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CRISEUkraine: échec de la réunion de la dernière chance

Aucun compromis n'a été trouvé lors des discussions entre Etats-Unis et Russie à Londres, à l'avant-veille d'un référendum pour le rattachement de la péninsule de Crimée à la Russie.

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Après avoir annoncé un cessez-le-feu «sous peu», Petro Porochenko a également promis mercredi l'amnistie «à ceux qui déposeront les armes et à ceux qui n'auront pas commis de crimes graves». (18 juin 2014)

Après avoir annoncé un cessez-le-feu «sous peu», Petro Porochenko a également promis mercredi l'amnistie «à ceux qui déposeront les armes et à ceux qui n'auront pas commis de crimes graves». (18 juin 2014)

AFP
Didier Burkhalter: «Nous avons besoin d'un cessez-le-feu pour les élections», a déclaré le président de l'OSCE à l'aéroport de Vienne, où se tenait une conférence des ministres des affaires étrangères du Conseil de l'Europe. (6 mai 2014)

Didier Burkhalter: «Nous avons besoin d'un cessez-le-feu pour les élections», a déclaré le président de l'OSCE à l'aéroport de Vienne, où se tenait une conférence des ministres des affaires étrangères du Conseil de l'Europe. (6 mai 2014)

Keystone
A la tête de l'OSCE, Didier Burkhalter va rencontrer Vladimir Poutine mercredi à Morscou par parler de la crise ukrainienne. (6 mai 2014)

A la tête de l'OSCE, Didier Burkhalter va rencontrer Vladimir Poutine mercredi à Morscou par parler de la crise ukrainienne. (6 mai 2014)

Keystone

Les Etats-Unis et la Russie ont échoué vendredi à Londres à trouver une solution à la crise ukrainienne, à l'avant-veille d'un référendum pour le rattachement de la péninsule de Crimée à la Russie, Moscou assurant par ailleurs n'avoir aucune intention d'envahir les régions russophones d'Ukraine.

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A Simféropol, la capitale de la région séparatiste de Crimée, le «Premier ministre» et «commandant en chef autoproclamé», Sergueiï Axionov a appelé les russophones des régions de l'est du pays à suivre son exemple et à organiser des référendums pour demander leur intégration à l'immense Russie.

Appel aux manifestants pro-russes

Parallèlement, des appels lancés par des militants pro-russes à manifester dimanche dans les bastions russophones de l'est, notamment Kharkiv et Donetsk où un manifestant soutenant l'unité du pays a été tué jeudi soir, laissent présager un climat tendu.

A Londres, qui accueillait une rencontre de la dernière chance entre les chefs de la diplomatie russe et américaine, aucune solution n'a été trouvée au terme de deux semaines d'intenses activités diplomatiques qui ont ranimé la flamme éteinte en 1991 de la Guerre froide.

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a fait le constat de l'absence de «vision commune» de Washington et Moscou sur la situation en Ukraine après de longues négociations avec le secrétaire d'Etat américain John Kerry. Dans la foulée, Washington a confirmé l'incapacité des deux grandes puissances à «trouver un terrain d'entente».

Lavrov «pas autorisé à discuter des propositions»

«Nous avons développé de nombreuses idées et nous étions prêts à les proposer (à la Russie) au nom de l'Ukraine, mais il est rapidement apparu» que Sergueï Lavrov «n'était pas autorisé à discuter des propositions ayant des conséquences sur la Crimée avant que le référendum ne se tienne» dimanche, a indiqué une source au département d'Etat.

Le secrétaire d'Etat John Kerry a également insisté sur le fait que Vladimir Poutine attendait que le référendum soit passé pour prendre une décision sur l'Ukraine. Sergueï Lavrov «a dit clairement que le président Poutine n'est prêt à prendre de décisions concernant l'Ukraine qu'après le référendum de dimanche», a déclaré John Kerry.

