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Armée suisseUeli Maurer veut plus de cent nouveaux pilotes

Le Département fédéral de la défense entend assurer le service de police aérienne en dehors des heures de travail normales. Un projet visant à mettre en œuvre une motion en ce sens transmise par les Chambres fédérales en 2010.

Ueli Maurer, le chef du Département de la défense.

Ueli Maurer, le chef du Département de la défense.

ARCHIVES, Keystone

Le ministre de la défense Ueli Maurer l'a assuré mercredi devant la presse: même si les Forces aériennes suisses avaient été opérationnelles de nuit, la prise en charge de l'avion éthiopien détourné lundi sur l'aéroport de Genève, n'aurait pas été différente. Pourtant, il veut désormais se doter de plus de cent nouveaux pilotes.

Le Boeing 767-300 d'Ethiopian Airlines a été escorté par deux Eurofighter de l'armée italienne sur la Péninsule, avant que deux Mirages 2000 français prennent le relais jusqu'à Genève, où l'appareil détourné a atterri à 6h02.

Même si les Forces aériennes helvétiques étaient prêtes à voler avant 8 heures, elles ne seraient pas intervenues pour quelques kilomètres, a affirmé Ueli Maurer. La Suisse dispose d'un accord avec la France pour ce genre de cas. De plus, le service d'alerte a bien fonctionné, puisque les autorités suisses ont été informées à 04h30 par l'armée italienne, s'est félicité le conseiller fédéral.

Même si tout s'est bien passé dans ce cas, le Département de la défense entend assurer le service de police aérienne en dehors des heures de travail normales, a révélé Ueli Maurer. Ses services ont élaboré un projet afin de mettre en œuvre une motion en ce sens transmise par les Chambres fédérales en 2010.

30 millions par an

Pour assurer des interventions aériennes 24 heures sur 24, il faudrait former plus de cent pilotes et investir quelque 30 millions de francs par an. Cela ne sera pas possible avant six ans, selon le ministre de la défense. D'autant que le contrôleur aérien Skyguide devrait lui aussi s'adapter à la nouvelle donne.

Le but serait d'avoir toujours un avion prêt à décoller en quinze minutes au plus dans un hangar à Payerne. Le pilote devrait dormir près de l'appareil. Mais il faudrait aussi disposer de personnel au sol, mécaniciens et autres techniciens.

L'armée va procéder par étapes. Avant de pouvoir assurer les trois-huits, elle va probablement se doter de deux équipes, a estimé le conseiller fédéral. Et d'en profiter pour faire une nouvelle fois une publicité en faveur de l'achat de l'avion de combat Gripen.

Beaucoup de questions

Les interventions du service de police aérienne suscitent beaucoup de questions, a jugé Ueli Maurer. Par exemple, faut-il tirer sur un avion détourné ou le laisser atterrir? Autre problème, la France n'autorise pas le tir dans un tel cas, mais qu'auraient fait les pilotes de Mirage en survolant la Suisse si l'ordre d'attaque avait été donné? Le conseiller fédéral a laissé les interrogations sans réponse.

(ats)

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