03.03.2016 à 14:02

BellinzoneUltimes plaidoiries au procès des Irakiens

Les quatre présumés terroristes sont accusés d'avoir soutenu l'Etat islamique en Suisse.

Les plaidoiries se poursuivent à Bellinzone.

Les plaidoiries se poursuivent à Bellinzone.

Keystone

La dernière journée du procès des quatre Irakiens a débuté jeudi avec les ultimes plaidoiries. Tout comme les avocats des deux principaux prévenus, les défenseurs des deux autres ont demandé leur acquittement de l'accusation de participation à une organisation criminelle.

L'avocat d'un des prévenus a réfuté la thèse selon laquelle son client serait arrivé en Suisse en 2013 pour y implanter une cellule de l'Etat islamique. Pour étayer ce reproche, le Ministère public de la Confédération se réfère à deux échanges que le prévenu a eus sur Facebook.

Selon le défenseur de l'accusé, le MPC se trompe totalement en conférant aux propos de l'accusé une volonté criminelle. Le «chat» ne contenait selon lui qu'une allusion aux dettes que son client avait dû contracter pour fuir son pays.

C'est à cause de ses problèmes d'argent que l'accusé s'est adressé à Abu Hajer, auquel le MPC prête un rôle dirigeant dans l'Etat islamique, explique l'avocat.

Un «fantôme»

Pour lui, son client ne peut pas être condamné pour participation à une organisation criminelle. Car une telle organisation suppose qu'elle soit structurée et qu'elle obéisse à la loi du silence.

Or, à l'époque des faits, l'Etat islamique en Syrie et au Levant n'en était qu'au stade embryonnaire. De plus, le fameux Abu Hajer n'est qu'«un fantôme» et sa fonction n'est «pas claire», a encore ajouté l'avocat du prévenu.

Au terme de sa plaidoirie, il a demandé que son client soit uniquement condamné pour séjour illégal en Suisse. Il a plaidé le prononcé d'une peine pécuniaire avec sursis de 40 jours-amende à dix francs l'unité.

Absence de preuve

L'avocat du quatrième accusé, qui a bénéficié d'une mise en liberté, a également demandé que son client soit lavé de tout soupçon. Le MPC lui reproche d'avoir apporté un poste émetteur en Syrie pour soutenir l'Etat islamique.

Selon l'avocat, il n'existe aucune preuve permettant de prouver ce voyage. Le défenseur a également contesté que son client, un imam, soit de tendance salafiste. Il reproche au MPC d'avoir interprété certains passages de ses prêches sans tenir compte du contexte.

Les deux avocats ont également critiqué l'attitude de la presse, qui a fait preuve de prévention à l'égard de leurs clients. Ils ont déploré que l'acte d'accusation a été transmis aux médias avant le début du procès. Et de demander une indemnisation en faveur des prévenus.

(ats)

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!