Kaboul : Un Afghan libéré de Guantanamo après 15 ans accueilli en héros chez lui

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Kaboul Un Afghan libéré de Guantanamo après 15 ans accueilli en héros chez lui

Asadullah Haroon était emprisonné depuis juin 2007 sur la base américaine située sur l’île de Cuba, sans avoir été inculpé d’aucun crime.

Asadullah Haroon coiffé d’un turban noir à la mode talibane, et avec des guirlandes vertes accrochées autour du cou.

Asadullah Haroon coiffé d’un turban noir à la mode talibane, et avec des guirlandes vertes accrochées autour du cou.

AFP

Un Afghan libéré de la prison militaire américaine de Guantanamo après 15 années de détention est rentré samedi dans son pays, où il a été accueilli en héros.

«Ma famille et mes amis ont souffert»

Asadullah Haroon, dont la libération a été annoncée vendredi, était emprisonné depuis juin 2007 sur la base navale américaine de Guantanamo, sur l’île de Cuba, sans avoir été inculpé d’aucun crime. Dans la foulée des attentats du 11 septembre 2001, les Etats-Unis ont envoyé à Guantanamo des centaines d’hommes soupçonnés de liens avec Al-Qaïda, qualifiés d'»ennemis combattants" et privés de droits.

Asadullah Haroon avait été arrêté en 2006 à la frontière aghano-pakistanaise et était accusé par les Américains d’être un commandant du mouvement islamiste Hezb-i-Islami et un messager d’Al-Qaïda. «Ma première question, c’est: sur la base de quelles preuves j’ai été emprisonné à Guantanamo?», a-t-il déclaré devant des journalistes, sur le tarmac de l’aéroport de Kaboul.

Un peu plus tôt, les autorités avaient publié une photo de lui dans un avion privé venant du Qatar en compagnie de hauts responsables talibans. «Ma famille et mes amis ont souffert», a-t-il ajouté, coiffé d’un turban noir à la mode talibane, et avec des guirlandes vertes accrochées autour du cou. Plusieurs posters géants d’Asadullah Haroon avaient été suspendus aux lampadaires de la route principale menant à l’aéroport.

«Le pire, c’est le stress mental»

La prison de Guantanamo est devenue tristement célèbre pour ses méthodes d’interrogation brutales, qualifiées par beaucoup de torture. Le pire, «ce n’était pas les mauvais traitements physiques, mais le stress mental augmentant de jour en jour», a expliqué Asadullah Haroon. «Nous appelions ça: la torture blanche».

Ses parents proches vivent, avec le statut de réfugiés, à Peshawar, dans l’ouest du Pakistan, à la frontière avec l’Afghanistan. Ils avaient fui là après l’invasion de leur pays par l’Union soviétique en 1979. «C’est comme (la fête musulmane de) l’Aïd dans notre maison, comme un mariage. Ce sont des moments remplis d’émotion pour nous», avait raconté vendredi à l’AFP son frère, Roman Khan, quand sa famille a appris qu’il avait été libéré. Celle-ci reconnaît son appartenance au Hezb-i-Islami, mais récuse tout lien avec Al-Qaïda.

Il ne reste plus qu’un détenu afghan à Guantanamo. Muhammad Rahim y est arrivé en mars 2008. Il a été accusé par la CIA d’être un associé proche du chef d’Al-Qaïda, Oussama Ben Laden. Les talibans se sont dits vendredi «optimistes» sur sa libération prochaine.

Les talibans promettent de ne pas entraver l’aide internationale

Les talibans au pouvoir en Afghanistan se sont engagés samedi à ne pas entraver les efforts internationaux pour venir en aide aux dizaines de milliers de personnes affectées par le séisme. Le tremblement de terre, d’une magnitude de 5,9, qui a frappé mercredi le sud-est du pays faisant plus de 1000 morts et des milliers de sans-abri, est un test pour les talibans, revenus au pouvoir en août 2021, 20 ans après la fin de leur précédent régime.

Avant le séisme, l’Afghanistan souffrait déjà d’une profonde crise économique et humanitaire, la communauté internationale ayant fermé les vannes de l’aide financière qui portait le pays à bout de bras depuis deux décennies. Par le passé, les talibans ont été accusés par des organisations humanitaires de détourner l’aide vers des régions où la population soutenait leur insurrection contre le gouvernement pro-occidental.

(AFP)

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