Hockey sur glace: Un bonnet d'âne pour les Genevois
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Hockey sur glaceUn bonnet d'âne pour les Genevois

Les Servettiens n'y arrivent pas à l'extérieur, même dans la patinoire du dernier du classement...

par
Christian Maillard
Rapperswil

Genève-Servette ne devrait-il pas porter aussi un maillot grenat quand il évolue ailleurs qu’aux Vernets? Ou alors un bonnet d’âne? C'est ce qu'il méritait mardi soir dans la cité des Knie. Chris McSorley doit-il sortir le fouet pour que ses artistes se mettent à jouer les funambules sur la glace? Pour l’instant, le chef est étrangement calme, parle de «bonne leçon pour l’équipe», que ses meilleurs éléments se cachent, mais à l’intérieur, le volcan n’est pas très loin d’être en éruption. Il sait très bien, le chef, qu’il y a un quelque chose qui cloche avec son équipe qui perd à chaque fois la fa(r)ce lorsqu’elle se met en route. On ne parle pas de piste aux étoiles...

Dans cette charmante Arena de Rapperswil, il aurait suffi, après avoir pris deux buts d’avance, de gérer cet avantage, de s’appuyer sur un Robert Mayer en état de grâce pour enfoncer un néo-promu volontaire et courageux, mais qui éprouvait toutes les peines du monde à masquer ses grosses lacunes (dix buts marqués en onze matches) devant le filet. Or force est de constater, qu’à l’exception d’un Daniel Vukovic fidèle à lui-même en se couchant sur tous les pucks en zone défensive voire des joueurs de la quatrième ligne qui ont su aller là où ça fait mal, les autres, qui ont mis la gomme avant de s’effacer, n’ont pas su réagir quand il fallait remettre une couche de couleur, tombant dans la supériorité de leurs certitudes.

Le président fâché

Mais pourquoi ne sont-ils pas capables de répéter la même partition qu’ils produisent à la maison une fois qu’ils passent la Versoix? Mystère et boule de gomme. S’ils avaient, semble-t-il, vaincus un petit signe indien dimanche en s'imposant en Coupe à la Bossard Arena, il faut bien avouer que dans cette patinoire maudite l’adversaire, Zoug Academy, leur avait bien facilité la vie. On avait cru bêtement que cela servirait, malgré tout, de déclic. Mais il faut croire que le mal est plus profond, Genève-Servette a besoin en urgence d'un psy. Certains joueurs, ceux qui sont censé montrer l’exemple, manquent de constance et de fierté.

A croire qu’à Rapperswil, ils avaient piqué dans une roulotte de Knie, juste à côté de la patinoire, un costume de clown! Encore que, ces intermittents du spectacle, qui ont cru se mettre au show, n’étaient même pas drôles. Cela ne fait d’ailleurs pas rire le président du club, Laurent Strawson, fâché par un tel gâchis. S’il n’est pas honteux de tirer sa révérence lorsqu’en face l’adversaire est plus fort, comme ce fut le cas en début d’exercice à Bienne (deux fois), à Lausanne ou à Zoug, les Grenat n’avaient pas le droit de laisser filer bêtement cette victoire qui leur tendait les bras. Ces trois points-là pourraient d’ailleurs bien manquer, dans un championnat aussi serré, lorsqu’il s’agira de monter dans le bon wagon des play-off. A moins que Genève-Servette ne perde pas un match aux Vernets, ce qui paraît peu probable. D'ailleurs, il va falloir qu'il se méfie de Langnau ce samedi...

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