Actualisé 08.05.2020 à 04:32

Un 8-Mai particulier, sous le signe du coronavirus

Pandémie

Alors que le déconfinement s'accélère dans le monde, le bilan mondial de l'épidémie de Covid-19 est proche de 270'000 morts.

Aux États-Unis, le ministère de la Défense organise un «Jour de la Victoire en Europe» virtuel. (Image d'illustration)

Aux États-Unis, le ministère de la Défense organise un «Jour de la Victoire en Europe» virtuel. (Image d'illustration)

AFP

L'épidémie du coronavirus contraint à célébrer les 75 ans de la fin de la Seconde Guerre mondiale en plein confinement vendredi, et reste très virulente aux États-Unis, où le nombre quotidien de morts ne baisse pas. Plus de 2400 décès sont survenus au cours des dernières 24 heures, pour plus de 75'500 morts au total.

Après avoir enregistré plus de 3100 morts quotidiens mi-avril, le pays est aujourd'hui bloqué sur un «plateau» dont il n'arrive pas à redescendre. Et si l'épidémie ralentit désormais à New York, qui reste l'épicentre avec plus de 20'000 morts confirmées ou probables du virus dans l'État, d'autres foyers sont apparus, comme la région de la capitale Washington.

En Europe, la pandémie a tué plus de 150'000 personnes, notamment au Royaume-Uni (30'615), en Italie (29'958), en Espagne (26'070) et en France (25'987), selon un bilan établi jeudi soir par l'AFP à partir des chiffres de sources officielles, très vraisemblablement sous-estimés. C'est dans ce contexte qu'arrive le 8-Mai, qui ne ressemblera à nul autre depuis la capitulation de l'Allemagne nazie en 1945.

Elisabeth II va s'adresser aux Britanniques

Aux États-Unis, le ministère de la Défense organise un «Jour de la Victoire en Europe» virtuel, avec une émission en direct diffusée sur son site et les réseaux sociaux. «Bien que nous soyons confrontés à des défis importants avec le Covid-19, notre engagement à nous souvenir de la bravoure et des sacrifices de nos anciens combattants de la Seconde Guerre mondiale ne changera pas», a assuré le ministre américain de la Défense, Mark Esper.

La reine Elisabeth II s'adressera vendredi soir aux Britanniques, pour la deuxième fois depuis le début de la pandémie de Covid-19. À la place des fêtes de rue et processions de vétérans, annulées, le gouvernement a enjoint la population à festoyer à domicile, en lui proposant des idées de jeux ou de recettes de cuisine.

À Paris, Emmanuel Macron doit présider une cérémonie dans un format très restreint sur les Champs-Elysées, en présence des principaux responsables politiques et militaires mais sans public. Le président français devait initialement se rendre à Moscou.

C'est là que l'incidence de l'épidémie sur les festivités sera la plus criante: cette année, pas de grand défilé militaire sur la place Rouge. Seule la partie aérienne des célébrations a été maintenue, et elle se tiendra samedi, le «jour de la Victoire» y étant fêté le 9 mai. En Allemagne, une grande cérémonie officielle a dû être annulée. C'était la deuxième, pour le 8-Mai, qui devait se tenir depuis la fin de la guerre, après 1995.

Grand Déconfinement

Ce vendredi, Barcelone rouvre ses plages le matin pour la pratique sportive. L'Espagne, un des pays les plus frappés par la pandémie et qui connaît un des bouclages les plus stricts, enclenchera sa première phase de déconfinement à l'issue du week-end.

Ce lundi 11 mai s'apparente comme le jour du Grand Déconfinement en Europe, même s'il sera disparate et progressif, entre assouplissements et réouvertures limitées: il concernera la France, le Royaume-Uni, la Belgique, les Pays-Bas, la République tchèque, la Grèce et l'Ukraine. En France la liberté de circulation sera rétablie mais assortie de restrictions pour les départements «rouges», où la circulation du virus est plus active, avec une plus grande pression sur le système hospitalier.

Au Royaume-Uni, le Premier ministre Boris Johnson, lui même rescapé de la maladie, a appelé les Britanniques à la patience, à trois jours d'une allocution dans laquelle il doit annoncer un assouplissement «très limité» de certaines restrictions. La Belgique, pays le plus endeuillé au monde par rapport à sa population, rouvrira lundi des commerces non essentiels.

À l'inverse, la ville de Moscou a annoncé jeudi le port obligatoire du masque dans les transports, et une prolongation de son confinement jusqu'au 31 mai, alors que la Russie, longtemps épargnée, connaît une forte hausse du nombre de cas détectés. Dès mercredi, l'Allemagne, forte de chiffres d'infection «très satisfaisants» selon sa chancelière Angela Merkel, avait décidé de lever la quasi-totalité des restrictions imposées depuis la mi-mars. Hors d'Europe, la Californie, premier État américain à avoir décrété le confinement pour endiguer le coronavirus, va commencer à assouplir certaines mesures vendredi.

Hydroxychloroquine, effet neutre

Du côté médical, une étude publiée jeudi et réalisée dans des hôpitaux new-yorkais a établi que l'administration d'hydroxychloroquine, un médicament contre le paludisme, n'a ni amélioré ni détérioré de manière significative l'état de patients gravement malades du coronavirus.

Après les États-Unis, le Japon est devenu jeudi le deuxième pays à autoriser le médicament américain remdesivir pour traiter le Covid-19. Ce médicament, qui aide au rétablissement des malades, à défaut de faire baisser la mortalité, avait obtenu la semaine dernière une autorisation en urgence de l'agence américaine du médicament (FDA).

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) donne vendredi à Genève une conférence de presse sur l'origine zoonotique du nouveau coronavirus et le lien possible avec les marchés alimentaires.

(AFP)

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