Cisjordanie – Un adolescent palestinien tué par l’armée israélienne
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CisjordanieUn adolescent palestinien tué par l’armée israélienne

Un adolescent palestinien de 13 ans a été tué par l’armée israélienne lors de heurts en marge de manifestations contre la colonisation en Cisjordanie occupée.

Un adolescent palestinien a été tué vendredi par l’armée israélienne lors de heurts en marge de manifestations contre la colonisation en Cisjordanie occupée, ont indiqué les autorités palestiniennes, quelques jours après l’approbation par Israël de 3000 nouveaux logements de colons.

De nombreux rassemblements d’habitants palestiniens ont lieu en Cisjordanie les vendredis, jour de repos hebdomadaire, pour protester contre l’expansion des colonies israéliennes, jugées illégales par le droit international. Ces manifestations sont parfois émaillées de heurts avec l’armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967.

Mohammed Daadas, 13 ans, a été blessé par balle au ventre par les forces israéliennes dans le village de Deir al-Hatab près de Naplouse, a indiqué le ministère palestinien de la Santé à l’AFP. En arrêt cardiaque, il n’a pas pu être sauvé malgré son hospitalisation, selon cette source.

«Terrorisme d’État»

Le Premier ministre palestinien, Mohammed Shtayyeh, a dénoncé un «terrorisme d’État organisé», selon l’agence de presse officielle palestinienne Wafa, qui a également rapporté que cinq Palestiniens ont été blessés lors de rassemblements dans les villages de Beita et Beit Dajan. Sollicitée par l’AFP, l’armée israélienne a indiqué qu’elle «examinait (les circonstances) de l’incident.»

Elle a fait état d’une «émeute» sur une route adjacente à la colonie d’Elon Moreh au nord-est de Naplouse et dit avoir riposté par des «moyens anti-émeutes et des tirs à balles réelles» à des «jets de pierres qui visaient les soldats». L’armée israélienne a indiqué à l’AFP que les soldats ont fait usage de «moyens de dispersion anti-émeutes» à deux endroits contre «environ 140 émeutiers (…) qui jetaient des pierres sur les soldats».

Beita est le théâtre depuis plusieurs mois de manifestations contre une colonie israélienne qui a été implantée à ses abords. Les rassemblements y dégénèrent fréquemment en affrontements avec l’armée israélienne et ont déjà fait plusieurs morts.

Critiques de Washington

Ces violences surviennent quelques jours après qu’Israël a approuvé la semaine dernière la construction de plus de 3000 nouveaux logements pour des colons en Cisjordanie occupée, malgré des critiques «fermes» de l’administration Biden à Washington à l’égard de la politique de colonisation israélienne.

Lundi, Israël a approuvé la construction de plus d’un millier de logements pour des Palestiniens dans la «Zone C», portion de la Cisjordanie sous son contrôle exclusif. «Il s’agit d’une tentative de légitimer la colonisation» israélienne et cela trahit un «désir de divertir la communauté internationale et l’opinion publique mondiale», avait estimé le ministère palestinien des Affaires étrangères.

L’ONG israélienne anticolonisation «La paix maintenant», avait jugé que «l’autorisation» de construire ces logements ne «pouvait pas camoufler la discrimination et ne changeait pas le fait qu’Israël maintient un régime illégal d’occupation et de discrimination dans les Territoires (palestiniens)».

Environ 475’000 colons israéliens vivent en Cisjordanie, où habitent plus de 2,8 millions de Palestiniens. La colonisation israélienne, illégale au regard du droit international, s’est poursuivie sous tous les gouvernements israéliens depuis 1967.

Coalition hétéroclite

Elle s’est accélérée ces dernières années sous l’impulsion de l’ancien Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Son successeur Naftali Bennett est depuis mi-juin à la tête d’une coalition hétéroclite allant de la droite radicale à des partis de gauche et soutenant le gel de la colonisation.

Toujours vendredi, la délégation de l’Union européenne auprès des Territoires palestiniens s’est dite «alarmée» par l’état des prisonniers palestiniens Miqdad al-Qawasmeh et Kayed Fasfous, qui refusent de se nourrir depuis plus de 100 jours pour protester contre leur détention administrative. Ils sont hospitalisés depuis plus d’un mois, selon l’agence Wafa.

La détention administrative est une mesure permettant aux autorités israéliennes de détenir des personnes pendant plusieurs mois renouvelables indéfiniment sans leur en notifier les raisons. «Les autorités israéliennes doivent respecter la loi et arrêter l’usage généralisé de la détention administrative sans accusations formelles, et doivent aussi éviter la perte de vies humaines», a indiqué la délégation de l’UE sur Twitter.

(AFP)

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