Décès - Michael Collins, membre d’Apollo 11, a effectué son dernier voyage
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EspaceUn astronaute d’Apollo 11 a effectué son dernier voyage

Michael Collins est décédé à l’âge de 90 ans d’un cancer. Il avait participé au vol historique vers la Lune avec Neil Armstrong et Buzz Aldrin, le 21 juillet 1969.

De gauche à droite, Neil Armstrong, Michael Collins et Buzz Aldrin.

De gauche à droite, Neil Armstrong, Michael Collins et Buzz Aldrin.

AFP

L’astronaute américain Michael Collins, membre d’Apollo 11, la première mission habitée vers la Lune, est décédé mercredi d’un cancer à l’âge de 90 ans, a annoncé sa famille dans un communiqué. La Nasa lui rend hommage. Pilote du module de commande et de service, il était resté en orbite pendant que ses compères de mission Neil Armstrong et Buzz Aldrin devenaient les premiers hommes à marcher sur la Lune.

«Mon cher Mike, où que tu sois allé ou seras, tu auras toujours la flamme pour nous porter avec adresse vers de nouveaux cieux et le futur. Tu nous manqueras. Puisses-tu reposer en paix», a salué son camarade Buzz Aldrin, dernier membre encore vivant d’Apollo 11.

Dans son communiqué, la famille de l’astronaute souhaite se souvenir de «son esprit vif, de son sens tranquille du devoir, et de son regard de sagesse acquis en se tournant vers la Terre depuis l’espace, et en observant les eaux calmes depuis son bateau de pêche».

«Houston, je vois le monde dans mon hublot»

Malgré son grand âge, Michael Collins restait ces dernières années le plus actif des vétérans d’Apollo, et le plus poétique lorsqu’il évoquait ses souvenirs de la Lune. «Quand nous sommes partis et l’avons vue, oh, quelle sphère imposante», avait-il raconté en 2019 à Washington. «Le Soleil était derrière elle, donc elle était illuminée d’un cercle doré qui rendait les cratères vraiment étranges, en raison du contraste entre le plus blanc des blancs, et le plus noir des noirs». «Aussi splendide et impressionnante fût-elle, ce n’était rien par rapport à ce qu’on voyait par l’autre hublot», a-t-il poursuivi. «Là-bas se trouvait ce petit pois de la taille d’un pouce au bout de votre bras, une magnifique petite chose nichée dans le velours noir du reste de l’univers». «J’ai dit au centre de contrôle: «Houston, je vois le monde dans mon hublot»».

«Michael Collins a vécu une vie au service de notre pays», a réagi Joe Biden dans un communiqué, soulignant qu’il avait «à la fois écrit et permis de raconter l’histoire des réussites remarquables de notre nation dans l’espace». «Il n’a peut-être pas reçu la même gloire, mais c’était un partenaire à égalité, rappelant à notre nation l’importance de la collaboration au service de grands desseins», a ajouté le président américain.

Seul à ne pas avoir marché sur la Lune

Né le 31 octobre 1930 à Rome d’un père diplomate, Michael Collins devient pilote d’essai de l’armée américaine. Dans les années 1960, il cumule de nombreuses heures de vol dans l’espace notamment lors des missions Gemini. Seul membre de l’équipage d’Apollo 11 à ne pas avoir marché sur le satellite de la Terre, il dit n’en avoir gardé aucune amertume.

Il confie même par la suite «avoir été très heureux de rester tout seul» pendant 32 heures, soulignant non sans humour «avoir été l’un des rares américains à ne pas avoir suivi l’alunissage car il n’y avait pas de télé à bord». Le 21 juillet 1969, au lendemain de l’alunissage d’Armstrong et Aldrin, l’AFP écrivait depuis le centre spatial de Houston: «Des trois astronautes «d’Apollo 11», Collins est le plus bavard, et c’est lui qui a le langage le plus imagé. Dimanche après la séparation des deux vaisseaux spatiaux, il répondait aux contrôleurs, inquiets: «Ecoutez mes mignons, tout se passe en magnifique douceur»». La dépêche de l’époque rapporte également que Michael Collins avait désigné ses camarades de mission «mes petits aigles», et que laissé seul dans la capsule, il avait lancé de manière impatiente à Houston: «J’aimerais bien savoir quand on mange».

À l’instar d’Aldrin et Armstrong, Collins quitte rapidement la Nasa après leur retour triomphal sur Terre et mène une riche carrière publique. Il est nommé secrétaire d’État adjoint pour les affaires publiques par le président Richard Nixon, puis dirige la construction du musée de l’air de Washington, et en assume la présidence (1971-1978). Il devient ensuite consultant et écrit des ouvrages liés à l’aventure spatiale.

(AFP)

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