Ski freestyle: Un bilan en demi-teinte pour Höfflin et Gremaud
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Ski freestyleUn bilan en demi-teinte pour Höfflin et Gremaud

Deuxième et troisième du slopestyle à Silvaplana (Grisons) samedi, Sarah Höfflin et Mathilde Gremaud ont bouclé une saison qui leur a plus ou moins souri.

par
Brice Cheneval
Mathilde Gremaud a décroché trois médailles cet hiver, dont l’argent au slopestyle des Mondiaux d’Aspen, mi-mars.

Mathilde Gremaud a décroché trois médailles cet hiver, dont l’argent au slopestyle des Mondiaux d’Aspen, mi-mars.

AFP

Clap de fin pour la saison de Coupe du monde 2020-21 en ski freestyle. Samedi, à l’issue des finales disputées à Silvaplana (Grisons), la Française Tess Ledeux et l’Américain Colby Stevenson ont raflé le gros globe dans leur catégorie respective. La journée a également été marquée par la belle performance simultanée de Sarah Höfflin et Mathilde Gremaud sur l’épreuve de slopestyle, où elles se sont hissées à la deuxième et troisième places.

Il a fallu attendre le dernier rendez-vous pour voir les deux Suissesses grimper ensemble sur un podium cette saison. Depuis la première étape, à Stubai (Autriche) fin novembre, elles ont alterné les hauts et les bas (surtout Höfflin concernant le deuxième point), mais jamais au même moment.

Deux déceptions

La faute, en partie, à l’incertitude permanente provoquée par le contexte sanitaire, qui a entraîné de l’irrégularité. «C’est déstabilisant, concède Mathilde Gremaud. À titre personnel, j’aime quand on enchaîne rapidement, ça remet les compteurs à zéro et chaque étape te redonne une nouvelle chance. Là, on a passé beaucoup de moments à attendre des décisions organisationnelles, on ne savait pas si les épreuves allaient avoir lieu. On en a disputé moins, donc tu te dis que si tu te loupes, c’est plus difficile de te rattraper.»

Malgré ces aléas, la Fribourgeoise a plutôt bien tiré son épingle du jeu. Hormis deux déceptions à Aspen mi-mars (non qualifiée pour les finales du slopestyle de l’étape Coupe du monde et du Big Air des Mondiaux), elle termine son hiver avec trois médailles. Le bronze de Silvaplana est venu s’ajouter à l’argent du slopestyle aux Mondiaux et, surtout, à l’or du Big Air aux X Games, où elle est rentrée dans l’histoire en devenant la première à réussir en compétition un switch double cork 1440 (quatre tours sur soi-même à la verticale et deux rotations la tête en bas, en partant en glissade arrière).

«À cette période (ndlr: fin janvier), les annulations se succédaient et je me disais que si la saison devait s’arrêter là, c’était au moins ça de pris, relate-t-elle. Quant à la figure, il y a une vraie fierté de se dire que personne avant moi n’était parvenu à la rentrer. Je l’avais en tête depuis l’été dernier, je voulais vraiment la tenter aux X Games.»

Höfflin entraînée dans une spirale négative

Sarah Höfflin, elle, a fini en pleurs à Aspen. Tombée lors de son ultime passage, la Genevoise n’a pu cueillir sa deuxième médaille d’or aux X Games, à l’image de sa saison, éprouvante. Avant samedi, elle ne comptait aucun podium. Pire, elle n’a franchi l’obstacle des qualifications qu’à deux reprises sur six étapes entre la Coupe du monde et les Mondiaux - il n’y en avait pas aux X Games.

«Je n’ai pas d’explication globale, assure-t-elle. Chaque course est différente, les sensations ne sont pas les mêmes.»

La tenante du globe de slopestyle a débuté l’hiver par une élimination à Stubai. Ce qui s’apparentait à un faux départ représentait finalement un prélude de sa galère. «Quand tu additionnes les mauvais résultats, ça pèse. Tu te sens moins libéré.»

Au manque de confiance se sont ajoutés des problèmes physiques. Höfflin souligne un autre point: «J’ai mené des projets personnels (ndlr: tournages de films) qui ont vampirisé mon énergie. C’est nouveau pour moi, j’apprends à le gérer.»

«Quand tu additionnes les mauvais résultats, ça pèse. Tu te sens moins libéré»

Sarah Höfflin

Habituée aux premières places les années précédentes, la championne olympique 2018 de slopestyle s’est retrouvée confrontée à une situation qu’elle ne connaissait plus. Plutôt que de se lamenter, elle préfère en tirer les enseignements: «Je pense très honnêtement que je n’aurais pas pu faire grand-chose de plus pour rendre ma saison meilleure. Je n’étais juste pas au niveau. Je retiens que je dois bosser toujours plus. Notre sport progresse chaque année, les autres te poussent à sortir de ta zone de confort pour rester au top. Je n’ai plus l’avance que je pouvais avoir.»

Terminer deuxième à Silvaplana lui a offert un peu de répit. «Je ne suis pas totalement à la rue», rigole-t-elle.

Si l’heure est à la décompression, il sera temps dans les prochaines semaines de se préparer pour le prochain exercice. Sarah Höfflin se veut très claire: «J’aimerais me consacrer un peu plus à mes projets personnels parce que le résultat est plus durable qu’un podium ou une victoire. Quitte à rogner sur quelques courses ou boucler une saison un peu moins réussie.»

Mathilde Gremaud, elle, ne veut pas encore se projeter: «J’ai des objectifs et des idées de figures en tête, mais je n’ai pas établi de plans.»

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