17.11.2014 à 14:39

Otages décapitésUn Britannique reconnaît son fils parmi les bourreaux de l'EI

Un citoyen britannique pense avoir reconnu son fils parmi les tueurs des soldats syriens. Un Français aurait également fait partie des bourreaux, selon une déclaration du ministre français de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve.

De nombreux occidentaux ont rallié les djihadistes du groupe Etat islamique.

De nombreux occidentaux ont rallié les djihadistes du groupe Etat islamique.

ARCHIVES / PHOTO D'ILLUSTRATION, AFP

Un étudiant britannique en médecine et un Français de 20 et 22 ans figureraient parmi les djihadistes filmés en train de décapiter des soldats syriens dans la vidéo diffusée dimanche sur Internet. Le Britannique a été reconnu par son père.

«Je ne peux pas en être certain, mais il ressemble à mon fils», a déclaré cet homme de Cardiff, au Pays de Galles. «Il doit craindre Dieu désormais pour avoir tué des gens. Comment peut-il penser se retrouver face à Dieu s'il tue des êtres humains?», a ajouté le père. Interrogé par le Daily Mail pour savoir s'il serait prêt à pardonner à son fils de 20 ans, il a répondu: «Non. Soit il est fou, soit il y a quelque chose qui ne va pas».

Le Foreign Office s'est refusé à tout commentaire.

Français converti mis en cause

Et un Français de 22 ans se trouve aussi «avec une très forte probabilité» parmi les bourreaux, a déclaré lundi le ministre français de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve. Ce jeune homme «né en 1992 et originaire d'une localité du département de l'Eure est parti en Syrie en août 2013», a-t-il ajouté. Le parquet de Paris a plus tard assuré que «des indices circonstanciés confirment l'implication d'un Français» dans cette exécution.

Avant de partir en Syrie, le Français qui avait donné une interview en juillet dernier à BFM TV (voir la vidéo ci-dessous) depuis Rakka, en Syrie, avait effectué un séjour en Mauritanie en 2012, a précisé Bernard Cazeneuve. Dans cette interview, il indiquait s'être converti à l'islam grâce à Internet, et s'être rendu seul en Syrie. Il disait se préparer à partir en mission et s'attendre à mourir.

Un millier de Français impliqués

Une centaine de procédures judiciaires visent des Français djihadistes présumés. Parmi eux, 95 ont été mis en examen et 65 écroués, apprend-on de source judiciaire.

Les autorités estiment à un millier environ le nombre de Français impliqués dans les filières de départs vers la Syrie et l'Irak, qu'ils soient sur place, en transit ou revenus.

«Mal absolu»

La décapitation de l'otage américain Peter (Abdul Rahman de son prénom musulman) Kassig et des 18 soldats syriens a provoqué des réactions de répulsion dans le monde.

Barack Obama, qui a confirmé l'authenticité de la vidéo diffusée dimanche, a estimé qu'il s'agit d'«un acte de mal absolu mené par un groupe terroriste que le monde considère, à juste titre, comme inhumain». Les actions du groupe «ne représentent aucune foi, et certainement pas la foi musulmane qu'Abdul Rahman avait adoptée».

Engagement à lutter

De nombreux dirigeants ont également condamné ces exécutions, qui sont «une nouvelle illustration de la détermination de l'Etat islamique/Daesh à poursuivre son programme de terreur» selon la cheffe de la diplomatie européenne, Federica Mogherini.

Elle a réaffirmé lundi que l'Union européenne, dont plusieurs pays participent aux frappes contre l'EI en Irak, restait «pleinement engagée à lutter» contre les djihadistes dans ce pays et en Syrie.

(ats)

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