Macolin (BE) - Un bunker militaire «confidentiel» insupporte tout un quartier

Publié

Macolin (BE)Un bunker militaire «confidentiel» insupporte tout un quartier

Armasuisse a présenté ses excuses aux résidents pour une construction qui n’a fait l’objet que d’une information lacunaire.

par
Vincent Donzé
1 / 6
Le chantier militaire empiète sur une route et un parking, à la Fin du Monde.

Le chantier militaire empiète sur une route et un parking, à la Fin du Monde.

Lematin.ch/Vincent Donzé
Les riverains sont rendus furieux par le manque d’information.

Les riverains sont rendus furieux par le manque d’information.

Lematin.ch/Vincent Donzé
La pose de canalisations dure de mars à mai, puis l’excavation suivra de mai à juin.

La pose de canalisations dure de mars à mai, puis l’excavation suivra de mai à juin.

Lematin.ch/Vincent Donzé

La construction en catimini d’un bunker souterrain déplaît fortement aux résidents de Macolin, siège de l’École fédérale de sport. Lors d’une séance d’information tenue mercredi dernier, «Armasuisse» a présenté ses excuses.

Le bunker est construit devant le lieu-dit «Fin du Monde». Ce projet conduit par l’Office fédéral de l’armement Armasuisse est classé «confidentiel». Du coup, il n’a nécessité aucune demande de permis de construire.

Lors de la séance tenue mercredi dernier, la responsable de la communication pour «Armasuisse Immobilier» a admis une erreur. «Armasuisse» assure avoir voulu informer six semaines avant le début du chantier, mais des travaux sur les lignes électriques ont été avancés. «Nous en sommes désolés», a déclaré Margrit Schwaller, en promettant d’annoncer les travaux bruyants.

Mesures ciblées

Des mesures ciblées visant à réduire le bruit et les perturbations du trafic seront mises en œuvre «dans la mesure du possible». Mais les craintes n’ont pas été dissipées: plusieurs habitants ont déclaré que le bunker les indisposait. «Vous enterrez ce truc à deux ou trois mètres de profondeur pour le protéger. Mais nous ne sommes pas protégés», a déclaré un résident, cité par «Le Journal du Jura».

Le chef de projet Urs Herger a affirmé que le bâtiment construit ne présente «aucun danger» pour les résidents. Son affectation reste évasive, mais des nouvelles infrastructures de communication sont évoquées. Il n’y aura ni stockage d’armes, ni antennes supplémentaires dans le bunker végétalisé. Mais le choix de l’emplacement, au milieu d’une zone résidentielle, reste en travers de la gorge de certains résidents.

«Déplorable»

Un villageois établi à 150 mètres du chantier se dit «préoccupé et inquiet». Il craint d’éventuelles radiations. Selon Jacqueline Stampfli, porte-parole d’Armasuisse, la procédure engagée à Macolin satisfait la loi fédérale sur la protection des installations militaires. Une approbation formelle des plans n’est pas nécessaire, «car il est interdit de divulguer des informations confidentielles». Légalement, il est impossible de faire opposition aux travaux.

La mairesse Madeleine Deckert s’est sentie devant le fait accompli: «Même s’il s’agit d’un projet confidentiel, il est primordial que la population en soit dûment informée, surtout dans un petit village comme Macolin. Je trouve déplorable que ça n’ait pas été fait», a-t-elle déclaré. La déviation du trafic sur le chemin des écoliers était critiquée, mais un nouveau concept sépare les camions et les piétons.

Ton opinion