Un bon câlin doit durer plus de 5 secondes
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ScienceUn bon câlin doit durer plus de 5 secondes

Se prendre dans les bras procure de nombreux bienfaits. Mais une nouvelle étude montre qu’il ne faut pas le faire n’importe comment.

par
Michel Pralong
Les câlins bras croisés sont les plus fréquents et ceux de 5 secondes au moins les plus agréables.

Les câlins bras croisés sont les plus fréquents et ceux de 5 secondes au moins les plus agréables.

Getty Images/iStockphoto

Prendre quelqu’un dans ses bras fait du bien. C’est scientifiquement prouvé. Des études ont ainsi montré que des étreintes fréquentes diminuaient le stress, parvenant notamment à faire baisser la tension artérielle. Les câlins sont même associés à une meilleure réponse immunitaire face… au rhume. Mais qu’est-ce qui fait un bon câlin, cela peu de scientifiques l’avait étudié jusqu’à présent. Deux études britanniques nous apportent de précieux éclairages sur la question.

La première s’est intéressée à la durée des câlins, variable peu prise en compte jusqu’à présent. Une étude de 2011 s’était penchée sur les étreintes entre athlètes après avoir gagné une compétition et avait constaté qu’elles duraient en moyenne 3 secondes. Mais ce n’est sans doute pas représentatif du câlin. Les scientifiques de l’Université de Londres ont donc cette fois demandé à 48 volontaires de faire des câlins de trois durées différentes, 1, 5 et 10 secondes avec à chaque fois deux positions de bras distinctes. Ils devaient ensuite noter leur ressenti immédiatement après, puis 3 et 6 minutes plus tard. Chaque participant, les yeux bandés afin que le visuel n’influence pas la perception tactile, se faisait prendre dans ses bras par une expérimentatrice et devait lui rendre son étreinte.

Les deux types de câlins.

Les deux types de câlins.

Université de Londres

Résultat: les câlins ne durant qu’une seconde ont été jugés bien moins agréables que ceux de 5 et 10 secondes. Mais aucune différence notable n’a été enregistrée entre les câlins de 5 et 10 secondes, donc il faut pour un câlin réussi tenir la personne dans ses bras au moins 5 secondes. Les participants ont également signalé ressentir un réconfort plus fort immédiatement après le câlin plutôt que trois et six minutes après.

En revanche, la position des bras n’a pas eu d’effet sur la qualité des câlins. Et cela a un peu surpris les chercheurs. Ils supposent que cela pourrait être propre à cette expérience menée en laboratoire, qui avait deux limites: les volontaires câlinaient une inconnue et tous les participants étaient des femmes. Du coup, une deuxième expérience a été menée pour savoir quel type de posture était privilégié par les personnes se faisant des câlins.

La position change selon le sexe

200 personnes ont été recrutées sur le campus de l’université et il leur a été demandé de faire un câlin à une de leur connaissance faisant partie des participants. Sur les 100 embrassades observées, 66 avaient été faites avec les bras des participants qui se croisaient et 34 en enlaçant l’autre autour du cou. En revanche, ce sont surtout les duos masculins qui se font des câlins croisés alors qu’autour du cou concerne plus les couples mixtes et uniquement féminins. Selon les chercheurs, «la découverte selon laquelle la composition par sexe des duos influence le style de croisement des bras est conforme à des recherches antérieures suggérant que le comportement tactile affectif est dépendant du genre». Les étreintes croisées étant considérées comme plus égalitaires, cela «pourrait suggérer que la démonstration de l’égalité est particulièrement importante dans les câlins masculins». Les scientifiques précisent en outre que de précédentes études avaient montré que les hommes se touchaient moins entre eux que les femmes entre elles ou un homme avec une femme.

En conclusion de leurs études publiées dans «Science Direct», les chercheurs encouragent les futures recherches sur les câlins (qu’ils espèrent nombreuses afin de mieux connaître cette pratique pourtant si répandue) à privilégier ceux durant cinq secondes pour leurs observations. Le public pourra en tirer les enseignements qu’il désire, mais peut-être en effet faut-il préférer faire des câlins pas trop brefs.

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