, lors des votes finaux, les parlementaires UDC ont tourné le dos à leurs collègues au moment de voter sur le contre-projet indirect à l’initiative sur les glaciers, qui veut favoriser le remplacement des énergies fossiles. Tourner le dos, c’est aussi montrer son c… On ne voit pas très bien ce que l’UDC veut prouver en affichant cette vulgarité qu’on peut qualifier de puérile.

Le Conseil fédéral

Depuis la crise du Covid et la nomination de Marco Chiesa comme président, le plus grand parti de Suisse n’a cessé de vilipender le Conseil fédéral qui aurait fait basculer la Suisse dans la dictature. Il s’en est pris à Alain Berset pour sa gestion de la pandémie, puis à Simonetta Sommaruga pour la crise énergétique. Guy Parmelin, dont dépend l’approvisionnement du pays, a cependant été épargné. Dans ces crises, le Vaudois s’est à chaque fois montré solidaire de ses collègues, à l’opposé de l’attitude de son parti.

Au tour d’Albert Rösti

Ces parlementaires qui tournent le dos représentent cependant un quart de l’électorat du pays avec deux fauteuils au Conseil fédéral. Ce sont les Chambres réunies qui éliront le successeur ou la successeure d’Ueli Maurer en décembre prochain sur proposition de l’UDC. Au sein du groupe, aucune des fortes têtes alémaniques – Thomas Aeschi, Magdalena Martullo-Blocher, Roger Köppel ou Andreas Glarner - ne trouverait grâce dans les autres groupes. Le seul qui ne se soit pas «grillé» dans l’outrance, c’est l’ancien président du parti, le Bernois Albert Rösti.

Le choix d’une femme

Mais celui-ci pourrait justement pâtir de sa réputation de «gentil». L’UDC pourrait lui opposer l’ancienne conseillère nationale Natalie Rickli, actuellement conseillère d’État du canton de Zurich en charge de la Santé. Mais celle-ci a été critiquée dans son parti pour avoir suivi à la lettre la politique fédérale lors la pandémie. Les médias alémaniques évoquent également la candidature d’Esther Friedli, élue en 2019. Celle-ci tient une auberge dans la commune d’Ebnat-Kappel (SG) et pourrait créer la surprise dans un Parlement plus féminin.

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