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BanqueUn bénéfice en forte hausse pour le Credit Suisse

Le Credit Suisse a dégagé un résultat en forte progression au 2e trimestre. Son bénéfice net est en hausse d’un tiers à 1,045 milliard de francs, grâce à sa banque d’affaires.

Keystone

Credit Suisse a réalisé un solide deuxième trimestre en dégageant un bénéfice net en hausse d’un tiers à 1,045 milliard de francs, grâce à sa banque d’affaires. L’établissement, qui a profité d’une bonne collecte d’argent frais, espère une solution dans le conflit fiscal avec les Etats-Unis d’ici à la fin de l’année.

Satisfait de la performance, le directeur général Brady Dougan a mis en exergue jeudi à Zurich la capacité de la banque à s’adapter aux changements réglementaires. L’Américain a aussi souligné le défi posé par un environnement de marché toujours très volatil qui «empêche de formuler toute projection pour le deuxième semestre».

Sur l’ensemble du premier semestre, le numéro deux bancaire helvétique a inscrit un bénéfice net de 2,348 milliards de francs. Le montant apparaît pratiquement triplé par rapport aux 832 millions dégagés l’an dernier pour la même période.

Traque aux coûts

Credit Suisse présente un rendement des fonds propres ajusté de 10% au deuxième trimestre et de 13% au premier semestre. «Notre modèle commercial est performant et nous continuons à progresser dans nos efforts pour réduire notre base de coûts et notre bilan», a précisé Brady Dougan devant un parterre de journalistes.

La banque a accompli de nouveaux progrès dans sa volonté de réduire ses coûts bruts, ceux-ci reculant de 2,7 milliards à la fin du premier semestre. L’objectif vise à les contracter de 4,4 milliards de francs d’ici à fin 2015 par rapport au premier semestre 2011, avec à la clé la suppression de plusieurs centaines d’emplois.

Credit Suisse a par ailleurs déjà concrétisé, avec six mois d’avance, son objectif de réduire de 285 milliards de francs en cumulé ses actifs pondérés en fonction des risques futurs selon les normes de Bâle III, soit l’exposition à l’endettement. Imposition à la source

Le ratio des fonds propres de base futur, mesuré à l’aune des exigences suisses, a, lui, augmenté de 0,8 point à 10,4% entre fin mars et fin juin. Credit Suisse avait pour ambition de passer le cap des 10% en milieu d’année.

Le bénéfice avant impôts réalisé entre avril et juin a atteint 1,534 milliard de francs, en hausse de 38% sur un an. Il a été alimenté par l’activité de banque privée et de gestion de fortune, à hauteur de 917 millions, une somme toutefois en baisse au regard des 977 millions du deuxième trimestre 2012.

Celle-ci est en effet amputée de 100 millions de francs par une charge liée à l’accord sur l’imposition à la source conclu entre la Suisse et le Royaume-Uni.

Argent frais

La division a profité d’un afflux net de nouveaux capitaux de 7,6 milliards de francs, comprenant un apport important venant des marchés émergents. Le montant apparaît supérieur aux 6 milliards anticipés par les analystes et prouve l’attrait des banques suisses.

Sur le seul marché helvétique, la collecte a confirmé sa dynamique, avec 1,5 milliard de francs engrangés. Le total de 7,6 milliards est à comparer avec les 12 milliards du premier trimestre 2013 et les 4,4 milliards du deuxième trimestre 2012.

L’unité de banque d’affaires affiche un bénéfice avant impôts plus que doublé en un an à 754 millions de francs, contre 314 millions. L’activité, en voie de redressement après les déboires récents, a notamment profité de la bonne tenue du marché des actions et des emprunts.

Conflit fiscal

Evoquant le conflit fiscal avec les Etats-Unis, Brady Dougan a signalé qu’il y avait «beaucoup d’activité actuellement autour de ce dossier». Credit Suisse espère trouver une solution, avec le soutien du Conseil fédéral, d’ici à la fin de l’année, a dit son chef des finances David Mathers.

La croissance réalisée au deuxième trimestre, supérieure aux attentes des analystes, n’a cependant pas rejailli sur le cours de l’action. Souffrant de prises de bénéfice, le titre reculait du coup de 2,71% à 27,63 francs en début d’après-midi, dans un marché (SMI) en baisse (-0,71%).

Pour comparaison, UBS a annoncé lundi tabler sur un bénéfice net de quelque 690 millions de francs au deuxième trimestre 2013, en hausse notable également sur un an. Le numéro un bancaire helvétique doit présenter ses comptes détaillés mardi prochain, mais a déjà dit avoir engrangé d’importants afflux de fonds de la gestion de fortune.

En conflit aux USA

Contrairement à UBS, Credit Suisse n’a pas encore trouvé d’entente aux Etats-Unis pour régler le conflit qui l’oppose à l’Agence fédérale de financement du logement (FHFA). Mais la deuxième banque helvétique ne s’attend pas à devoir subir une charge importante.

«Nous pensons avoir agi de manière responsable», a dit Brady Dougan, directeur général de Credit Suisse, jeudi à Zurich en marge de la présentation des comptes au deuxième trimestre. Les pertes, auxquelles les établissements Fannie Mae et Freddie Mac ont été confrontés avec le portefeuille de Credit Suisse, se montent à 100 millions de dollars (93-94 millions de francs) au maximum.

Credit Suisse évalue de trimestre en trimestre les besoins en provisions, a précise son patron américain. Au deuxième trimestre 2013, l’établissement a provisionné une somme nette de 155 millions de francs pour tous les cas juridiques. Brady Dougan n’a pas voulu articuler de chiffres pour l’affaire de la FHFA.

Cette dernière représente Fannie Mae et Freddie Mac, qui tous deux se plaignent d’avoir été abusés dans des affaires de titrisation de créances hypothécaires par 18 banques. Les deux organismes parapublics de refinancement de prêts immobiliers font valoir un dommage de 1,2 milliard de dollars plus les intérêts. UBS aussi

Touchée aussi, UBS a annoncé lundi la conclusion d’un accord de principe avec la FHFA. Celle-ci reprochait à la première banque suisse d’avoir vendu entre 2004 et 2007, en pleine bulle immobilière, pour 4,5 milliards de dollars de titres adossés à des créances hypothécaires résidentielles («RMBS») à Fannie Mae et Freddie Mac.

Ne chiffrant pas le montant de cet accord, UBS assure avoir constitué antérieurement des provisions dans le cadre d’une affaire survenue dans le contexte de la crise des «subprime». Elle a toutefois passé une charge de 865 millions de francs pour litiges et revalorisations d’actifs financiers.

(ats)

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