Santé: Un assistant en soins sur cinq quitte son domaine
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SantéUn assistant en soins sur cinq quitte son domaine

Une étude montre qu'un cinquième des ASSC ne travaille plus dans le domaine de la santé cinq ans après la fin de l'apprentissage.

L'apprentissage d'ASSC existe depuis 2004.

L'apprentissage d'ASSC existe depuis 2004.

Keystone

Un cinquième des assistants et des assistantes en soins quitte la branche de la santé déjà cinq ans après la fin de leur apprentissage. Encore deux ans plus tard, cette proportion pourrait se monter à presque un quart.

«Pour couvrir les besoins futurs en personnel qualifié, il faudrait que les assistants ou d'assistantes en soins et santé communautaire ASSC soient plus nombreuses et nombreux à rester dans la branche de la santé», indique une étude publiée vendredi.

Réalisée par l'Institut fédéral des hautes études en formation professionnelle (IFFP) et l'Organisation faîtière nationale du monde du travail en santé, elle se penche sur les parcours professionnels des personnes ayant accompli un apprentissage d'ASSC.

Cinq ans après la fin de leur apprentissage (degré de formation secondaire), 26% restent à proprement parler dans le métier appris lors de l'apprentissage d'ASSC. Un cinquième quitte complètement le domaine de la santé.

Après ce laps de temps, 80% des ASSC sont donc encore dans les soins, dont 54% ont effectué une formation tertiaire, c'est-à-dire, un brevet fédéral, un diplôme d'école supérieur, un Bachelor en haute école spécialisée ou un Bachelor à l'université. Ce taux de conversion (de 54%) devrait néanmoins atteindre 60% pour couvrir les besoins futurs en effectifs.

Le taux d'ASSC exerçant le métier appris lors de l'apprentissage devrait quant à lui atteindre, idéalement, 40%. «Si le secteur de la santé ne parvient pas à recruter davantage de personnel par d'autres voies (...), il faudra alors réduire de façon nette le taux d'abandon, qui est actuellement de 20%», indique l'étude.

Par ailleurs, selon les pronostics les plus récents, les besoins en personnel restent à la hausse et pour y répondre, les effectifs devraient augmenter de 20 à 30 %. Des efforts en matière des formations d'adultes, de retour à la vie professionnelle, et le recours au recrutement de personnel étranger font notamment partie des solutions trouvées jusqu'à maintenant. L'une des principales causes de ces besoins est le vieillissement de la population.

Gagner en attractivité

D'une part, «il est urgent d'intervenir, (...) pour faire en sorte qu'il soit plus intéressant de travailler à long terme dans le métier d'ASSC», peut-on lire dans l'étude. D'autre part, il faudrait s'assurer que la qualification supérieure ne perde pas son attrait.

Ainsi, il est demandé aux responsables de la formation dans la branche de la santé de créer des profils professionnels qui soient attrayants, adaptés aux besoins et clairs tant pour les ASSC que pour le personnel soignant qualifié au niveau tertiaire.

Par ailleurs, il est nécessaire d'encourager la mobilité professionnelle dans les métiers de la santé en facilitant les transferts entre les secteurs de travail. Et pour finir, les auteurs de l'étude indiquent qu'il faut créer des possibilités de formation continue ainsi que des modèles de temps de travail souples favorisant la conciliation entre profession, vie privée et vie familiale.

Des taux d'activité en baisse

«Il se pourrait en outre que le taux d'occupation du personnel soignant diminue fortement dans les deux à cinq ans à venir», indiquent les auteurs de l'étude. En moyenne, les ASSC souhaitent baisser leur taux d'activité de 15 points, passant de 82% à 67%. En parallèle, les solutions présentées par l'étude afin de rendre la branche attractive consistent à proposer des réglementations individuelles pour les horaires de travail.

L'apprentissage d'ASSC existe depuis 2004. C'est le troisième certificat de capacité le plus choisi et avec 4091 diplômés chaque année, il représente 7% de tous les CFC décernés, selon les chiffres de l'Office fédéral de la statistique de cette année.

L'enquête a été effectuée en plusieurs temps. Le premier questionnaire a été rempli par 2289 ASSC en 2011. Le deuxième (2012) et le troisième (2016), qui servaient à observer l'évolution du parcours professionnel, ont été complétés par environ la moitié des participants de la première vague.

(ats)

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