20.01.2017 à 09:17

ValaisUn bilan «maigre» pour Oskar Freysinger

Propulsé au Conseil d'Etat il y a quatre ans, l'élu UDC n'a pas été à la hauteur des attentes, selon plusieurs observateurs.

Oskar Freysinger.

Oskar Freysinger.

Keystone

L'électorat valaisan a placé Oskar Freysinger au gouvernement cantonal il y a quatre ans. Pour la première fois un UDC accédait à l'exécutif valaisan. Nombre de votants en attendaient un nouveau souffle. Quatre ans plus tard, le bilan est plutôt mitigé.

L'élection d'Oskar Freysinger a surpris. Non seulement il a réalisé le meilleur score, devançant tous les candidats du PDC, parti majoritaire en Valais, mais il a poussé le PLR hors du gouvernement alors que ce parti y siégeait depuis trois quarts de siècle.

L'élan que l'élu UDC est parvenu à prendre au Conseil National au cours de trois législatures a suscité beaucoup d'espoirs en Valais, analyse l'économiste Thomas Gsponer. Il pouvait bousculer le PDC et provoquer des changements.

Oskar Freysinger a la capacité de populariser des thématiques, même absurde comme celle d'imposer un dentier en plastique aux chiens dangereux, estime M. Gsponer. Au Conseil National, il s'est rapidement fait une place. Sa parfaite maîtrise du français, de l'allemand et du suisse allemand n'y est pas étrangère.

Trop loin du Valais

En bon communicateur, l'homme fort de l'UDC valaisanne a répondu aux attentes à Berne. Conseiller national, il a souvent fait les titres de la presse. Mais, selon Thomas Gsponer, il s'est mis en avant sur des thèmes qui n'ont que peu à voir avec le Valais. L'économiste tire un bilan plus mitigé du conseiller d'Etat Oskar Freysinger. Il a bien travaillé en qualité de directeur de la sécurité.

Le bilan est un peu moins positif en matière de formation. Il n'a pas réussi de grandes avancées dans un dossier qui nécessitait une révision. Et l'affaire Cleusix, du nom du chef du service de l'enseignement qu'il a nommé, fait aussi tache dans son bilan.

Décevant

Ancien rédacteur en chef du Nouvelliste, aujourd'hui à la retraite, Jean Bonnard se dit «très déçu» par Oskar Freysinger. Il avait espéré que l'UDC joue le rôle d'alternative au PDC. Mais après l'affaire de l'expert survivaliste Piero San Giorgio, le conseiller d'Etat lui inspire plutôt de la crainte.

Après cette histoire, l'ancien journaliste se demande jusqu'où Oskar Freysinger est prêt à aller pour se présenter en sauveur du Valais. L'électorat doit s'interroger à quel point il souhaite que ses impôts soient utilisés pour assouvir les fantasmes provocateurs et électoraux d'un politicien à l'ego surdimensionné, estime Jean Bonnard.

Le bilan d'Oskar Freysinger est très maigre, juge pour sa part l'ancien conseiller national et conseiller d'Etat valaisan Peter Bodenmann. Le nouvel élu n'a fait avancer aucun dossier. Politiquement, rien n'a changé dans le canton en quatre ans.

L'armée a peu à peu quitté le canton sans compensation significative, poursuit M. Bodenmann. Et l'ancien président du Parti socialiste suisse d'affirmer qu'Oskar Freysinger n'a rien fait, quelques nominations erronées mises à part. Il a surtout glissé de plus en plus vers des milieux d'extrême droite.

Faiblesse gouvernementale

Thomas Gsponer pense aussi que le conseiller d'Etat UDC devrait renoncer à ses apparitions dans les cercles populistes à l'étranger. L'économiste ne reproche pas à Oskar Freysinger d'être extrémiste, mais ses interventions à l'étranger ne sont pas compatibles avec un mandat de conseiller d'Etat.

Même si le conseiller d'Etat affirme qu'il n'intervient qu'à titre personnel, sa présence dans ces manifestations a nui au collège gouvernemental et à l'image du Valais, selon M. Gsponer. Les conseillers d'Etat n'ont pas uniquement des devoirs en qualité de chef de département. Il est aussi de leur devoir de mettre le holà lorsqu'ils constatent que quelque chose déraille dans un autre département. Sur ce point, le gouvernement cantonal a manqué de courage. Il aurait dû fixer des limites, affirme M.Gsponer.

Ce dernier compare Oskar Freysinger à Donald Trump. Tous deux tiennent des propos provocateurs et abordent des thèmes politiquement incorrects sans que quiconque s'y oppose. Une comparaison que Peter Bodenmann ne partage pas: «Trump a un concept, Freysinger n'en a pas».

(ats)

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