La Russie n'a pas le projet d'envahir l'Ukraine

A Moscou, Vladimir Poutine a affirmé, lors d'un entretien avec le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, que le référendum organisé était «absolument conforme» au droit international et à la Charte des Nations Unies.

A Washington, le président Barack Obama a assuré espérer toujours une solution diplomatique, tout en prévenant Vladimir Poutine qu'il y aurait «des conséquences» pour la Russie si cette voie venait à échouer.

Alors que de nombreux Ukrainiens pensent que la Russie ne s'arrêtera pas aux frontières de la Crimée et que les milliers de soldats russes massés de l'autre côté de la frontière ne sont pas simplement là pour mener des exercices militaires, Sergueï Lavrov a indiqué que son pays «n'a pas et ne peut avoir le projet d'envahir le sud-est de l'Ukraine».

Les «concitoyens et compatriotes en Ukraine»

Il minimisait ainsi la portée des menaces voilées d'intervention formulées quelques heures plus tôt par son ministère à Moscou après de violents incidents à Donetsk.

Moscou avait en effet jeté un froid en déclarant qu'elle se réservait le droit de se porter au secours de ses «concitoyens et compatriotes en Ukraine», après des heurts qui ont fait un mort jeudi soir à Donetsk, dans l'est du pays.

La mort de cet Ukrainien de 22 ans, poignardé lors de heurts avec des sympathisants de la Russie à Donetsk, attire désormais toutes les attentions sur de possibles incidents durant le week-end.

Mouvements sécessionnistes

L'Est russophone, notamment les bastions industriels de Donetsk et Kharkiv, est secoué ces dernières semaines par des mouvements sécessionnistes. Et après la mort du manifestant, la première depuis la prise de contrôle fin février par les forces russes de la Crimée, le président ukrainien par intérim Olexandre Tourtchinov a accusé «les militants séparatistes envoyés de l'extérieur qui ont provoqué cette bagarre».

Vendredi, John Kerry a fermement mis en garde la Russie contre «des sanctions», contre une «réponse» américaine, c'est-à-dire une série de mesures contre Moscou qui pourraient être prises dès lundi, au lendemain du référendum.

Selon des sources européennes, l'Union européenne étudie des sanctions contre un nombre «limité» mais «politiquement significatif» d'une trentaine de personnalités jugées responsables de l'intervention russe en Ukraine. Cette liste noire compte des parlementaires, des membres des instances de sécurité, un haut responsable du ministère de la Défense.

«Soldats russes, rentrez chez vous»

En Crimée, la minorité tatare plutôt discrète depuis l'arrivée des forces russes est descendue dans la rue aux cris de «Soldats russes, rentrez chez vous» au lendemain de l'appel au boycott du référendum lancé par leur leader historique Moustafa Djemilev dans une interview.

Brandissant des drapeaux ukrainiens, des centaines de Tatars ont manifesté dans leur fief de Bakhtchissaraï sous le regard des milices d'auto-défense pro-russes. Sur le terrain, Moscou poursuit des manœuvres militaires dans plusieurs régions proches de l'Ukraine.

Des milliers de soldats y participent, dont quelque 4000 parachutistes, 36 avions et environ 500 véhicules dans la seule région de Rostov-sur-le-Don.

«Grande préoccupation»

Un haut responsable de la diplomatie américaine voyageant avec John Kerry a exprimé sa «grande préoccupation» de voir la Russie «concentrer, pour la deuxième fois en un mois et en un laps de temps très court, d'importantes forces autour des frontières de l'Ukraine».

Il a parlé d'«intimidation».Le groupe public russe d'armements Rostekhnologuii (Rostekh) a affirmé dans la soirée sur son site http://rostec.ru/news/4412 qu'un drone américain de reconnaissance avait été intercepté à haute altitude au-dessus de la Crimée. «Le drone volait à environ 4000 mètres d'altitude (...). Il a été possible de rompre la liaison avec ses opérateurs américains (...)», a précisé Rostekh dans un communiqué qui toutefois n'était plus disponible en début de soirée.

(AFP)

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